Hagere
Hagere
Figure légendaire de la tradition orale éthiopienne, Hagere est présentée comme une reine-fondatrice dont le nom signifie « pays » ou « patrie » en guèze et amharique. Associée aux origines mythiques de la dynastie salomonide, elle incarne dans les récits oraux du peuple éthiopien l'idée de la terre-mère et de la souveraineté sacrée.
Faits marquants
- Son nom « Hagere » signifie « pays » ou « patrie » en guèze et en amharique, faisant d'elle une allégorie vivante de la nation éthiopienne selon la tradition orale.
- Elle est associée dans les récits oraux à la lignée salomonide, dont la renaissance est datée vers 1270 avec Yekuno Amlak, bien que sa figure précède cette période dans la mémoire collective.
- Contrairement aux figures historiques attestées par des sources écrites, Hagere appartient exclusivement à la tradition orale transmise par les aèdes et conteurs éthiopiens (les azmari).
- Son mythe s'inscrit dans un ensemble de récits fondateurs liés à la reine de Saba (Makeda) et au roi Salomon, piliers de l'identité nationale éthiopienne.
- Les informations sur ce personnage proviennent uniquement de traditions orales ; aucune source écrite médiévale ne l'atteste directement sous ce nom.
Œuvres & réalisations
Selon les récits oraux, Hagere aurait établi les premiers pactes entre les humains et la terre éthiopienne, définissant les rites agraires et les obligations des souverains envers leur peuple.
Les azmaris ont consacré des poèmes chantés au masinko (vièle monocorde) à la figure de Hagere, conservant sa mémoire à travers des générations de musiciens-poètes itinérants.
Pratique rituelle attribuée à l'enseignement de Hagere, consistant à verser du tej ou de l'hydromel sur le sol avant les semailles pour obtenir la bienveillance de la terre-mère.
Récit fondateur dans lequel Hagere, debout sur un sommet sacré, incarne la résistance du peuple éthiopien et l'indestructibilité de la patrie face aux invasions, transmis lors des veillées communautaires.
Anecdotes
Dans les traditions orales des hauts plateaux éthiopiens, Hagere n'est pas simplement un personnage : elle est la terre elle-même faite femme. Les conteurs affirment que lorsqu'elle posait le pied sur le sol, les sources jaillissaient et les semences germaient. Son nom, qui signifie « pays » en guèze, rappelle que l'identité d'un peuple peut s'incarner dans une figure féminine fondatrice.
Selon certains récits transmis par les azmaris (poètes-musiciens éthiopiens), Hagere aurait refusé de fuir lorsque des envahisseurs menaçaient ses terres. Elle serait restée au sommet d'une montagne, vêtue de blanc, jusqu'à ce que ses guerriers reviennent victorieux. Ce geste de fidélité à la terre est encore évoqué dans des chants de mariage pour symboliser l'enracinement.
Les traditions orales associées à la renaissance salomonide (vers 1270) font parfois de Hagere une ancêtre mystique des rois éthiopiens, antérieure même à la reine de Saba. Elle aurait conclu une alliance avec les esprits de la montagne — les zar — pour garantir la fertilité du royaume, unissant ainsi pouvoirs célestes et terrestres dans la personne du souverain.
Dans certains villages du Tigré et de l'Amhara, des cérémonies agraires font encore référence à une « mère-patrie » sans nom précis que les ethnologues ont parfois rapprochée de la figure de Hagere. On y offre des libations de tej (hydromel) à la terre avant les semailles, perpétuant un geste que la tradition attribue à cette reine-fondatrice légendaire.
Sources primaires
Texte fondateur de la tradition éthiopienne rédigé en guèze, relatant les origines de la dynastie salomonide à travers le récit de la reine de Saba et de Salomon. Il constitue le cadre mythique dans lequel s'inscrivent des figures féminines fondatrices comme Hagere.
Corpus de chants et de poèmes épiques transmis oralement par les azmaris, musiciens-poètes itinérants d'Éthiopie. Certains évoquent une reine-terre primordiale dont le nom varie selon les régions, parfois assimilée à Hagere.
Ensemble de chroniques royales rédigées en guèze relatant l'histoire des dynasties éthiopiennes. Elles mentionnent des figures féminines tutélaires associées aux origines du pouvoir royal, fournissant un arrière-plan aux traditions orales sur Hagere.
Les communautés juives éthiopiennes conservent des récits parallèles sur des reines-fondatrices liées à la terre et à la souveraineté sacrée, enrichissant la compréhension de figures mythiques comme Hagere dans le contexte des croyances pré-chrétiennes du plateau éthiopien.
Lieux clés
Territoire d'altitude où se développent les grandes traditions orales éthiopiennes. C'est dans ces paysages de montagnes et de vallées que les récits sur Hagere prennent racine, liés à la fertilité de la terre rouge volcanique.
Ville sacrée du nord de l'Éthiopie, ancienne capitale du royaume aksumite. Elle conserve les stèles monumentales et l'arche d'alliance selon la tradition éthiopienne, constituant l'arrière-plan mythique dans lequel s'inscrit Hagere.
Site des onze églises rupestres creusées dans la roche aux XIIe–XIIIe siècles, haut lieu de la spiritualité éthiopienne médiévale. Les cérémonies qui s'y déroulent perpétuent un lien symbolique entre terre, souveraineté et sacré.
Source du Nil Bleu et site de nombreux monastères insulaires éthiopiens. Les traditions orales y situent des figures féminines protectrices de l'eau et de la terre, proches de l'image de Hagere comme mère nourricière.
Ville royale construite au XVIIe siècle mais héritière des traditions des hauts plateaux médiévaux. Les azmaris de Gondar sont parmi les principaux gardiens des récits épiques évoquant Hagere.
Galerie
Johann Georg Trautmann und seine Zeitgenossen, nebst einer Geschichte der Frankfurter Malerzunft im achtzehnten Jahrhundert
Wikimedia Commons, Public domain — Bangel, Rudolf
W. Bürger's Kunstkritik; Deutsche Bearbeitung
Wikimedia Commons, Public domain — Thoré, T. (Théophile), 1807-1869 Schmarsow, August, 1853-1936 Klemm, Bernhard, 1880-
Die Ausgrabungen der Universität von Pennsylvania im Bêl-Tempel zu Nippur : ein Vortrag
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