Isabelle Autissier (née en 1956) est une navigatrice française, première femme à boucler un tour du monde à la voile en course au large en solitaire. Ingénieure halieutique de formation, elle est aussi devenue écrivaine et militante de la protection des océans.
Isabelle Autissier(1956 — ?)
Isabelle Autissier
France
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 18 octobre 1956 à Paris, elle se forme comme ingénieure agronome spécialisée en halieutique (sciences de la pêche).
- En 1991, elle devient la première femme à boucler un tour du monde à la voile en course au large en solitaire (BOC Challenge).
- Lors du BOC Challenge 1994-1995, elle établit un record de traversée transatlantique avant d'être démâtée dans l'océan Indien.
- En 1999, son voilier chavire dans les mers du Sud lors de l'Around Alone ; elle est secourue après un dramatique sauvetage.
- Après sa carrière sportive, elle publie plusieurs romans et préside le WWF France de 2009 à 2021, militant pour la protection des océans.
Œuvres & réalisations
Débuts en course au large qui lancent sa carrière de navigatrice professionnelle.
Elle devient la première femme à terminer une course autour du monde en solitaire, exploit qui fait sa renommée.
Au début des années 1990, elle établit des records de traversée qui confirment son niveau parmi les meilleurs marins du large.
Récit autobiographique de ses navigations, première étape de sa carrière d'écrivaine.
Roman récompensé par le prix Maurice Genevoix, qui assoit sa reconnaissance littéraire.
Roman de survie sur une île subantarctique, succès de librairie nourri par sa connaissance des mers australes.
Engagement public majeur pour la protection des océans et de la biodiversité.
Anecdotes
En 1991, au terme du BOC Challenge, un tour du monde à la voile en solitaire avec escales, Isabelle Autissier devient la première femme à boucler une course autour du monde en solitaire. Partie de Newport aux États-Unis, elle franchit le redoutable cap Horn et termine 7e d'une flotte presque entièrement masculine, prouvant qu'une femme a toute sa place dans la course au large.
Le 16 février 1999, en plein océan Pacifique sud, son voilier PRB chavire et reste retourné, quille en l'air, à des milliers de kilomètres de toute côte. Réfugiée dans la coque renversée, glacée et plongée dans le noir, elle déclenche sa balise de détresse. Elle est sauvée par un concurrent de la course, le navigateur italien Giovanni Soldini, qui déroute son bateau pour venir la chercher.
Avant d'être navigatrice, Isabelle Autissier est ingénieure halieutique, c'est-à-dire spécialiste des poissons et de la pêche. Elle a même enseigné dans une grande école d'agronomie à Rennes. Ce parcours scientifique inhabituel pour une marin de course explique son attachement de toute une vie à la connaissance et à la protection de la mer.
En 1994, lors d'un autre tour du monde, son mât se brise dans les mers déchaînées du Grand Sud. Elle parvient d'abord à rejoindre les îles Kerguelen avec un gréement de fortune, puis, repartie, est de nouveau démâtée et doit être secourue par la marine australienne. Ces aventures dramatiques l'ont rendue célèbre bien au-delà du monde de la voile.
Après sa carrière sportive, elle se réinvente écrivaine et présidente de l'association de protection de la nature WWF France de 2009 à 2021. Ses romans, dont 'L'amant de Patagonie', sont primés, et elle utilise sa notoriété pour alerter sur la pollution des océans et le réchauffement climatique.
Sources primaires
Elle y raconte ses navigations en solitaire, la solitude des grands espaces et la vie à bord d'un voilier de course dans les mers australes.
Récit à deux voix sur les terres et les mers australes (Kerguelen, manchots, paysages glacés), mêlant aventure maritime et émerveillement face à une nature menacée.
Roman situé en Terre de Feu au XIXe siècle, qui lui vaut le prix Maurice Genevoix et confirme sa reconversion en écrivaine reconnue.
Un couple naufragé survit sur une île subantarctique déserte ; le livre puise dans sa connaissance intime des mers du Sud et de leur dureté.
Lieux clés
Ville de naissance d'Isabelle Autissier en 1956.
Ville où elle se forme comme ingénieure halieutique et enseigne en école d'agronomie avant de se consacrer à la voile.
Port de l'Atlantique auquel elle est étroitement associée, base de ses préparations et de son engagement maritime.
Pointe sud du continent américain, passage redouté qu'elle franchit lors de ses tours du monde en solitaire.
Archipel isolé du Grand Sud qu'elle rejoint avec un gréement de fortune après son démâtage de 1994.
Lieu du chavirage de son voilier PRB en 1999, où elle est secourue par Giovanni Soldini.
Objets typiques

Voilier rapide et léger conçu pour la navigation océanique en solitaire ; c'est l'outil central de toutes ses courses autour du monde.

Émetteur qui signale par satellite la position d'un marin en danger ; c'est elle qui permet de localiser Autissier lors de ses naufrages de 1994 et 1999.

Dispositif qui maintient le cap du bateau à la place du barreur, indispensable pour qu'une navigatrice seule puisse dormir, manœuvrer ou se reposer.

Radio à ondes courtes permettant de communiquer sur de très longues distances depuis le milieu de l'océan, lien vital avec la terre et les autres concurrents.

Vêtement imperméable et sangle d'attache au bateau qui protègent du froid, des embruns et du risque de passer par-dessus bord dans les mers du Sud.

Instrument de mesure de la hauteur des astres servant à calculer sa position, secours précieux quand l'électronique de navigation tombe en panne.

Livre de fiction qu'elle écrit après sa carrière sportive ; ses récits maritimes lui valent plusieurs prix littéraires.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À bord en solitaire, la journée commence par l'analyse de la météo reçue par radio et le contrôle de la position du bateau. Isabelle Autissier vérifie le réglage des voiles et l'état du gréement, car la moindre négligence peut coûter la course ou la vie.
Après-midi
L'après-midi est rythmé par les manœuvres, les réparations et la maintenance permanente du bateau. Seule, elle doit tout faire : grimper au mât, recoudre une voile, écoper, tout en gardant le cap dans une mer souvent agitée.
Soir
Le soir, elle ne dort que par courtes tranches de vingt minutes à quelques heures, toujours prête à bondir sur le pont. Dans le Grand Sud, elle guette aussi les growlers et les icebergs qui peuvent surgir dans la nuit.
Alimentation
L'alimentation repose surtout sur des plats lyophilisés réhydratés à l'eau chaude, des barres énergétiques et des aliments légers à conserver. L'eau douce est précieuse, parfois produite à bord par un dessalinisateur, et l'on mange vite entre deux manœuvres.
Vêtements
Elle porte des cirés imperméables, des sous-couches isolantes, un bonnet et des bottes pour résister au froid et aux embruns. Un harnais de sécurité la relie en permanence au bateau pour ne pas tomber à la mer.
Habitat
Son « logement » est l'étroite cabine du voilier, encombrée de cartes, d'instruments et de matériel, à la table à cartes ou sur une couchette minuscule. Tout y est humide, bruyant et sans cesse en mouvement, secoué par la houle de l'océan.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Première course transatlantique en solitaire (Mini 6.50)
1987
BOC Challenge, premier tour du monde en solitaire achevé par une femme
1990-1991
Records de vitesse sur des routes océaniques en solitaire
années 1990
Versant océan
1998
L'amant de Patagonie
2012
Soudain, seuls
2015
Présidence de WWF France
2009-2021





