Biographie

Sculpteur, architecte et peintre italien, figure majeure du baroque romain au XVIIe siècle. Génie de la mise en scène, il transforma le marbre en chair et orchestra le décor de la Rome pontificale, notamment au service de la basilique Saint-Pierre.

Gian Lorenzo Bernini(1598 — 1680)

Le Bernin

Italie

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Arts visuelsArtisteArchitecteTemps modernesItalie baroque du XVIIe siècle, époque de la Contre-Réforme et du mécénat pontifical à Rome

Questions fréquentes

Gian Lorenzo Bernini (1598-1680) est le génie du baroque romain, un artiste complet — sculpteur, architecte, peintre — au service des papes. Ce qui le rend décisif, c’est qu'il a transformé le marbre en une matière vibrante de vie et de mouvement, rompant avec la sérénité de la Renaissance. Il a littéralement redessiné Rome : la colonnade de la place Saint-Pierre, le baldaquin de la basilique, la fontaine des Quatre-Fleuves place Navone. Pour comprendre son importance, il faut imaginer un art total qui mêle sculpture, architecture, lumière et théâtralité pour émouvoir les fidèles de la Contre-Réforme.

Faits marquants

  • Né en 1598 à Naples, mort en 1680 à Rome
  • Réalise L'Extase de sainte Thérèse (1647-1652) dans l'église Santa Maria della Vittoria
  • Sculpte L'Enlèvement de Proserpine et Apollon et Daphné (vers 1622-1625) pour le cardinal Borghèse
  • Conçoit le baldaquin (1624-1633) et la colonnade (1656-1667) de la basilique Saint-Pierre de Rome
  • Sculpte la fontaine des Quatre-Fleuves (1648-1651) sur la Piazza Navona

Œuvres & réalisations

Apollon et Daphné (1622-1625)

Groupe de marbre saisissant la métamorphose de la nymphe en laurier, sommet de virtuosité de la jeunesse du Bernin.

David (1623-1624)

Statue figurant le héros en pleine action, le corps tendu pour lancer la fronde, rompant avec la sérénité de la Renaissance.

Baldaquin de Saint-Pierre (1624-1633)

Immense dais de bronze doré aux colonnes torses dominant l'autel papal, manifeste du baroque romain.

L'Extase de sainte Thérèse (1647-1652)

Groupe de la chapelle Cornaro mêlant marbre, lumière et architecture pour figurer une vision mystique d'une intensité bouleversante.

Fontaine des Quatre-Fleuves (1648-1651)

Fontaine de la place Navone personnifiant quatre grands fleuves du monde autour d'un obélisque, prouesse d'ingénierie et de mise en scène.

Colonnade de la place Saint-Pierre (1656-1667)

Double colonnade en ellipse embrassant la place comme deux bras ouverts vers les fidèles, chef-d'œuvre d'urbanisme baroque.

Buste de Louis XIV (1665)

Portrait de marbre du Roi-Soleil réalisé à Paris, modèle du portrait royal d'apparat baroque.

Buste de Costanza Bonarelli (vers 1637)

Portrait intime et vivant de sa maîtresse, rare témoignage de sculpture privée et passionnée de la main du Bernin.

Anecdotes

Fils du sculpteur Pietro Bernini, le jeune Gian Lorenzo fut présenté au pape Paul V vers l'âge de huit ans. Émerveillé par son talent précoce, le pape l'aurait surnommé le « petit Michel-Ange » et confia son éducation au cardinal Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII.

Pour donner vie au visage hurlant de sa « Tête de damné », le Bernin se serait brûlé lui-même la peau avec une flamme tout en se regardant dans un miroir, afin de saisir l'expression exacte de la douleur. Cette quête de réalisme extrême était au cœur de sa manière de sculpter le marbre.

Sa tour pour la façade de la basilique Saint-Pierre fut un fiasco retentissant : des fissures apparurent et l'on dut la démolir en 1646. Cet échec ternit sa réputation et profita un temps à son grand rival, l'architecte Francesco Borromini.

En 1665, Louis XIV invita le Bernin à Paris pour redessiner le Louvre. Reçu comme un prince, l'artiste se montra hautain envers les architectes français et son projet grandiose fut finalement abandonné, mais il réalisa durant ce séjour un buste saisissant du Roi-Soleil.

Le Bernin avait une vie privée tumultueuse : épris de sa maîtresse Costanza Bonarelli, il fut pris d'une jalousie furieuse en découvrant sa liaison avec son propre frère, et fit défigurer la jeune femme. Le pape Urbain VIII l'obligea ensuite à se marier pour ranger sa conduite.

Sources primaires

Vie du Bernin (Vita del Cavalier Gio. Lorenzo Bernino), Filippo Baldinucci (1682)
Il avait coutume de dire qu'en concevant la statue de David, il n'avait d'autre miroir que le marbre, et que ce qu'il sculptait, il le tirait de lui-même.
Journal du voyage du Cavalier Bernin en France, Paul Fréart de Chantelou (1665)
Il dit que, lorsqu'il travaillait, il se mettait tout entier dans son ouvrage et qu'il oubliait jusqu'à manger et à dormir.
Vie du chevalier Bernin (Vita del Cavaliere Gian Lorenzo Bernini), Domenico Bernini (1713)
Mon fils, tu ne sais pas que tu travailles pour ta propre honte, car cette œuvre te surpassera toi-même, dit son père en voyant le groupe d'Apollon et Daphné.

Lieux clés

Naples

Ville natale du Bernin, alors capitale du royaume de Naples sous domination espagnole. Il y passe sa petite enfance avant le départ pour Rome.

Rome

Ville où le Bernin passe l'essentiel de sa vie et meurt, au cœur du mécénat pontifical. Il y déploie son génie sur les places, les églises et les palais.

Basilique Saint-Pierre

Principal chantier de sa carrière, où il réalise le baldaquin, la chaire de Saint-Pierre et la colonnade. Il y travaille au service de plusieurs papes pendant un demi-siècle.

Galerie Borghèse

Villa du cardinal Scipion Borghèse, son premier grand protecteur, qui abrite ses chefs-d'œuvre de jeunesse comme l'Apollon et Daphné. Lieu fondateur de sa réputation.

Paris

Capitale française où il séjourne en 1665, reçu par Louis XIV pour le projet du Louvre. Il y sculpte le célèbre buste du roi malgré l'échec de ses plans architecturaux.

Place Navone

Place romaine où trône sa fontaine des Quatre-Fleuves, mise en scène spectaculaire de l'eau et de la pierre. Elle marque son retour en grâce après l'épisode du clocher.

Voir aussi