La carte de Gustave Flaubert
Sole à la normande des dîners littéraires
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Relevé de poisson

Sole à la normande des dîners littéraires

FestifDocumentée🧂 🍄difficile1 h 15
Relevé de poisson

Sole à la normande des dîners littéraires

Pourquoi ce plat ? Flaubert montait régulièrement à Paris pour les dîners Magny et les soupers chez Brébant avec Sainte-Beuve, Tourgueniev, les Goncourt, Sand et Zola. La sole à la normande, gloire des grandes tables du Second Empire, est exactement le genre de relevé crémé et fortuné qu'on servait à ces réunions où l'on mangeait aussi bien qu'on médisait.

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Relevé de poisson

Une belle sole pochée puis nappée d'une sauce au beurre, à la crème et au cidre réduit, garnie de moules, de crevettes et de champignons. Le grand plat d'apparat de la cuisine normande, taillé pour impressionner une tablée d'écrivains.

Voyez-vous, je n'ai jamais cru qu'on pût bien penser le ventre creux : la bêtise commence à jeun. Chez Magny, on nous servait cette sole nappée de crème comme on sert une page travaillée — rien de trop, mais tout à sa place. Je la voulais blanche, point trop cuite, les moules bien lustrées autour, et cette sauce où le cidre se devine sans se montrer. On y mettait le même soin qu'à une phrase : il faut que ça coule, et que ça tienne pourtant. Et croyez-moi, après pareil relevé, les bons mots venaient plus aisés.
Gustave Flaubert
Ingrédients
  • Sole entièreune grosse par convive (pièce maîtresse)
  • Moules de barfleurune bonne pinte (garniture iodée)
  • Crevettes grisesune poignée (garniture)
  • Champignons de couchequelques-uns (garniture)
  • Beurre fermierà discrétion (liaison)
  • Crème épaisseun grand bol (onctuosité)
  • Cidreun verre (fond de cuisson)
Comment on faisait : Codifiée dans les grands livres de cuisine du XIXe siècle, la sole à la normande naît dans les restaurants parisiens qui revendiquent le terroir normand (crème, cidre, fruits de mer de la Manche). On la montait en pièce spectaculaire, parfois garnie de croûtons, d'huîtres et d'écrevisses pour les tables les plus riches.
Sources : Jules Gouffé, Le Livre de cuisine (1867) · Edmond et Jules de Goncourt, Journal (dîners Magny) · Gustave Flaubert, Correspondance (Gallimard, Pléiade)

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