Ivan Tourgueniev(1818 — 1883)

Ivan Tourgueniev

Empire russe

5 min de lecture

LettresÉcrivain(e)DramaturgeXIXe siècleRussie impériale du XIXe siècle, époque des grandes réformes (abolition du servage en 1861) et de l'essor du roman réaliste russe.

Ivan Tourgueniev est un écrivain, romancier et dramaturge russe du XIXe siècle. Figure majeure du réalisme russe, il est l'auteur de *Pères et Fils* et a contribué à faire connaître la littérature russe en Europe occidentale.

Questions fréquentes

Ivan Tourgueniev (1818-1883) est l'un des grands maîtres du réalisme russe, avec des œuvres comme Pères et Fils et Récits d'un chasseur. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a joué un rôle de pont entre la Russie et l'Europe occidentale, en fréquentant Flaubert, Zola et les Goncourt à Paris. Contrairement à Dostoïevski ou Tolstoï, il a vécu une grande partie de sa vie en Europe, ce qui lui a permis d'introduire la littérature russe auprès du public français. Son importance historique tient aussi à son engagement contre le servage : ses Récits d'un chasseur ont contribué à sensibiliser l'opinion, et peut-être même le tsar Alexandre II, à la condition des serfs.

Citations célèbres

« La Russie peut se passer de chacun de nous, mais aucun de nous ne peut se passer d'elle.»

Faits marquants

  • Né en 1818 à Orel, dans une famille de la noblesse terrienne russe
  • Publie *Récits d'un chasseur* (1852), dénonçant les conditions du servage
  • Fait paraître son roman le plus célèbre, *Pères et Fils* (1862), qui popularise la figure du nihiliste Bazarov
  • Vit une grande partie de sa vie en Europe occidentale (France, Allemagne), proche de Flaubert et des écrivains français
  • Meurt en 1883 à Bougival, près de Paris

Œuvres & réalisations

Récits d'un chasseur (Mémoires d'un chasseur) (1852)

Recueil de nouvelles dépeignant avec humanité la vie des serfs et des paysans, qui contribua au débat sur l'abolition du servage.

Un mois à la campagne (1855)

Pièce de théâtre psychologique, considérée comme une étape vers le drame intérieur qui inspirera Tchekhov.

Roudine (1856)

Premier roman de Tourgueniev, portrait d'un idéaliste velléitaire, type de « l'homme superflu » de la littérature russe.

Un nid de gentilhomme (1859)

Roman mélancolique sur la noblesse rurale russe, l'un de ses plus grands succès auprès du public.

Premier amour (1860)

Nouvelle largement autobiographique sur les émois et les désillusions de la jeunesse.

Pères et Fils (1862)

Chef-d'œuvre où le personnage de Bazarov incarne le nihilisme et le conflit des générations dans la Russie des réformes.

Terres vierges (1877)

Dernier grand roman, consacré au mouvement populiste des jeunes révolutionnaires « allant au peuple ».

Poèmes en prose (1882)

Recueil de courts textes lyriques et méditatifs, dont le célèbre éloge de la langue russe.

Anecdotes

C'est Tourgueniev qui popularisa le mot « nihiliste » à travers son héros Bazarov dans *Pères et Fils* (1862). Le roman provoqua une telle polémique que les jeunes révolutionnaires comme les conservateurs s'estimèrent insultés : chacun croyait y être caricaturé.

En 1852, Tourgueniev publie une nécrologie élogieuse de l'écrivain Gogol, alors que la censure l'avait interdite. Il est arrêté, passe un mois en prison, puis est assigné à résidence sur ses terres de Spasskoïé pendant près de dix-huit mois.

En 1843, il rencontre la cantatrice française Pauline Viardot et lui voue un amour qui durera toute sa vie. Il suivra sa famille à travers l'Europe — Bade, Londres, Paris — et ne se mariera jamais, s'installant souvent tout près d'elle.

En 1861, une violente dispute avec Léon Tolstoï faillit dégénérer en duel au pistolet. Les deux géants de la littérature russe restèrent brouillés dix-sept ans avant de se réconcilier en 1878.

Ses *Récits d'un chasseur* (1852) peignaient avec tant d'humanité la vie des serfs que, selon une tradition tenace, leur lecture aurait contribué à émouvoir l'opinion russe et le futur tsar Alexandre II, qui abolit le servage en 1861.

Sources primaires

Pères et Fils (définition du nihiliste) (1862)
Un nihiliste, c'est un homme qui ne s'incline devant aucune autorité, qui n'accepte aucun principe comme article de foi, quelque respect dont ce principe puisse être entouré.
La langue russe (Poèmes en prose) (1882)
Aux jours de doute, aux jours où me pèsent de pénibles réflexions sur le sort de ma patrie, tu es mon seul appui et mon seul soutien, ô grande, puissante, véridique et libre langue russe !
Récits d'un chasseur (1852)
Le chasseur passionné connaît seul ces lieux écartés où l'on entend le murmure des sources et le frémissement des feuilles, où l'homme et la terre semblent encore vivre en silence.
Correspondance (à propos de Pauline Viardot) (années 1860)
Je n'ai d'autre nid que le bord du nid d'autrui. Là où elle est, là est ma patrie.

Lieux clés

Orel (Oriol)

Ville de Russie centrale où naît Tourgueniev en 1818, au cœur d'une région de domaines nobiliaires.

Spasskoïé-Loutovinovo

Domaine familial près de Mtsensk où Tourgueniev grandit, fut assigné à résidence et écrivit une partie de son œuvre.

Berlin

Tourgueniev y étudie la philosophie de 1838 à 1841 et se forme aux idées occidentales qui marqueront sa pensée.

Bade (Baden-Baden)

Station thermale allemande où l'écrivain s'installe dans les années 1860 pour vivre près de la famille Viardot.

Paris

Capitale littéraire où Tourgueniev fréquente Flaubert, Zola et les Goncourt, devenant un pont entre les lettres russes et françaises.

Bougival

Commune des bords de Seine où l'écrivain possédait une villa et où il meurt en 1883.

Voir aussi