Gabriel García Márquez

Gabriel García Márquez

7 min de lecture

LettresÉcrivain(e)JournalisteXXe siècleXXe siècle, Amérique latine de l'après-guerre, période du « boom » littéraire latino-américain et des bouleversements politiques en Colombie.

Écrivain et journaliste colombien (1927-2014), figure majeure du réalisme magique et du « boom » de la littérature latino-américaine. Son roman « Cent ans de solitude » (1967) lui a valu une renommée mondiale et il a reçu le prix Nobel de littérature en 1982.

Questions fréquentes

Gabriel García Márquez (1927-2014) est un écrivain et journaliste colombien, figure centrale du « boom » latino-américain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a inventé un style où le merveilleux semble naturel : le réalisme magique. Son chef-d'œuvre Cent ans de solitude (1967) a conquis le monde et lui a valu le prix Nobel de littérature en 1982. Moins qu'un simple romancier, il est devenu la voix d'une Amérique latine à la fois réelle et mythique.

Citations célèbres

« Beaucoup d'années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. »
« La vie n'est pas celle qu'on a vécue, mais celle dont on se souvient et comment on s'en souvient pour la raconter. »

Faits marquants

  • Né le 6 mars 1927 à Aracataca (Colombie), une ville qui inspirera le village mythique de Macondo.
  • Publie « Cent ans de solitude » en 1967, roman emblématique du réalisme magique vendu à des millions d'exemplaires.
  • Publie « Chronique d'une mort annoncée » (1981) puis « L'Amour aux temps du choléra » (1985).
  • Reçoit le prix Nobel de littérature en 1982.
  • Meurt le 17 avril 2014 à Mexico.

Œuvres & réalisations

Des feuilles dans la bourrasque (1955)

Premier roman, qui introduit le village de Macondo et inaugure son univers littéraire.

Pas de lettre pour le colonel (1961)

Court roman sur un vieux colonel attendant en vain sa pension, salué pour sa sobriété et son humanité.

Cent ans de solitude (1967)

Saga de la famille Buendía sur sept générations, chef-d'œuvre du réalisme magique et œuvre phare du « boom » latino-américain.

L'Automne du patriarche (1975)

Roman sur la solitude et la décrépitude d'un dictateur, à l'écriture foisonnante et expérimentale.

Chronique d'une mort annoncée (1981)

Récit où l'on connaît dès la première page le meurtre à venir, construit comme une enquête sur l'honneur et la fatalité.

L'Amour aux temps du choléra (1985)

Grand roman d'amour suivant une passion patiente à travers un demi-siècle, dans une ville des Caraïbes.

Discours « La solitude de l'Amérique latine » (1982)

Allocution prononcée à la réception du prix Nobel, plaidoyer pour une Amérique latine comprise dans sa réalité propre.

Vivre pour la raconter (2002)

Premier tome de ses mémoires, retraçant son enfance et ses débuts d'écrivain et de journaliste.

Anecdotes

Enfant, Gabriel — surnommé « Gabito » — fut élevé par ses grands-parents à Aracataca, un village de la côte caraïbe colombienne. Sa grand-mère lui racontait des histoires de fantômes et de prodiges avec un sérieux imperturbable, comme s'il s'agissait de faits ordinaires. C'est de cette façon de raconter l'incroyable d'un ton naturel que naîtra plus tard son « réalisme magique ».

Pour écrire « Cent ans de solitude », García Márquez s'enferma dix-huit mois dans son bureau de Mexico. La famille s'endetta tellement que sa femme Mercedes dut mettre en gage la télévision, le sèche-cheveux et même finir par vendre la voiture pour qu'il puisse continuer à écrire.

Quand le manuscrit fut enfin terminé, le couple n'avait pas assez d'argent pour l'envoyer en entier par la poste à l'éditeur de Buenos Aires. Ils ne purent expédier que la moitié des pages, et durent attendre d'avoir plus d'argent pour envoyer le reste.

En recevant le prix Nobel de littérature à Stockholm en 1982, il refusa le traditionnel habit noir à queue-de-pie. Il se présenta vêtu d'un « liqui liqui » blanc, le costume populaire des Caraïbes colombiennes, pour rester fidèle à ses origines.

Le nom de Macondo, le village imaginaire de ses romans, lui vint d'une plantation de bananiers qu'il apercevait, enfant, depuis la fenêtre du train. Il en aimait la sonorité bien avant d'en faire le cœur de son univers littéraire.

Sources primaires

Cent ans de solitude (incipit) (1967)
Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace.
La solitude de l'Amérique latine (discours de réception du prix Nobel) (8 décembre 1982)
Poètes et mendiants, musiciens et prophètes, guerriers et malandrins, toutes les créatures de cette réalité débridée, nous n'avons eu que bien peu à demander à l'imagination, car le défi majeur pour nous a été l'insuffisance des moyens conventionnels pour rendre notre vie croyable.
Vivre pour la raconter (mémoires) (2002)
Ma mère me demanda de l'accompagner pour vendre la maison. Elle était venue le matin même de la lointaine ville où vivait la famille, et n'avait pas la moindre idée de comment me trouver.
Chronique d'une mort annoncée (incipit) (1981)
Le jour où on allait le tuer, Santiago Nasar se leva à cinq heures et demie du matin pour attendre le bateau sur lequel arrivait l'évêque.

Lieux clés

Aracataca (Colombie)

Village natal de l'écrivain dans la région bananière des Caraïbes, où il fut élevé par ses grands-parents. Il servit de modèle au village imaginaire de Macondo.

Bogotá (Colombie)

Capitale où il fit une partie de ses études de droit et débuta dans le journalisme. Il y vécut le « Bogotazo » de 1948.

Cartagena de Indias (Colombie)

Ville coloniale de la côte caraïbe où il travailla comme journaliste et qui inspira le décor de « L'Amour aux temps du choléra ».

Mexico (Mexique)

Ville où il s'installa en 1961 et où il écrivit « Cent ans de solitude ». Elle resta sa résidence principale jusqu'à sa mort en 2014.

Paris (France)

Il y vécut à la fin des années 1950 comme correspondant de presse, dans une période de grande précarité, et y écrivit « Pas de lettre pour le colonel ».

Stockholm (Suède)

Capitale suédoise où il reçut le prix Nobel de littérature en décembre 1982 et prononça son célèbre discours.

Voir aussi