Jacques Tati (1907-1982) est un réalisateur, acteur et scénariste français. Créateur du personnage de Monsieur Hulot, il développe un cinéma comique poétique fondé sur le burlesque visuel et le son plutôt que sur les dialogues.
Jacques Tati(1907 — 1982)
Jacques Tati
France
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1949 : réalise son premier long métrage, Jour de fête
- 1953 : Les Vacances de Monsieur Hulot, qui impose son célèbre personnage de M. Hulot
- 1958 : Mon oncle remporte l'Oscar du meilleur film étranger et critique avec humour la modernité
- 1967 : Playtime, film ambitieux et coûteux sur la déshumanisation de la ville moderne
- 1907-1982 : carrière marquée par une œuvre rare mais influente (six longs métrages)
Œuvres & réalisations
Court-métrage où Tati joue un facteur pressé ; il sert de matrice au futur Jour de fête.
Premier long-métrage de Tati : un facteur de village veut moderniser sa tournée « à l'américaine ». Le film révèle son comique visuel.
Naissance à l'écran de Monsieur Hulot, dans un hôtel de bord de mer. Film quasi muet, salué par le prix Louis-Delluc.
Satire de la maison ultramoderne et des gadgets ; le film reçoit l'Oscar du meilleur film étranger en 1959.
Œuvre la plus ambitieuse de Tati, tournée en 70 mm dans le décor géant de « Tativille » ; un sommet de mise en scène resté longtemps incompris.
Dernière grande aventure de Monsieur Hulot, autour d'une voiture de camping et des embouteillages, prolongeant la critique de la société automobile.
Dernier film de Tati, tourné en vidéo, qui renoue avec l'esprit du cirque et du music-hall de ses débuts.
Anecdotes
Avant de faire du cinéma, Jacques Tati était un artiste de music-hall célèbre pour ses « impressions sportives » : sans aucun accessoire, il mimait un joueur de tennis, un boxeur ou un cavalier rien qu'avec son corps. Ces numéros, joués dans les cabarets parisiens des années 1930, sont à l'origine de son comique fondé sur le geste plutôt que sur les mots.
Son vrai nom était Jacques Tatischeff : son grand-père paternel était un aristocrate russe installé en France. Le nom de scène « Tati » n'est qu'un raccourci de ce patronyme d'origine russe.
Pour son film Playtime (1967), Tati a fait construire près de Paris une ville entière en décor, surnommée « Tativille » : immeubles de verre, routes et même un faux aéroport. Le tournage, démesuré et très long, a coûté si cher qu'il a ruiné le réalisateur, qui a fini par perdre les droits sur ses propres films.
Son film Mon Oncle a remporté en 1959 l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Tati y oppose avec humour la maison ultramoderne et pleine de gadgets des Arpel au vieux quartier populaire où vit Monsieur Hulot.
Son premier long-métrage, Jour de fête (1949), avait été tourné en couleur grâce à un procédé expérimental français, le Thomsoncolor, impossible à développer à l'époque ; le film sortit donc en noir et blanc. Ce n'est qu'en 1995, grâce au travail de sa fille Sophie Tatischeff, que la version couleur d'origine put enfin être reconstituée.
Le personnage de Monsieur Hulot est reconnaissable à sa silhouette unique : imperméable, pantalon trop court, chapeau, pipe et parapluie, le corps penché en avant. Tati en a fait une figure presque muette qui se cogne, hésite et dérange sans le vouloir le monde moderne autour de lui.
Sources primaires
Comédie quasiment sans dialogues où le comique naît des bruits, des gestes et des situations dans un hôtel de bord de mer ; le film raconte les vacances maladroites de Monsieur Hulot.
Le film oppose la villa ultramoderne et automatisée des Arpel au quartier ancien et chaleureux de Monsieur Hulot, faisant la satire de la société de consommation et de la modernité.
Tourné en 70 mm dans un décor géant de ville moderne en verre et acier, le film montre des personnages perdus dans une architecture froide et standardisée, où le moindre objet semble compliquer la vie.
Tati y explique que son ambition est qu'en sortant de la salle, le spectateur regarde les gens autour de lui et s'aperçoive qu'ils sont eux aussi drôles dans la vie de tous les jours.
Lieux clés
Commune des Yvelines, en région parisienne, où naît Jacques Tati en 1907.
Village du Berry où Tati tourne Jour de fête ; il y campe le décor de la fête foraine et du facteur François.
Station balnéaire près de Saint-Nazaire où est tourné Les Vacances de Monsieur Hulot ; une statue de Hulot y rappelle encore le film.
Immense décor de ville moderne construit pour Playtime, avec immeubles de verre et rues entières. Son coût démesuré ruina Tati.
Capitale où Tati fait carrière dans le music-hall puis le cinéma, et où il meurt en 1982.
Objets typiques

Toujours coincée au coin de la bouche, la pipe fait partie de la silhouette inséparable du personnage de Hulot. Elle accentue son allure rêveuse et un peu décalée.

Imperméable clair, chapeau et pantalon trop court composent le costume reconnaissable de Monsieur Hulot. Ce déguisement minimaliste suffit à identifier le personnage dans tous les films.

Tenu comme une canne, le parapluie de Hulot sert moins à se protéger de la pluie qu'à ponctuer ses gestes maladroits. C'est un prolongement comique de son corps.

Dans Jour de fête, le facteur François veut distribuer le courrier « à l'américaine », à toute vitesse sur son vélo puis sa machine. L'engin devient le moteur des gags du film.

Cuisine automatisée, fontaine en forme de poisson, portail électrique : la maison moderne du film accumule des objets censés faciliter la vie mais qui se retournent contre leurs propriétaires.

Pour Playtime, Tati tourne en pellicule large 70 mm afin de filmer des plans d'ensemble très détaillés où plusieurs gags se déroulent en même temps. Le format permet de remplir l'image d'une foule de petites actions.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Réalisateur perfectionniste, Tati commençait souvent ses journées de tournage par de longues préparations : il réglait au millimètre la position des acteurs, des décors et des sons. Rien n'était laissé au hasard, car chaque gag reposait sur un timing précis.
Après-midi
L'après-midi se passait à filmer, parfois pendant des semaines, une seule scène jugée trop imparfaite. Tati pouvait recommencer une prise des dizaines de fois pour obtenir le mouvement ou le bruit exact qu'il imaginait.
Soir
Le soir, il retrouvait son équipe pour visionner les images tournées et imaginer de nouveaux détails comiques. Il pensait son cinéma comme un travail d'observation patiente du comportement des gens ordinaires.
Alimentation
Tati menait la vie d'un Parisien du XXe siècle, partagé entre repas pris sur les tournages et tables de bistrot. Les scènes de ses films, comme le restaurant chaotique de Playtime, montrent qu'il observait avec attention les manières de table de son époque.
Vêtements
À la ville, Tati portait le costume classique de l'homme du milieu du XXe siècle. À l'écran, il enfilait au contraire l'uniforme reconnaissable de Hulot : imperméable, chapeau, pantalon trop court et parapluie.
Habitat
Tati a surtout vécu et travaillé en région parisienne. Paradoxalement, lui qui se moquait des maisons ultramodernes dans Mon Oncle a fait bâtir pour Playtime toute une ville artificielle de béton et de verre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'École des facteurs (court-métrage)
1947
Playtime
1967






