George Berkeley(1685 — 1753)

George Berkeley

royaume d'Irlande

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PhilosophiePhilosopheReligieux/seThéologien(ne)Temps modernesEurope des Lumières, fin du XVIIe et première moitié du XVIIIe siècle

Philosophe et évêque anglican irlandais, figure majeure de l'empirisme britannique. Il défend l'immatérialisme, doctrine selon laquelle les choses sensibles n'existent que dans la mesure où elles sont perçues.

Questions fréquentes

George Berkeley (1685-1753) est un philosophe et évêque anglican irlandais, figure majeure de l'empirisme britannique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a défendu l'immatérialisme, une doctrine radicale selon laquelle les objets matériels n'existent que lorsqu'ils sont perçus par un esprit. Sa formule latine esse est percipi (« être, c'est être perçu ») résume cette idée. Pour comprendre l'importance de Berkeley, il faut se rappeler qu'il s'oppose à la notion de substance matérielle défendue par John Locke et anticipe certaines critiques de la physique newtonienne. Son œuvre maîtresse, le Traité sur les principes de la connaissance humaine (1710), a profondément influencé la philosophie moderne, notamment David Hume et Emmanuel Kant.

Citations célèbres

« Esse est percipi (Être, c'est être perçu) »

Faits marquants

  • Né en 1685 près de Kilkenny, en Irlande
  • Publie en 1710 le Traité sur les principes de la connaissance humaine, exposé de son immatérialisme
  • Fait paraître en 1713 les Trois dialogues entre Hylas et Philonous
  • Nommé évêque de Cloyne en 1734
  • Mort en 1753 à Oxford ; la ville de Berkeley en Californie est nommée en son honneur

Œuvres & réalisations

Un essai pour une nouvelle théorie de la vision (1709)

Analyse comment l'œil perçoit la distance, la grandeur et la position. Premier ouvrage important, il prépare la thèse immatérialiste.

Traité sur les principes de la connaissance humaine (1710)

Exposé central de l'immatérialisme : il n'existe que des esprits et leurs idées, pas de matière indépendante. C'est ici qu'apparaît « esse est percipi ».

Trois dialogues entre Hylas et Philonous (1713)

Reprise de l'immatérialisme sous forme de dialogue vivant et accessible, pour répondre aux objections et convaincre un large public.

De Motu (Du mouvement) (1721)

Essai critiquant les notions d'espace et de force absolus de Newton, qui anticipe certaines réflexions de la physique moderne.

Alciphron, ou le petit philosophe (1732)

Série de dialogues défendant la religion chrétienne contre les libres-penseurs, rédigée pendant le séjour américain de Berkeley.

L'Analyste (1734)

Attaque des fondements logiques du calcul infinitésimal de Newton et Leibniz, qui stimula la rigueur des mathématiciens.

Siris (1744)

Ouvrage singulier vantant l'eau de goudron comme remède, qui s'élève peu à peu vers la métaphysique et la théologie.

Anecdotes

Pour défendre son immatérialisme, Berkeley forge une formule restée célèbre : « esse est percipi » (être, c'est être perçu). Selon lui, une chose n'existe que dans la mesure où un esprit la perçoit, ce qui souleva aussitôt la question : un arbre tombe-t-il dans une forêt déserte ? Berkeley répondait que Dieu, esprit infini, perçoit tout en permanence.

On raconte que l'écrivain Samuel Johnson, agacé par la thèse de Berkeley niant la matière, donna un grand coup de pied dans une pierre en s'écriant « Je le réfute ainsi ! ». L'anecdote, rapportée par le biographe James Boswell, est restée comme l'exemple type de la mauvaise objection : frapper la pierre ne prouve pas qu'elle existe hors de toute perception.

En 1728, Berkeley traversa l'Atlantique avec le rêve de fonder un collège aux Bermudes pour former des missionnaires et instruire les peuples du Nouveau Monde. Il s'installa trois ans à Newport (Rhode Island) en attendant des subsides promis par le Parlement britannique, qui ne vinrent jamais : le projet échoua faute d'argent.

Vers la fin de sa vie, Berkeley devint un fervent promoteur de l'« eau de goudron » (tar-water), un remède à base de goudron de pin qu'il croyait capable de guérir presque toutes les maladies. Il lui consacra en 1744 un livre étonnant, la Siris, qui mêle recettes médicales et hautes spéculations philosophiques.

La ville de Berkeley en Californie, et l'université qui la rend célèbre, doivent leur nom au philosophe. On choisit ce nom en 1866 en souvenir d'un vers de Berkeley sur la marche de la civilisation vers l'ouest : « Westward the course of empire takes its way ».

Sources primaires

Traité sur les principes de la connaissance humaine (1710)
Leur être (esse) consiste à être perçus ou connus (percipi) ; en sorte qu'il est impossible qu'ils aient une existence quelconque hors des esprits ou des choses pensantes qui les perçoivent.
Trois dialogues entre Hylas et Philonous (1713)
Je ne nie pas l'existence des choses sensibles, c'est-à-dire de celles que je perçois par mes sens ; ce que je nie, c'est l'existence d'une substance matérielle distincte de la perception.
Un essai pour une nouvelle théorie de la vision (1709)
La distance, en elle-même et immédiatement, ne peut pas être vue. Car la distance étant une ligne dirigée en bout vers l'œil, elle ne projette qu'un seul point sur le fond de l'œil.
Siris : recherches philosophiques sur les vertus de l'eau de goudron (1744)
L'eau de goudron, prise en quantité convenable, est l'un des remèdes les plus sûrs et les plus efficaces que l'on puisse appliquer à un grand nombre de maux.

Lieux clés

Dysart Castle, près de Thomastown (Irlande)

Région du comté de Kilkenny où Berkeley naquit et passa son enfance. Le paysage irlandais marqua le futur philosophe et évêque.

Trinity College, Dublin

Université où Berkeley étudia puis enseigna, et où il élabora ses premières grandes œuvres sur la vision et la connaissance.

Newport, Rhode Island (Amérique)

Ville coloniale où Berkeley séjourna de 1729 à 1731 en attendant les fonds promis pour son collège des Bermudes, qui ne vinrent jamais.

Cloyne, comté de Cork (Irlande)

Petite ville dont Berkeley fut l'évêque anglican de 1734 à 1752, partageant son temps entre devoirs pastoraux et travaux philosophiques.

Oxford (Angleterre)

Ville universitaire où Berkeley se retira en 1752 auprès de son fils et où il mourut l'année suivante.

Voir aussi