Janaki Ammal(1897 — 1984)

Janaki Ammal

Inde, Raj britannique, Union indienne

6 min de lecture

SciencesScientifiqueXXe siècleInde coloniale puis indépendante du XXe siècle, période d'essor de la génétique végétale et des premières grandes scientifiques indiennes.

Janaki Ammal est une botaniste et cytogénéticienne indienne, pionnière de l'étude des chromosomes des plantes cultivées. Elle a notamment travaillé sur l'amélioration de la canne à sucre et participé à la préservation de la flore indienne.

Questions fréquentes

Janaki Ammal (1897-1984) est une botaniste et cytogénéticienne indienne de premier plan. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a ouvert la voie aux femmes scientifiques en Inde tout en révolutionnant l'étude des chromosomes des plantes cultivées. Imagine qu'elle ait dû quitter l'Inde coloniale pour obtenir un doctorat aux États-Unis grâce à la bourse Barbour, réservée aux étudiantes asiatiques. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a combiné recherche fondamentale – comme le célèbre Chromosome Atlas of Cultivated Plants (1945) – et applications concrètes, comme l'amélioration de la canne à sucre pour réduire la dépendance indienne aux importations de sucre.

Faits marquants

  • Naît en 1897 à Tellicherry (Thalassery), au Kerala, en Inde britannique.
  • Obtient en 1931 un doctorat (DSc) en botanique à l'université du Michigan, aux États-Unis.
  • Travaille sur l'hybridation et la polyploïdie de la canne à sucre à l'institut de Coimbatore dans les années 1930.
  • Co-écrit en 1945 le 'Chromosome Atlas of Cultivated Plants' avec le généticien C. D. Darlington.
  • Reçoit la distinction indienne Padma Shri en 1977 et meurt en 1984 à Madras (Chennai).

Œuvres & réalisations

Chromosome Atlas of Cultivated Plants (avec C. D. Darlington) (1945)

Ouvrage de référence rassemblant les nombres de chromosomes de centaines de plantes cultivées et de leurs parentes sauvages, longtemps utilisé par les généticiens.

Hybrides et variétés améliorées de canne à sucre (années 1930)

Travaux de croisement à Coimbatore visant à obtenir des cannes plus sucrées et adaptées à l'Inde, réduisant la dépendance aux importations de sucre.

Études sur la polyploïdie et la géographie des plantes (années 1930-1940)

Recherches montrant que des plantes à jeux de chromosomes multipliés peuvent coloniser des milieux plus rudes, reliant génétique et répartition des espèces.

Réorganisation du Botanical Survey of India (1951-1954)

Refonte de l'institution nationale d'inventaire botanique, qu'elle dirige pour mieux connaître et préserver la flore indienne.

Magnolia kobus 'Janaki Ammal' (1948)

Variété de magnolia sélectionnée à Wisley et baptisée en son honneur, témoignage durable de son travail horticole.

Engagement pour la préservation de la Silent Valley (vers 1980)

Contribution scientifique à la campagne qui sauva cette forêt tropicale du Kerala, l'un des premiers grands combats écologiques en Inde.

Anecdotes

Pendant son séjour au jardin de Wisley, en Angleterre, Janaki Ammal étudia les magnolias avec tant de soin qu'une variété fut baptisée en son honneur : le Magnolia kobus 'Janaki Ammal'. Chaque printemps, ses fleurs blanches continuent de s'ouvrir, comme une signature vivante laissée par la chercheuse.

Au début du XXe siècle, l'Inde importait une grande partie de son sucre. À l'Institut de sélection de la canne à sucre de Coimbatore, Janaki Ammal croisa des espèces de canne pour créer des variétés plus sucrées et mieux adaptées au climat indien. Son travail sur les chromosomes des plantes aida le pays à dépendre un peu moins des importations.

En 1951, le Premier ministre Jawaharlal Nehru, qui s'intéressait beaucoup aux sciences, invita personnellement Janaki Ammal à réorganiser le Botanical Survey of India, l'institution chargée de recenser les plantes du pays. Elle en devint la directrice générale, une responsabilité rare pour une femme à cette époque.

Déjà âgée de plus de 80 ans, Janaki Ammal s'engagea pour sauver la forêt de la Silent Valley, au Kerala, menacée par un projet de barrage hydroélectrique. Son expertise de botaniste contribua à protéger l'une des dernières forêts tropicales intactes de l'Inde.

Janaki Ammal ne s'est jamais mariée et a consacré toute sa vie à la science, vivant simplement, souvent près de ses laboratoires. Elle travaillait encore sur ses préparations de chromosomes presque jusqu'à sa mort, à 86 ans, en 1984.

Sources primaires

Chromosome Atlas of Cultivated Plants, E. K. Janaki Ammal & C. D. Darlington (1945)
L'ouvrage rassemble les nombres de chromosomes des plantes cultivées et de leurs parentes sauvages, afin d'éclairer l'origine et l'amélioration des espèces utiles à l'homme.
Travaux sur la polyploïdie chez la canne à sucre (Saccharum), Institut de Coimbatore (1939)
L'étude des chromosomes des hybrides de canne montre comment combiner des espèces différentes pour obtenir des variétés mieux adaptées aux sols et au climat de l'Inde.
Invitation de Jawaharlal Nehru à diriger le Botanical Survey of India (1951)
Le gouvernement appelle Janaki Ammal à réorganiser l'inventaire botanique du pays, pour mieux connaître et préserver la flore indienne.
Plaidoyer pour la préservation de la forêt de la Silent Valley (vers 1980)
La richesse végétale unique de cette vallée justifie qu'on la protège des aménagements qui la détruiraient à jamais.

Lieux clés

Thalassery (Tellicherry), Kerala

Ville côtière du sud de l'Inde où naît Janaki Ammal en 1897, dans une famille nombreuse et cultivée.

Université du Michigan, Ann Arbor (États-Unis)

C'est là qu'elle obtient son doctorat en botanique en 1931, grâce à la bourse Barbour.

Institut de sélection de la canne à sucre, Coimbatore

Centre de recherche du sud de l'Inde où elle mena ses travaux d'hybridation et de cytogénétique de la canne à sucre.

Jardin de la Royal Horticultural Society, Wisley (Angleterre)

Jardin où elle étudia les magnolias et autres plantes de jardin ; une variété de magnolia y porte son nom.

Silent Valley, Kerala

Forêt tropicale qu'elle contribua à protéger d'un projet de barrage à la fin de sa vie.

Madras (Chennai), Inde

Ville où elle s'éteint en 1984, toujours active dans son laboratoire de recherche.

Voir aussi