Ha-Joon Chang(1963 — ?)
Ha-joon Chang
Corée du Sud
6 min de lecture
Économiste sud-coréen hétérodoxe, professeur à Cambridge puis à la SOAS de Londres. Critique du libre-échangisme dogmatique, il défend le rôle de l'État dans le développement économique et la place du protectionnisme dans l'histoire de l'industrialisation des pays riches.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1963 à Séoul, en Corée du Sud
- Enseigne l'économie du développement à l'université de Cambridge à partir des années 1990
- Publie en 2002 'Kicking Away the Ladder' (Retirer l'échelle), critique des politiques de libre-échange imposées aux pays en développement
- Publie en 2010 '23 Things They Don't Tell You About Capitalism' (2 ou 3 choses que l'on ne vous dit jamais sur le capitalisme), best-seller international
- Figure majeure de l'économie hétérodoxe contemporaine et critique du consensus néolibéral
Œuvres & réalisations
Ouvrage fondateur montrant que les pays riches ont eux-mêmes utilisé le protectionnisme pour se développer. Il lui vaut le prix Gunnar-Myrdal.
Critique accessible du libre-échange imposé aux pays pauvres, défendant la protection des industries naissantes.
Best-seller mondial qui démonte vingt-trois idées reçues sur le capitalisme et le marché libre.
Manuel de vulgarisation présentant les grandes écoles de pensée économique de façon ouverte et critique.
Livre original où chaque chapitre explique une notion économique à travers un aliment, pour rendre la discipline savoureuse et accessible.
Anecdotes
Ha-Joon Chang aime raconter qu'il a grandi en Corée du Sud dans les années 1960-70, alors que son pays, alors plus pauvre que beaucoup de pays africains, se transformait en quelques décennies en géant industriel. Cette expérience vécue nourrit toute son œuvre : il a vu de ses propres yeux qu'un État volontariste pouvait changer le destin économique d'une nation.
Le titre de son livre le plus célèbre, « Kicking Away the Ladder » (Retirer l'échelle), reprend une image de l'économiste allemand Friedrich List au XIXe siècle : les pays riches, une fois grimpés au sommet grâce au protectionnisme, retirent l'échelle derrière eux en interdisant aux pays pauvres d'utiliser les mêmes méthodes. L'ouvrage lui a valu en 2003 le prestigieux prix Gunnar-Myrdal.
Passionné de cuisine, Chang a publié en 2022 « Edible Economics » (L'Économie comestible), où chaque chapitre s'ouvre sur un aliment — du gombo à l'anchois — pour expliquer une idée économique. Il aime dire que comprendre l'économie devrait être aussi accessible que partager un repas.
Dans « 23 Things They Don't Tell You About Capitalism » (2010), il s'amuse à démolir des idées reçues, par exemple que « la machine à laver a plus changé le monde qu'Internet », pour montrer que les technologies domestiques ont libéré un temps de travail considérable, notamment pour les femmes.
Chang aime rappeler avec malice que les États-Unis et la Grande-Bretagne, aujourd'hui champions du libre-échange, ont en réalité été parmi les pays les plus protectionnistes de l'histoire lorsqu'ils construisaient leur industrie.
Sources primaires
Les pays développés veulent imposer aux pays en développement des politiques de libre-échange et de laisser-faire qu'eux-mêmes n'ont jamais appliquées lorsqu'ils étaient en phase de rattrapage.
Mon fils Jin-Gyu a six ans. Beaucoup de gens pensent que je devrais le mettre sur le marché du travail. Bien sûr, cela paraît absurde : on protège un enfant le temps qu'il grandisse, exactement comme on devrait protéger une jeune industrie.
Il n'existe pas de marché libre. Tout marché obéit à des règles et des limites qui restreignent la liberté de choix.
Quatre-vingt-quinze pour cent de l'économie, c'est du bon sens rendu compliqué. L'économie est trop importante pour être laissée aux seuls économistes.
Lieux clés
Ville natale de Ha-Joon Chang, où il a grandi pendant le décollage industriel spectaculaire de son pays.
Établissement où Chang a effectué ses premières études d'économie avant de partir pour le Royaume-Uni.
Université où il a obtenu son doctorat et enseigné l'économie pendant près de trente ans, jusqu'en 2021.
École des études orientales et africaines où Chang est devenu professeur en 2021, poursuivant ses travaux sur le développement.






