La carte de Gustave Flaubert
Boisson de voyage

Café à la mode d'Orient, rapporté d'Égypte

BoissonÉvocationfacile10 min

Un café très fin, bouilli dans un petit récipient à long manche avec son sucre, parfois parfumé d'une pointe de cardamome, et servi non filtré dans de minuscules tasses. La boisson contemplative de ses heures égyptiennes.

Boisson de voyage

Un café très fin, bouilli dans un petit récipient à long manche avec son sucre, parfois parfumé d'une pointe de cardamome, et servi non filtré dans de minuscules tasses. La boisson contemplative de ses heures égyptiennes.

L'Orient ! Vous n'imaginez pas ce que ce mot remue en moi. Au Caire, accroupi sur une natte, ma pipe de terre aux lèvres, je buvais ce café noir comme l'encre et épais comme du sirop, qu'on vous tendait brûlant dans des dés à coudre. Il ne faut pas le filtrer ni le presser : on le laisse monter trois fois sur la braise, on attend que le marc se couche au fond, et l'on boit à petites gorgées en regardant le fleuve. J'en ai gardé le goût toute ma vie, comme on garde une fièvre heureuse.
Gustave Flaubert
Ingrédients
  • Café moulé très finune cuillerée bombée par tasse (base)
  • Eauune petite tasse par personne (infusion)
  • Sucreselon le goût (douceur)
  • Cardamomeune graine pilée (parfum (facultatif))
Comment on faisait : Le café préparé à l'orientale — moulu en poudre impalpable, bouilli avec son sucre dans un cezve de cuivre et servi non filtré — est, au XIXe siècle, indissociable de l'imaginaire du voyage en Orient que partagent tant d'écrivains et de peintres français. On le parfumait parfois de cardamome ou d'eau de fleur d'oranger.
Sources : Gustave Flaubert, Voyage en Égypte (carnets, 1849-1850) · Maxime Du Camp, Le Nil. Égypte et Nubie (1854)