Gérard de Crémone(1114 — 1187)

Gérard de Crémone

Royaume d'Italie

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SciencesLettresMoyen ÂgeMoyen Âge central, XIIe siècle — période des grandes traductions de Tolède reconquise sur les musulmans

Gérard de Crémone fut un traducteur italien du XIIe siècle, actif à Tolède, qui traduisit de l'arabe vers le latin de nombreux ouvrages scientifiques grecs et arabes. Il contribua de façon décisive à la transmission du savoir antique et arabe vers l'Europe médiévale.

Questions fréquentes

Pour comprendre l'importance de Gérard de Crémone (1114-1187), il faut imaginer l'Europe du XIIe siècle, assoiffée de savoir antique mais privée de l'accès direct aux textes grecs. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il fut le plus prolifique traducteur de son temps, actif à Tolède, ville reconquise en 1085 et riche de bibliothèques arabes. Contrairement à d'autres traducteurs qui se concentraient sur un seul domaine, Gérard couvrit l'astronomie, la médecine, les mathématiques et la philosophie, traduisant plus de 70 ouvrages de l'arabe au latin. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a jeté un pont entre les mondes arabe et latin, sans lequel la Renaissance scientifique du XIIIe siècle aurait été bien plus tardive.

Faits marquants

  • Né vers 1114 à Crémone (Italie)
  • S'installe à Tolède pour apprendre l'arabe et accéder aux manuscrits scientifiques
  • Traduit l'Almageste de Ptolémée de l'arabe vers le latin vers 1175
  • Aurait traduit plus de 70 ouvrages (astronomie, mathématiques, médecine, philosophie)
  • Mort en 1187 à Tolède

Œuvres & réalisations

Almageste de Ptolémée (traduction latine) (vers 1175)

Traduction du grand traité d'astronomie grec, transmis par l'arabe. Il fonda l'astronomie savante de l'Europe médiévale pour plusieurs siècles.

Canon de la médecine d'Avicenne (traduction) (XIIe siècle)

Traduction de l'encyclopédie médicale d'Ibn Sînâ, devenue le manuel de référence des universités jusqu'au XVIIe siècle.

Éléments d'Euclide (traduction) (XIIe siècle)

Traduction du grand traité de géométrie grec à partir d'une version arabe. Elle nourrit l'enseignement des mathématiques médiévales.

Traités d'Aristote (Physique, Du ciel, Météorologiques) (XIIe siècle)

Traductions d'œuvres scientifiques d'Aristote à partir de l'arabe. Elles relancèrent l'étude de la philosophie naturelle en Occident.

Algèbre d'al-Khwârizmî (traduction) (XIIe siècle)

Traduction du traité fondateur de l'algèbre arabe. Elle diffusa de nouvelles méthodes de calcul auprès des savants latins.

Liber de aluminibus et salibus et autres traités alchimiques et médicaux (XIIe siècle)

Ensemble de traductions de médecine (Rhazès) et de sciences de la nature. Elles enrichirent considérablement le vocabulaire savant latin.

Anecdotes

Gérard de Crémone serait venu en Espagne, à Tolède, à la recherche de l'Almageste de Ptolémée, ouvrage d'astronomie introuvable en latin. Émerveillé par l'abondance des livres arabes qu'il y trouva, il apprit l'arabe et décida d'y rester pour traduire ces trésors du savoir.

On lui attribue la traduction de plus de 70 ouvrages, ce qui en fait probablement le plus prolifique traducteur du Moyen Âge. Pour mener ce travail colossal, il s'entoura d'aides, dont des collaborateurs mozarabes ou juifs qui maîtrisaient l'arabe et l'aidaient à dégrossir les textes.

C'est grâce à sa traduction de l'Almageste, achevée vers 1175, que l'astronomie de Ptolémée fut connue de l'Europe latine pendant des siècles. Beaucoup de mots scientifiques d'origine arabe, conservés tels quels, sont passés dans nos langues par ses traductions.

Il traduisit aussi le Canon de la médecine d'Avicenne, qui devint le manuel de référence dans les universités européennes jusqu'au XVIIe siècle. Des générations de médecins ont ainsi étudié sur un texte arabe rendu accessible par sa plume.

Après sa mort en 1187, ses élèves rédigèrent une courte biographie accompagnée de la liste de ses traductions, pour que son œuvre ne tombe pas dans l'oubli. C'est en grande partie grâce à ce document que l'on connaît l'ampleur de son travail.

Sources primaires

Notice biographique et liste des traductions (par les élèves de Gérard) (vers 1187)
Ne demeurât inconnu le nom d'un si grand homme... ses compagnons dressèrent la liste de toutes les œuvres qu'il avait traduites, comme on le fait pour saint Galien.
Almageste de Ptolémée (traduction latine de Gérard de Crémone) (vers 1175)
Traduit de l'arabe en latin par Gérard de Crémone à Tolède, ouvrage exposant le mouvement des astres et l'ordre des sphères célestes.
Canon de la médecine d'Avicenne (traduction latine de Gérard de Crémone) (XIIe siècle)
La médecine est la science par laquelle on connaît les états du corps humain sous le rapport de la santé et de la maladie.

Lieux clés

Crémone

Ville de Lombardie, en Italie du Nord, où naquit Gérard vers 1114. Elle lui donna son nom.

Tolède

Ancienne capitale du savoir d'al-Andalus, reconquise en 1085, où se trouvaient les grandes bibliothèques arabes. Gérard y vécut et y travailla l'essentiel de sa vie.

Cathédrale de Tolède

Centre religieux et intellectuel de la ville où gravitaient les chanoines et savants de l'école de traducteurs. Gérard y aurait été lié comme clerc.

Royaume de Castille

Royaume chrétien d'Espagne qui accueillit, après la Reconquête, les échanges entre cultures latine, arabe et juive. Cadre politique de l'œuvre de Gérard.

Voir aussi