Poétesse vietnamienne de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, surnommée « Reine de la poésie Nôm ». Ses œuvres en chữ Nôm, au style « élégamment licencieux », lui ont valu d'être reconnue par l'UNESCO en 2021 comme personnalité culturelle mondiale.
Hồ Xuân Hương(1772 — 1822)
Hồ Xuân Hương
Vietnam
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1772 à Hà Nội (phường Khán Xuân), selon le chercheur John Balaban [1]
- Surnommée « Bà chúa thơ Nôm » (Reine de la poésie Nôm) par le poète moderne Xuân Diệu [1]
- Mariée deux fois comme concubine : d'abord à Tổng Cóc, puis au phủ Vĩnh Tường (Phạm Viết Ngạn), les deux unions s'achevant prématurément [1]
- Décédée vers 1822 ; son lieu de sépulture, probablement près du lac de l'Ouest (Hồ Tây), reste introuvable [1]
- Reconnue « personnalité culturelle mondiale » par l'UNESCO en 2021, aux côtés de Nguyễn Đình Chiểu [1]
Œuvres & réalisations
La totalité des œuvres de Hồ Xuân Hương se compose de poèmes rédigés en chữ Nôm. Leur style, qualifié de « thanh thanh tục tục » (élégamment équivoque), mêle images de la nature et double sens sensuels, lui valant le titre de « Reine de la poésie Nôm » [1].
Anecdotes
Hồ Xuân Hương est entrée dans la postérité sous le titre de « Reine de la poésie Nôm », sobriquet que lui a décerné le poète moderne Xuân Diệu. En 2021, l'UNESCO l'a reconnue comme personnalité culturelle mondiale, aux côtés du poète Nguyễn Đình Chiểu [1].
Issue d'une famille de lettrés, Hồ Xuân Hương fut deux fois épouse en rang de concubine (lẽ). Son premier mari, connu sous le sobriquet « Tổng Cóc », lui fit construire un grand pavillon sur l'eau pour qu'elle puisse écrire en toute tranquillité, à l'écart des querelles de la maison principale [1].
Son deuxième mariage, avec le mandarin Phạm Viết Ngạn, gouverneur de Vĩnh Tường, ne dura que vingt-sept mois avant le décès de celui-ci. De cette union est né un fils, Phạm Viết Thiệu [1].
L'existence même de Hồ Xuân Hương a longtemps suscité des débats parmi les historiens, car aucun document classique ne consignait sa biographie. C'est l'ouvrage Giai nhân di mặc, publié à Hanoï en 1916 par Đông Châu Nguyễn Hữu Tiến, qui a permis pour la première fois de documenter sa vie et son œuvre [1].
La demeure familiale dans laquelle Hồ Xuân Hương grandit, la Cổ Nguyệt Đường (Pavillon de l'ancienne lune), se dressait en bordure du lac de l'Ouest à Hanoï, alors quartier le plus florissant du Tonkin. Ce nom de demeure devint aussi son pseudonyme littéraire [1].
Sources primaires
Premier recueil biographique consacré à Hồ Xuân Hương, compilé par le lettré Đông Châu Nguyễn Hữu Tiến. Il constitue la principale source documentaire sur la vie de la poétesse et a révélé son existence au grand public.
La totalité des œuvres de Hồ Xuân Hương est constituée de poèmes, dont la majorité est rédigée en chữ Nôm. Leur style, qualifié de « thanh thanh tục tục » (élégamment équivoque), a valu à leur autrice le titre de Reine de la poésie Nôm.
Ces archives généalogiques confirment l'identité du deuxième mari de Hồ Xuân Hương, Phạm Viết Ngạn (alias Phạm Viết Lập), et attestent la naissance de leur fils Phạm Viết Thiệu.
Le lettré Phan Huy Huân écrit au sujet de Hồ Phi Mai (nom originel de la poétesse) : « Phi mai xuân sắc nhất kinh thành » (丕梅春色一京成) — « La beauté printanière de Phi Mai surpasse la capitale entière ».
Lieux clés
Quartier de Hanoï où Hồ Xuân Hương serait née vers 1772, selon le chercheur John Balaban. Il correspond aujourd'hui au périmètre du jardin botanique Bách Thảo [1].
Grande demeure familiale en bordure du lac de l'Ouest, alors quartier le plus florissant du Tonkin. C'est là que Hồ Xuân Hương grandit et composa une partie de son œuvre ; ce nom de demeure fut aussi son pseudonyme littéraire [1].
Village d'origine du père de Hồ Xuân Hương (selon les deux thèses concurrentes, Hồ Phi Diễn ou Hồ Sĩ Danh). Quỳnh Đôi est un village traditionnellement réputé pour sa densité de lettrés [1].
Lieu d'affectation du deuxième mari de Hồ Xuân Hương, le mandarin Phạm Viết Ngạn. La poétesse y vécut comme concubine officielle pendant vingt-sept mois avant le décès de son époux [1].
Emplacement présumé de la tombe de Hồ Xuân Hương, selon les travaux du chercheur Hồ Sỹ Bằng. Le site est aujourd'hui submergé par les eaux du lac de l'Ouest, rendant toute localisation impossible [1].
Objets typiques

Support écrit de la poésie de Hồ Xuân Hương. Ses œuvres, intégralement composées en écriture Nôm (script démotique vietnamien), constituent la totalité de son héritage littéraire documenté [1].

Outils fondamentaux de l'écriture lettrée dans le Vietnam classique. Hồ Xuân Hương aurait vendu du papier, des pinceaux et de l'encre pour subvenir à ses besoins selon certaines sources, témoignant de leur rôle central dans sa vie quotidienne [1].

Chapeau traditionnel vietnamien tissé de feuilles de palmier. La mère de Hồ Xuân Hương confectionnait des chapeaux coniques pour subvenir aux besoins du foyer, artisanat évoqué dans les récits entourant la jeunesse de la poétesse [1].
📷 CC0 · Wikimedia Commons ↗
Construction sur pilotis érigée au bord d'un plan d'eau, destinée à la retraite poétique et à l'agrément. Le premier mari de Hồ Xuân Hương lui fit construire un grand pavillon aquatique pour qu'elle puisse écrire à l'écart des querelles domestiques [1].

Vêtements de cérémonie et parures féminines portés par les femmes de milieu lettré au Tonkin. Les sources évoquent que Hồ Xuân Hương aurait un temps enterré bijoux et beaux habits en signe d'attente et de fidélité [1].
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Vie quotidienne
Matin
Hồ Xuân Hương commence sa journée dans la demeure Cổ Nguyệt Đường, en bordure du lac de l'Ouest à Hanoï. Malgré un contexte politique troublé à la fin du XVIIIe siècle, elle bénéficie d'une enfance protégée dans ce foyer aisé, où sa mère veille aux tâches domestiques [1].
Après-midi
L'après-midi est propice aux échanges avec les lettrés et poètes de son temps : Nguyễn Du, Phạm Đình Hổ, Phan Huy Huân et d'autres figurent parmi ses relations littéraires documentées. La composition de poèmes en chữ Nôm occupe une place centrale dans ses activités [1].
Soir
Les soirées au bord du lac de l'Ouest, dans le pavillon aquatique que lui avait fait construire son premier mari, lui offrent un cadre propice à l'écriture et à la méditation poétique. Les sources mentionnent également des réunions de versification dans les cercles lettrés de l'époque [1].
Alimentation
L'alimentation quotidienne d'une famille de lettrés du Tonkin à la fin du XVIIIe siècle repose sur le riz, les légumes et le poisson. Les sources disponibles sur Hồ Xuân Hương ne fournissent pas de détails spécifiques sur ses habitudes alimentaires [1].
Vêtements
En tant que fille de lettré vivant dans un quartier aisé de Hanoï, Hồ Xuân Hương porte les vêtements féminins traditionnels du Tonkin. Les sources évoquent qu'elle possédait de beaux habits et des bijoux, symboles de son statut social dans les milieux lettrés [1].
Habitat
Elle réside à la Cổ Nguyệt Đường, grande demeure familiale en bordure du lac de l'Ouest. Lors de son premier mariage, Tổng Cóc lui fait construire un pavillon sur l'eau (thủy tạ) — espace de création à l'écart de la maison principale — témoignant du confort relatif dont elle jouit [1].
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Corpus de poèmes en chữ Nôm
Fin XVIIIe – début XIXe siècle






