Philosophe et évêque anglican irlandais, figure majeure de l'empirisme britannique. Il défend l'immatérialisme, doctrine selon laquelle les choses sensibles n'existent que dans la mesure où elles sont perçues.
George Berkeley(1685 — 1753)
George Berkeley
royaume d'Irlande
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Esse est percipi (Être, c'est être perçu)»
Faits marquants
- Né en 1685 près de Kilkenny, en Irlande
- Publie en 1710 le Traité sur les principes de la connaissance humaine, exposé de son immatérialisme
- Fait paraître en 1713 les Trois dialogues entre Hylas et Philonous
- Nommé évêque de Cloyne en 1734
- Mort en 1753 à Oxford ; la ville de Berkeley en Californie est nommée en son honneur
Œuvres & réalisations
Analyse comment l'œil perçoit la distance, la grandeur et la position. Premier ouvrage important, il prépare la thèse immatérialiste.
Exposé central de l'immatérialisme : il n'existe que des esprits et leurs idées, pas de matière indépendante. C'est ici qu'apparaît « esse est percipi ».
Reprise de l'immatérialisme sous forme de dialogue vivant et accessible, pour répondre aux objections et convaincre un large public.
Essai critiquant les notions d'espace et de force absolus de Newton, qui anticipe certaines réflexions de la physique moderne.
Série de dialogues défendant la religion chrétienne contre les libres-penseurs, rédigée pendant le séjour américain de Berkeley.
Attaque des fondements logiques du calcul infinitésimal de Newton et Leibniz, qui stimula la rigueur des mathématiciens.
Ouvrage singulier vantant l'eau de goudron comme remède, qui s'élève peu à peu vers la métaphysique et la théologie.
Anecdotes
Pour défendre son immatérialisme, Berkeley forge une formule restée célèbre : « esse est percipi » (être, c'est être perçu). Selon lui, une chose n'existe que dans la mesure où un esprit la perçoit, ce qui souleva aussitôt la question : un arbre tombe-t-il dans une forêt déserte ? Berkeley répondait que Dieu, esprit infini, perçoit tout en permanence.
On raconte que l'écrivain Samuel Johnson, agacé par la thèse de Berkeley niant la matière, donna un grand coup de pied dans une pierre en s'écriant « Je le réfute ainsi ! ». L'anecdote, rapportée par le biographe James Boswell, est restée comme l'exemple type de la mauvaise objection : frapper la pierre ne prouve pas qu'elle existe hors de toute perception.
En 1728, Berkeley traversa l'Atlantique avec le rêve de fonder un collège aux Bermudes pour former des missionnaires et instruire les peuples du Nouveau Monde. Il s'installa trois ans à Newport (Rhode Island) en attendant des subsides promis par le Parlement britannique, qui ne vinrent jamais : le projet échoua faute d'argent.
Vers la fin de sa vie, Berkeley devint un fervent promoteur de l'« eau de goudron » (tar-water), un remède à base de goudron de pin qu'il croyait capable de guérir presque toutes les maladies. Il lui consacra en 1744 un livre étonnant, la Siris, qui mêle recettes médicales et hautes spéculations philosophiques.
La ville de Berkeley en Californie, et l'université qui la rend célèbre, doivent leur nom au philosophe. On choisit ce nom en 1866 en souvenir d'un vers de Berkeley sur la marche de la civilisation vers l'ouest : « Westward the course of empire takes its way ».
Sources primaires
Leur être (esse) consiste à être perçus ou connus (percipi) ; en sorte qu'il est impossible qu'ils aient une existence quelconque hors des esprits ou des choses pensantes qui les perçoivent.
Je ne nie pas l'existence des choses sensibles, c'est-à-dire de celles que je perçois par mes sens ; ce que je nie, c'est l'existence d'une substance matérielle distincte de la perception.
La distance, en elle-même et immédiatement, ne peut pas être vue. Car la distance étant une ligne dirigée en bout vers l'œil, elle ne projette qu'un seul point sur le fond de l'œil.
L'eau de goudron, prise en quantité convenable, est l'un des remèdes les plus sûrs et les plus efficaces que l'on puisse appliquer à un grand nombre de maux.
Lieux clés
Région du comté de Kilkenny où Berkeley naquit et passa son enfance. Le paysage irlandais marqua le futur philosophe et évêque.
Université où Berkeley étudia puis enseigna, et où il élabora ses premières grandes œuvres sur la vision et la connaissance.
Ville coloniale où Berkeley séjourna de 1729 à 1731 en attendant les fonds promis pour son collège des Bermudes, qui ne vinrent jamais.
Petite ville dont Berkeley fut l'évêque anglican de 1734 à 1752, partageant son temps entre devoirs pastoraux et travaux philosophiques.
Ville universitaire où Berkeley se retira en 1752 auprès de son fils et où il mourut l'année suivante.
Objets typiques

Bâton recourbé en forme de houlette, insigne du pouvoir spirituel de l'évêque qui guide son « troupeau » de fidèles. Berkeley la portait comme évêque de Cloyne.

Instrument d'écriture taillé dans une penne d'oie, trempé dans l'encre pour rédiger traités et correspondance. Tous les ouvrages de Berkeley ont été écrits ainsi.

Récipient contenant le tar-water, mélange d'eau et de goudron de pin que Berkeley promut comme remède universel à la fin de sa vie.

Livre saint au cœur de la vie du clergyman et évêque qu'était Berkeley, dont la pensée philosophique reste indissociable de la foi chrétienne.

Sphère figurant la Terre, courante dans les cabinets d'étude du XVIIIe siècle, qui évoque l'ambition missionnaire de Berkeley vers le Nouveau Monde.

Longue perruque blanche, signe de respectabilité du gentleman et du clergyman au XVIIIe siècle. Berkeley en porte une sur ses portraits.
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Vie quotidienne
Matin
Comme clergyman puis évêque, Berkeley commençait sa journée par la prière et la lecture des Écritures. La matinée était souvent consacrée à l'étude, à la rédaction de ses traités et à la correspondance avec les savants d'Europe.
Après-midi
L'après-midi mêlait devoirs pastoraux — visites aux paroissiens, gestion du diocèse de Cloyne — et travail intellectuel. Berkeley recevait aussi des lettrés et discutait des idées nouvelles de son siècle.
Soir
La soirée se passait en lectures, en conversations savantes ou en vie familiale, Berkeley étant marié et père. On y discutait philosophie, théologie et sciences à la lueur des chandelles.
Alimentation
L'alimentation d'un gentleman irlandais du XVIIIe siècle reposait sur le pain, la viande, le poisson, les légumes du potager et la bière. Vers la fin de sa vie, Berkeley vantait surtout les vertus de son eau de goudron.
Vêtements
Berkeley portait l'habit noir sobre du clergé anglican, complété d'un rabat blanc au col et de la perruque poudrée d'usage. Comme évêque, il revêtait pour les cérémonies les ornements liturgiques et portait la crosse.
Habitat
À Cloyne, il résidait dans la demeure épiscopale, vaste maison de campagne entourée de jardins. Lors de son séjour américain, il habita une ferme près de Newport, qu'il baptisa Whitehall.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Un essai pour une nouvelle théorie de la vision
1709
Traité sur les principes de la connaissance humaine
1710
Trois dialogues entre Hylas et Philonous
1713
De Motu (Du mouvement)
1721
Alciphron, ou le petit philosophe
1732
L'Analyste
1734






