Biographie

Gustave Moreau est un peintre français, figure majeure du symbolisme. Son œuvre, peuplée de figures mythologiques et bibliques traitées avec une richesse ornementale et onirique, a profondément marqué la fin du XIXe siècle. Professeur aux Beaux-Arts, il forma notamment Matisse et Rouault.

Gustave Moreau(1826 — 1898)

Gustave Moreau

France

5 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleFrance du XIXe siècle, sous le Second Empire et la Troisième République, à l'époque de l'essor du symbolisme en réaction au réalisme et à l'impressionnisme.

Questions fréquentes

Gustave Moreau (1826-1898) est un peintre français, figure centrale du symbolisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a refusé le réalisme et l'impressionnisme pour créer un art onirique, peuplé de mythes antiques et de figures bibliques. Son importance tient à son rôle de professeur à l'École des beaux-arts à partir de 1892 : il y forma des artistes comme Matisse et Rouault, les encourageant à suivre leur propre voie. Moins un chef d'école qu'un passeur, il a ainsi influencé l'art moderne sans jamais y adhérer.

Citations célèbres

« Je crois uniquement à ce que je ne vois pas et seulement à ce que je sens.»

Faits marquants

  • Né en 1826 à Paris, mort en 1898.
  • Présente Œdipe et le Sphinx au Salon de 1864, qui le révèle au public.
  • Peint plusieurs versions de Salomé et de L'Apparition dans les années 1870.
  • Nommé professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris en 1892, où il forme Henri Matisse et Georges Rouault.
  • Lègue sa maison-atelier à l'État, devenue le musée Gustave-Moreau, inauguré en 1903.

Œuvres & réalisations

Œdipe et le Sphinx (1864)

Tableau qui consacra Moreau au Salon ; affrontement énigmatique entre le héros grec et le monstre, manifeste de son art savant.

Jason et Médée (1865)

Composition mythologique foisonnante d'ornements, illustrant son goût pour les récits antiques chargés de symboles.

Salomé dansant devant Hérode (1876)

Œuvre majeure du symbolisme, image fascinante de la femme fatale qui inspira écrivains et artistes.

L'Apparition (1876)

Aquarelle célèbre où la tête auréolée de Jean-Baptiste flotte devant Salomé ; admirée par Huysmans.

Galatée (1880)

Nymphe endormie dans une grotte fantastique, sommet de la richesse onirique et minérale de son univers.

Jupiter et Sémélé (1895)

Vaste toile foisonnante, véritable cosmogonie visuelle considérée comme son testament pictural.

Illustrations des Fables de La Fontaine (1881-1886)

Série de soixante-quatre aquarelles d'une grande virtuosité, commandée par le collectionneur Antony Roux.

Anecdotes

Gustave Moreau a vécu presque toute sa vie dans la maison familiale de la rue de La Rochefoucauld à Paris. À la fin de sa vie, il transforma cet hôtel particulier en musée pour y rassembler son œuvre, et le légua à l'État : c'est aujourd'hui le musée national Gustave-Moreau, l'un des premiers musées-ateliers d'artiste.

Devenu professeur à l'École des beaux-arts en 1892, Moreau fut un enseignant d'une rare ouverture d'esprit. Il poussait ses élèves à suivre leur propre voie plutôt qu'à l'imiter ; parmi eux figuraient Henri Matisse et Georges Rouault, futurs maîtres de l'art moderne.

Son tableau 'L'Apparition', montrant Salomé face à la tête de Jean-Baptiste flottant dans les airs, fit sensation au Salon de 1876. L'écrivain Joris-Karl Huysmans en fit une longue description fascinée dans son roman 'À rebours', faisant de Moreau une icône du mouvement décadent.

Moreau accumulait dessins, esquisses et études par milliers : son musée en conserve près de 15 000. Cette ampleur révèle un travailleur acharné qui retouchait inlassablement ses compositions, souvent inachevées, plus préoccupé de rêve intérieur que d'exposition.

Très discret et solitaire, Moreau ne se maria jamais et exposa de moins en moins à partir des années 1880, se tenant à l'écart des modes. Il entretint cependant une longue relation avec Alexandrine Dureux, qu'il appelait sa « meilleure et unique amie ».

Sources primaires

Joris-Karl Huysmans, À rebours, chapitre V (1884)
Ce tableau de la Salomé, cette œuvre surnaturelle et étrange... Des Esseintes restait, sous le charme, en face de cette toile, dans laquelle l'éclat du symbolisme se mêlait à la magie de la couleur.
Gustave Moreau, notes manuscrites (musée Gustave-Moreau) (vers 1890)
Je crois à mon art ; je ne crois ni à ce que je touche ni à ce que je vois. Je ne crois qu'à ce que je ne vois pas et uniquement à ce que je sens.
Testament de Gustave Moreau (1897)
Je lègue ma maison sise 14 rue de La Rochefoucauld avec tout ce qu'elle contient... à l'État, à la condition de garder toujours... cette collection en lui conservant ce caractère d'ensemble.

Lieux clés

Maison-atelier, 14 rue de La Rochefoucauld, Paris

Hôtel particulier où Moreau vécut et travailla, transformé en musée national selon son testament. Lieu central de sa vie et de son œuvre.

École des beaux-arts de Paris

Moreau y fut élève puis professeur à partir de 1892, formant Matisse, Rouault et Marquet.

Rome, Italie

Étape majeure de son voyage de formation de 1857-1859, où il copia Michel-Ange et les maîtres de la Renaissance.

Venise, Italie

Ville où Moreau s'imprégna des couleurs de Carpaccio et des Vénitiens, influence décisive sur sa palette.

Cimetière de Montmartre, Paris

Lieu de sépulture de Gustave Moreau, dans le nord de Paris où il passa l'essentiel de sa vie.

Voir aussi