Retour à Haruki Murakami
Entre washoku et yōshoku — la table d'un écrivain japonais d'aujourd'hui
Le Japon contemporain superpose deux héritages. D'un côté le washoku traditionnel et sa structure ichijū-sansai : un bol de riz, une soupe (souvent au miso) et trois petits accompagnements, le tout posé ensemble, sans ordre entrée-plat-dessert. De l'autre le yōshoku, ces plats occidentaux (spaghettis, sandwichs, café filtre) adoptés depuis l'ère Meiji puis japonisés, devenus la nourriture du célibataire moderne, du citadin pressé, de l'écrivain qui cuisine seul. Murakami vit exactement à cette charnière : un matin de riz et de miso, un midi de pâtes en écoutant un disque de jazz, un café noir comme on en sert dans les kissaten.
Signature : L'umami du garde-manger japonais et le geste de la simplicité
Dashi (bouillon d'algue kombu et de bonite séchée), miso fermenté, sauce soja et umeboshi : ce socle umami-fermenté traverse toute la cuisine japonaise quotidienne. Chez Murakami il s'accompagne d'une autre signature, immatérielle celle-là : faire bien une chose très simple, seul, avec attention — faire bouillir des pâtes, moudre du café — comme une petite discipline presque sportive.

Haruki Murakami à table

1949 — ?

5 recettes d’époque