Heinrich von Kleist (1777-1811) est un écrivain allemand, auteur de drames, de récits et de nouvelles. Figure singulière entre classicisme et romantisme, il est célèbre pour ses tragédies et ses nouvelles à l'intrigue tendue avant de se suicider à 34 ans.
Heinrich von Kleist(1777 — 1811)
Heinrich von Kleist
royaume de Prusse, Empire russe
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1777 à Francfort-sur-l'Oder dans une famille de la noblesse militaire prussienne
- Écrit la comédie La Cruche cassée (Der zerbrochene Krug) achevée vers 1806
- Publie en 1808 la nouvelle La Marquise d'O... et la tragédie Penthésilée
- Fait paraître en 1810 la nouvelle Michael Kohlhaas, récit d'un homme révolté contre l'injustice
- Se donne la mort en 1811 au bord du Wannsee, près de Berlin, avec Henriette Vogel
Œuvres & réalisations
Premier drame publié de Kleist, une tragédie sombre sur deux familles déchirées par la haine et le malentendu.
Comédie majeure de la littérature allemande : un procès burlesque où le juge corrompu doit, sans le vouloir, démasquer son propre crime.
Tragédie violente sur la reine des Amazones et son amour fatal pour Achille, d'une intensité passionnelle inédite.
Nouvelle célèbre pour son ouverture audacieuse et son intrigue tendue autour d'une femme enceinte sans savoir comment.
Nouvelle puissante sur un marchand de chevaux qui, victime d'une injustice, se fait justice lui-même jusqu'à devenir hors-la-loi.
Drame chevaleresque mêlant rêve, amour et merveilleux, l'une des pièces les plus jouées de Kleist.
Bref essai philosophique majeur sur la grâce, la conscience et l'innocence perdue, à travers l'image du pantin.
Drame publié après sa mort, sur un officier tiraillé entre obéissance militaire et liberté individuelle ; considéré comme son chef-d'œuvre théâtral.
Anecdotes
En 1801, Kleist lit la philosophie d'Emmanuel Kant et en sort bouleversé : il croit y découvrir que l'être humain ne pourra jamais atteindre la vérité absolue, seulement ses propres impressions. Cette « crise kantienne » détruit son rêve de tout comprendre par la science et le pousse à chercher un sens dans l'écriture. Il en parle dans une lettre célèbre à sa fiancée Wilhelmine von Zenge.
En 1807, alors que la Prusse vient d'être écrasée par Napoléon, Kleist voyage vers Berlin occupé par les Français. Pris pour un espion, il est arrêté par les troupes françaises et emprisonné plusieurs mois en France, notamment à Châlons. Il est finalement relâché faute de preuves.
En 1808, le grand Goethe accepte de monter à Weimar la comédie de Kleist, « La Cruche cassée ». Mais Goethe découpe maladroitement la pièce en plusieurs actes et la représentation est un fiasco. Kleist, furieux et humilié, en garde une rancune tenace contre le maître de Weimar.
En 1810, Kleist fonde à Berlin le « Berliner Abendblätter », l'un des premiers quotidiens de la ville, où il publie nouvelles, faits divers et réflexions. Mais la censure prussienne et les difficultés d'argent étranglent le journal, qui ferme au bout de quelques mois en 1811.
Le 21 novembre 1811, au bord du Petit Wannsee près de Berlin, Kleist se donne la mort à 34 ans. Il a conclu un pacte avec Henriette Vogel, une amie gravement malade : il la tue d'un coup de pistolet, à sa demande, puis se suicide. Avant de mourir, il écrit des lettres d'adieu étonnamment sereines.
Sources primaires
Nous ne pouvons pas décider si ce que nous appelons la vérité est vraiment la vérité, ou si cela nous le paraît seulement.
Sur les bords de la Havel vivait, vers le milieu du XVIe siècle, un marchand de chevaux du nom de Michael Kohlhaas, fils d'un maître d'école, l'un des hommes les plus honnêtes et en même temps les plus effroyables de son époque.
Donc, dis-je un peu distrait, il nous faudrait de nouveau manger de l'arbre de la connaissance pour retomber dans l'état d'innocence ?
Des baisers, des morsures, cela rime ensemble, et qui aime de tout son cœur peut bien confondre l'un avec l'autre.
Lieux clés
Ville de Prusse où Kleist naît en 1777 et où il étudie un temps à l'université. Berceau de sa famille de noblesse militaire.
Capitale prussienne où Kleist s'installe à la fin de sa vie et fonde le quotidien « Berliner Abendblätter » en 1810. Centre de son activité littéraire et journalistique.
Rive de lac au sud-ouest de Berlin où Kleist se donne la mort le 21 novembre 1811, avec Henriette Vogel. Sa tombe s'y trouve toujours.
Ville de Saxe où Kleist vit en 1807-1809 et lance avec Adam Müller la revue littéraire « Phöbus ». Période de grande productivité créatrice.
Capitale française que Kleist visite après sa crise intellectuelle de 1801, fasciné et troublé par la grande ville et la science de son temps.
Ville de France où Kleist est retenu prisonnier en 1807, après son arrestation par les Français comme espion présumé.
Objets typiques

Instruments d'écriture de l'écrivain, qui rédigeait drames, nouvelles et lettres à la plume d'oie trempée dans l'encre. C'est avec eux qu'il composa son œuvre en quelques années intenses.

Tenue militaire que Kleist porta durant ses années dans l'armée de Prusse. Elle symbolise le milieu noble et martial dont il était issu et qu'il finit par quitter.

Arme à feu de poing courante à l'époque napoléonienne. C'est avec un pistolet que Kleist mit fin à sa vie au bord du Wannsee en 1811.

Objet du quotidien qui donne son titre à la comédie la plus célèbre de Kleist. Brisée au début de la pièce, elle déclenche un procès burlesque où le juge est en réalité le coupable.

Pantin articulé suspendu à des fils, au cœur de l'essai « Sur le théâtre de marionnettes ». Kleist en fait le symbole d'une grâce parfaite que l'homme, devenu trop conscient, a perdue.

Quotidien fondé par Kleist à Berlin en 1810, l'un des premiers de la ville, imprimé sur presse à caractères mobiles. Il y mêlait nouvelles, faits divers et critiques avant que la censure ne le fasse disparaître.
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Vie quotidienne
Matin
Kleist, lève-tôt et travailleur acharné, consacrait souvent ses matinées à l'écriture, plume à la main devant son bureau. Dans ses années berlinoises, il dépouillait aussi le courrier et les nouvelles pour son journal, le « Berliner Abendblätter ».
Après-midi
L'après-midi pouvait être occupé par des démarches : visites à des éditeurs, à l'imprimeur, ou recherche d'un protecteur et d'un emploi stable qui lui échappa toujours. Il marchait beaucoup et entretenait une abondante correspondance.
Soir
Le soir, Kleist fréquentait cafés et salons littéraires où l'on discutait théâtre, philosophie et politique. Il y retrouvait des amis comme Adam Müller et lisait parfois ses textes à voix haute.
Alimentation
On mangeait alors une cuisine prussienne simple : pain de seigle, pommes de terre, soupes, viande de porc, choux, accompagnés de bière ou de vin. Souvent désargenté, Kleist dépendait parfois de l'aide de sa famille ou d'amis pour ses repas.
Vêtements
Issu de la noblesse, Kleist portait l'habit bourgeois du début du XIXe siècle : redingote sombre, gilet, chemise à col haut et cravate nouée. Jeune officier, il avait auparavant arboré l'uniforme bleu de l'armée prussienne.
Habitat
Sa vie fut celle d'un homme sans foyer fixe : chambres louées, séjours chez des proches, logements à Dresde puis à Berlin. Il déménagea très souvent, au gré de ses voyages, de ses projets et de ses difficultés d'argent.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Famille Schroffenstein
1803
La Cruche cassée
1808
Penthésilée
1808
La Marquise d'O…
1808
Michael Kohlhaas
1810
Catherine de Heilbronn
1810
Sur le théâtre de marionnettes
1810






