James Joyce (1882-1941) est un écrivain irlandais, l'une des figures majeures du modernisme littéraire. Son roman *Ulysse* (1922), qui transpose l'*Odyssée* d'Homère dans une journée dublinoise, a révolutionné le récit par sa technique du monologue intérieur.
James Joyce(1882 — 1941)
James Joyce
Irlande, France, Royaume-Uni
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît le 2 février 1882 à Dublin, en Irlande
- Publie le recueil de nouvelles *Gens de Dublin* (Dubliners) en 1914
- Fait paraître le roman autobiographique *Portrait de l'artiste en jeune homme* en 1916
- Publie *Ulysse* en 1922 à Paris, longtemps interdit pour obscénité dans les pays anglophones
- Meurt le 13 janvier 1941 à Zurich, en Suisse
Œuvres & réalisations
Premier recueil de poèmes de Joyce, d'une grande musicalité, qui révèle son oreille de chanteur.
Recueil de quinze nouvelles peignant la vie ordinaire des Dublinois ; il se clôt sur le chef-d'œuvre « Les Morts ».
Roman d'apprentissage en partie autobiographique qui suit l'éveil de Stephen Dedalus à sa vocation d'artiste.
Unique pièce de théâtre de Joyce, qui explore les thèmes de l'amour, de la jalousie et de la liberté.
Son chef-d'œuvre : une seule journée à Dublin (16 juin 1904) qui rejoue l'Odyssée d'Homère et révolutionne le roman par le monologue intérieur.
Roman expérimental écrit en dix-sept ans, fait d'un langage de rêve mêlant des dizaines de langues et d'innombrables jeux de mots.
Anecdotes
Le 16 juin 1904, Joyce sort pour la première fois avec Nora Barnacle, qui deviendra la compagne de toute sa vie. Il choisit cette date comme le jour unique où se déroule toute l'action d'Ulysse. Aujourd'hui, chaque 16 juin, des admirateurs du monde entier célèbrent le « Bloomsday » en relisant le roman dans les rues de Dublin.
Jugé obscène, Ulysse fut interdit pendant des années aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le livre parut d'abord à Paris en 1922, publié par la libraire américaine Sylvia Beach. En 1933, un juge américain leva enfin l'interdiction en décrétant que ce n'était pas une œuvre pornographique mais une véritable œuvre d'art.
Joyce souffrit toute sa vie de graves maladies des yeux et subit de nombreuses opérations, frôlant la cécité. Il portait souvent un bandeau sur l'œil et écrivait avec de gros crayons de couleur sur de grandes feuilles de papier. Il mettait parfois une veste blanche pour que la lumière se reflète mieux sur sa page.
À 22 ans, Joyce quitte l'Irlande et n'y reviendra presque jamais, vivant successivement à Trieste, Zurich et Paris. Pourtant il n'écrivit jamais que sur Dublin, affirmant vouloir en donner une image si complète qu'on pourrait, à partir de ses livres, reconstruire la ville entière si elle disparaissait.
Son dernier livre, Finnegans Wake, lui demanda dix-sept années de travail. Joyce y invente des milliers de mots en mêlant des dizaines de langues différentes, créant un texte si étrange et difficile qu'il reste l'une des œuvres les plus mystérieuses de toute la littérature.
Sources primaires
Majestueux et dodu, Buck Mulligan surgit en haut de l'escalier, porteur d'un bol de mousse à raser sur lequel un miroir et un rasoir reposaient en croix.
et alors il m'a demandé si je voulais bien oui dire oui ma fleur de la montagne et d'abord je l'ai entouré de mes bras oui et je l'ai attiré vers moi et oui j'ai dit oui je veux bien Oui.
Bienvenue, ô vie ! Je pars pour la millionième fois à la rencontre de la réalité de l'expérience, et forger dans la forge de mon âme la conscience incréée de ma race.
Son âme défaillait lentement tandis qu'il entendait la neige tomber, faible, à travers tout l'univers, tomber faiblement, comme la descente de leur fin dernière, sur tous les vivants et tous les morts.
Lieux clés
Ville natale de Joyce et décor unique de toute son œuvre, des Gens de Dublin à Ulysse. Il en fit la capitale littéraire de son imaginaire alors même qu'il vivait à l'étranger.
Joyce y vécut une dizaine d'années, gagnant sa vie comme professeur d'anglais à l'école Berlitz. C'est là qu'il écrivit une grande partie de son œuvre de jeunesse.
Centre de l'avant-garde des années 1920, Paris vit la publication d'Ulysse par Sylvia Beach et de Finnegans Wake. Joyce y passa près de vingt ans.
Refuge de Joyce pendant les deux guerres mondiales, Zurich fut aussi la ville de sa mort en 1941. Il y est enterré au cimetière de Fluntern.
Cette tour de garde où Joyce séjourna quelques jours en 1904 ouvre le roman Ulysse. Transformée en musée James Joyce, elle est aujourd'hui un haut lieu du Bloomsday.
Objets typiques

Joyce, dont la vue déclinait sans cesse, portait souvent un bandeau noir sur l'œil après ses nombreuses opérations. C'est devenu l'un des signes les plus reconnaissables de ses portraits.

Joyce aimait marcher en s'appuyant sur une canne de frêne, objet qu'il prête aussi à son héros Stephen Dedalus. Elle accompagnait ses longues promenades urbaines.

À cause de sa mauvaise vue, Joyce écrivait avec de gros crayons de couleur sur de grands feuillets, en grosses lettres. Il accumulait des montagnes de notes pour bâtir ses romans.

Le manuscrit d'Ulysse, couvert de ratures et d'ajouts, témoigne d'une écriture lente et obsessionnelle. Joyce corrigeait encore le texte sur les épreuves d'imprimerie, multipliant les détails sur Dublin.

Joyce portait de fortes lunettes aux verres très épais pour compenser sa vue déficiente. Elles font partie, avec le bandeau, de sa silhouette si caractéristique.

Excellent chanteur, Joyce remporta une médaille à un concours de chant irlandais en 1904 et faillit devenir ténor professionnel. Il s'accompagnait volontiers à la guitare ou au piano lors des soirées.
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Vie quotidienne
Matin
Couche-tard et lève-tard, Joyce commençait souvent sa journée bien après le matin, parfois en travaillant au lit. À cause de ses yeux fragiles, il écrivait lentement, en grosses lettres, sur de larges feuilles posées contre ses genoux.
Après-midi
L'après-midi, il donnait des leçons d'anglais (surtout à Trieste) ou arpentait longuement la ville, observant les rues, les enseignes et les passants. Ces promenades nourrissaient la matière minutieuse de ses livres.
Soir
Le soir, Joyce aimait l'opéra, le théâtre et les dîners entre amis, où il chantait volontiers de sa belle voix de ténor. Il prolongeait souvent la soirée au café ou au restaurant, un verre de vin blanc à la main.
Alimentation
Joyce mangeait peu et sans grand intérêt pour la nourriture, mais adorait le vin blanc, en particulier un cru suisse dont la couleur dorée le charmait. Il préférait nettement boire et discuter que faire de longs repas.
Vêtements
Soucieux de son allure malgré ses dettes fréquentes, Joyce s'habillait avec soin et portait des bagues. On le reconnaissait à ses lunettes épaisses, son bandeau sur l'œil et parfois une veste claire censée renvoyer la lumière sur sa page.
Habitat
Sa vie fut une suite de déménagements à travers l'Europe : multiples logements à Trieste, Zurich et Paris, souvent modestes et choisis selon ses moyens du moment. Cette instabilité, liée à ses difficultés d'argent, dura presque toute sa vie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Musique de chambre
1907
Gens de Dublin
1914
Portrait de l'artiste en jeune homme
1916
Finnegans Wake
1939






