Peintre italien de la Renaissance (vers 1435-1494), originaire d'Urbino. Il est surtout connu comme le père de Raphaël, dont il fut le premier maître. Son œuvre picturale reflète l'influence de Melozzo da Forlì et de la cour des Montefeltro.
Giovanni Santi
Giovanni Santi
Italie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1435 à Colbordolo, près d'Urbino
- Peintre officiel à la cour du duc Federico da Montefeltro à Urbino
- Père de Raphaël (né en 1483), qu'il initia à la peinture
- Auteur d'une chronique rimée en l'honneur de Federico da Montefeltro
- Mort en 1494, laissant son fils Raphaël orphelin à 11 ans
Œuvres & réalisations
Poème épique en 23 chants rédigé en hommage au duc Federico da Montefeltro. Source littéraire exceptionnelle, il contient une liste des plus grands artistes de l'époque et révèle la culture humaniste de Giovanni Santi.
Retable représentant la Vierge et l'Enfant entourés de saints, aujourd'hui conservé à la Galleria Nazionale delle Marche d'Urbino. L'œuvre témoigne de l'influence de Melozzo da Forlì dans le traitement de la perspective et des figures.
Tableau d'autel commandé pour une église de Cagli, illustrant le style de Santi marqué par la douceur des visages et la recherche lumineuse caractéristique du Quattrocento des Marches.
Composition mariale typique de l'atelier de Santi, dont plusieurs versions subsistent dans des collections muséales. Ces œuvres servaient aussi de modèles pédagogiques pour les apprentis de la bottega, dont le jeune Raphaël.
Représentation du duc et de son fils héritier, témoignant du rôle de peintre officiel de cour tenu par Giovanni Santi au service de la dynastie des Montefeltro.
Anecdotes
Giovanni Santi est surtout connu comme le père et le premier maître de Raphaël, né le 6 avril 1483 à Urbino. Dès ses plus jeunes années, le petit Raphaël apprenait les rudiments de la peinture dans la bottega paternelle, tenant le pinceau avant même de savoir lire couramment. C'est donc dans cet atelier familial que le plus grand génie de la Haute Renaissance fit ses premiers pas artistiques.
Giovanni Santi n'était pas seulement peintre : il fut aussi poète et écrivit une longue chronique rimée (la Cronaca rimata) en l'honneur du duc Federico da Montefeltro. Dans ce texte, il dresse une liste des plus grands peintres de son époque et cite côte à côte Léonard de Vinci et le Pérugin comme les deux artistes les plus talentueux d'Italie. Ce témoignage littéraire est aujourd'hui une source précieuse pour l'histoire de l'art.
La cour d'Urbino, sous les Montefeltro, était l'une des plus brillantes d'Italie. Giovanni Santi y travaillait comme peintre officiel et bénéficiait de la protection du duc Federico, mécène passionné d'arts et de lettres. Ce cadre exceptionnel permit à Santi de côtoyer humanistes, poètes et architectes, et d'offrir à son fils Raphaël une éducation culturelle rare pour l'époque.
Giovanni Santi mourut en 1494, alors que Raphaël n'avait que onze ans. Cette disparition précoce contraignit le jeune garçon à quitter Urbino pour se former auprès du Pérugin à Pérouse. Certains historiens estiment que sans cette rupture brutale, Raphaël aurait peut-être limité son ambition à l'horizon local d'Urbino, et que la mort de son père l'obligea paradoxalement à dépasser son héritage.
Sources primaires
Giovanni Santi y cite parmi les plus excellents peintres de son temps Léonard de Vinci et Pietro Perugino, 'deux jeunes gens égaux en âge et en excellence', témoignage littéraire unique sur la hiérarchie artistique perçue à la fin du Quattrocento.
Documents administratifs attestant les commandes passées à Giovanni Santi par les Montefeltro pour des retables et des décors peints dans les églises et propriétés ducales des environs d'Urbino.
Giorgio Vasari consacre une biographie à Giovanni Santi dans laquelle il décrit son atelier d'Urbino, ses liens avec la cour des Montefeltro et le rôle qu'il joua dans la formation initiale de son fils Raphaël.
L'acte enregistre la naissance de Raffaello di Giovanni Santi le 6 avril 1483, confirmant la filiation directe et l'appartenance de la famille Santi à la bourgeoisie artisanale d'Urbino.
Lieux clés
Ville-cour des ducs Montefeltro, centre intellectuel et artistique de premier plan au Quattrocento. C'est ici que Giovanni Santi vécut, travailla et forma son fils Raphaël dans sa bottega.
Résidence ducale des Montefeltro, chef-d'œuvre architectural de la Renaissance italienne. Giovanni Santi y réalisait des commandes officielles et participait à la vie culturelle de la cour des Montefeltro.
Bourg des Marches considéré comme le lieu de naissance de Giovanni Santi vers 1435, dans la région d'Urbino.
Petite ville des Marches où Giovanni Santi réalisa plusieurs commandes religieuses, dont un retable conservé dans l'église San Domenico.
Ville côtière des Marches où Giovanni Santi reçut des commandes et entretint des relations professionnelles avec d'autres ateliers de la région adriatique.
Objets typiques

Outil fondamental du peintre de la Renaissance, façonné avec des poils de martre enchâssés dans un tuyau de plume d'oiseau. Giovanni Santi utilisait différentes tailles de pinceaux pour les rehauts de lumière, les carnations et les drapés.

Support traditionnel de la peinture italienne au Quattrocento, constitué de planches de peuplier recouvertes de plusieurs couches de gesso (plâtre et colle animale). C'est sur ce type de panneau que Giovanni Santi réalisait ses retables et ses Madones.

Les couleurs étaient préparées artisanalement dans la bottega à partir de minéraux broyés et mélangés à un liant (huile ou œuf pour la tempera). Le lapis-lazuli, importé d'Afghanistan, valait de l'or et était réservé aux manteaux de la Vierge.

Dessin grandeur nature tracé sur papier épais, servant à reporter la composition sur le panneau ou sur l'enduit frais d'une fresque par piquetage. Giovanni Santi transmettait à Raphaël l'art du carton dès ses premières leçons.

À la cour d'Urbino, Giovanni Santi côtoyait les lettrés et les copistes de la célèbre bibliothèque du duc Federico. Les manuscrits illustrés représentaient un modèle iconographique et stylistique pour les peintres de cour.

Instrument de musique à cordes pincées, omniprésent dans les cours italiennes de la Renaissance. Giovanni Santi, poète et homme de culture, baignait dans un environnement où musique et arts étaient intimement liés ; Raphaël représentera plus tard des anges lutistes dans ses propres œuvres.
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Vie quotidienne
Matin
Giovanni Santi commençait sa journée à l'aube dans sa bottega d'Urbino, où ses apprentis broyaient déjà les pigments et préparaient les mélanges de tempera à l'œuf. Il répartissait les tâches entre ses assistants, surveillait la préparation des panneaux enduits de gesso et traçait lui-même les premières lignes des compositions importantes. Son jeune fils Raphaël l'observait, posait des questions et s'exerçait sur de petits morceaux de bois.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la peinture proprement dite : appliquant couche après couche avec une minutie extrême, Giovanni Santi travaillait d'abord les fonds sombres avant d'éclaircir progressivement les carnations et les drapés. Il recevait parfois des commanditaires venus inspecter l'avancement des retables, ou se rendait au Palazzo Ducale pour soumettre ses esquisses aux conseillers du duc.
Soir
Le soir, à la lueur des chandelles, Giovanni Santi abandonnait ses pinceaux pour sa plume de poète. Il travaillait aux strophes de sa Cronaca rimata, cherchant les rimes en hendécasyllabes pour célébrer les vertus du duc Federico. La famille se réunissait pour le repas, et l'enfant Raphaël écoutait son père réciter ses vers, baignant ainsi autant dans la culture littéraire que picturale.
Alimentation
Comme la plupart des artisans italiens aisés du Quattrocento, Giovanni Santi se nourrissait de pain bis, de légumineuses (fèves, pois chiches), de légumes de saison, de fromages et de viandes salées. Les jours de fête, il pouvait se permettre de la volaille ou du poisson frais, arrosé du vin des collines des Marches. La présence à la cour lui offrait parfois l'accès aux festins ducaux, où l'abondance culinaire reflétait le prestige des Montefeltro.
Vêtements
Giovanni Santi portait dans son atelier une blouse ou un tablier de cuir sombre pour protéger ses vêtements des projections de peinture. En dehors du travail, il arborait les habits d'un artisan respecté : une cotte de drap de laine de couleur sobre (brun, bleu ardoise) et un manteau court. Lors de ses visites à la cour, il soignait davantage sa mise, revêtant des étoffes de meilleure qualité pour paraître digne de son rang de peintre ducal.
Habitat
La famille Santi habitait une maison à Urbino, dont une partie était aménagée en atelier au rez-de-chaussée pour accueillir les grands panneaux et les commandes en cours. La maison natale de Raphaël, conservée à Urbino et aujourd'hui transformée en musée, offre un aperçu fidèle de l'espace domestique et professionnel d'un peintre de cour du XVe siècle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cronaca rimata (Chronique rimée de Federico da Montefeltro)
vers 1482-1494
Pala di Montefiorentino (Retable de Montefiorentino)
vers 1489
Vierge à l'Enfant avec saints
vers 1488
Portrait de Federico da Montefeltro et Guidobaldo
vers 1480






