Jasper Johns est un peintre, dessinateur et graveur américain né en 1930. Pionnier du Néo-Dada, il ouvre la voie au Pop Art en représentant des objets familiers comme les drapeaux, les cibles et les chiffres.
Jasper Johns(1930 — ?)
Jasper Johns
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Take an object. Do something to it. Do something else to it.»
Faits marquants
- Né le 15 mai 1930 à Augusta, en Géorgie (États-Unis)
- Peint sa célèbre série des drapeaux américains (Flag) à partir de 1954-1955
- Figure majeure du Néo-Dada aux côtés de Robert Rauschenberg dans les années 1950
- Annonce et influence l'émergence du Pop Art américain
- Reçoit la Presidential Medal of Freedom en 2011
Œuvres & réalisations
Drapeau américain peint à l'encaustique sur tissu, journaux et contreplaqué. Œuvre fondatrice qui rompt avec l'expressionnisme abstrait et annonce le Pop Art.
Une cible surmontée de moulages de visages enfermés dans des casiers. Johns y mêle peinture, sculpture et objet trouvé.
Version monochrome et fantomatique du drapeau, entièrement en tons de blanc et de cire. L'image patriotique devient une méditation silencieuse sur la surface.
Grille de chiffres de 0 à 9 répétés et peints à l'encaustique. Johns transforme un système ordinaire en composition picturale.
Trois drapeaux de tailles décroissantes superposés en relief vers le spectateur. Acquis par le Whitney Museum pour un prix record en 1980.
Carte des États-Unis recouverte de touches colorées et du nom des États au pochoir. Une image scolaire familière devenue grand tableau gestuel.
Deux canettes de bière moulées en bronze et peintes à la main. Sculpture-clé qui brouille la limite entre objet banal et œuvre d'art.
Anecdotes
En 1954, Jasper Johns raconte avoir rêvé qu'il peignait un grand drapeau américain. Le lendemain, il achète le matériel et se met au travail : ce tableau, simplement intitulé « Flag », deviendra l'une des images les plus célèbres de l'art du 20e siècle.
Johns ne peint pas ses drapeaux à l'huile classique mais à l'encaustique, une technique antique où le pigment est mélangé à de la cire chaude. La cire fige presque instantanément, ce qui lui permet de superposer les couches et de garder visible chaque coup de pinceau, comme une mosaïque colorée.
Vers 1955, Johns décide de détruire presque toutes ses œuvres antérieures pour repartir de zéro. Il ne voulait être influencé par personne et cherchait à devenir, selon ses mots, un artiste qui invente sa propre voie plutôt qu'un imitateur.
Johns aimait peindre des choses « que l'esprit connaît déjà » : drapeaux, cibles, chiffres, lettres de l'alphabet. En choisissant des images ultra-familières, il forçait le spectateur à regarder non pas le sujet, mais la peinture elle-même.
En 2011, le président Barack Obama remet à Jasper Johns la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Il était le premier peintre à la recevoir depuis Alexander Calder en 1977.
Sources primaires
Prends un objet. Fais-en quelque chose. Fais-en autre chose.
Utiliser le drapeau m'a évité d'avoir à concevoir l'image. J'ai donc pu travailler à d'autres niveaux.
Une nuit, j'ai rêvé que je peignais un grand drapeau américain, et le lendemain matin je me suis levé et je suis allé acheter le matériel pour le commencer.
Lieux clés
Ville du sud des États-Unis où Jasper Johns naît en 1930. Il passe son enfance en Caroline du Sud, chez des proches.
Capitale de l'art d'après-guerre où Johns s'installe et développe son œuvre. Il y rencontre Rauschenberg et expose chez Leo Castelli.
Galerie qui révèle Johns en 1958 lors de sa première exposition personnelle, un succès retentissant. Castelli devient le marchand des grands noms du Pop Art.
Pays où Johns est en partie stationné durant son service militaire pendant la guerre de Corée. Il y développera plus tard un goût durable pour l'art japonais.
Région rurale du nord-est américain où Johns installe un atelier et réside une grande partie de sa vie d'artiste. Le calme de la campagne nourrit son travail.
Objets typiques

Mélange de pigments et de cire d'abeille chauffée que Johns applique au pinceau. La cire fige vite et fixe chaque touche, donnant à ses surfaces un relief épais et tactile.

Motif central de l'œuvre de Johns dès 1954. Il en fait un objet de peinture neutre et familier, ni patriotique ni critique, pour mieux interroger le regard.

Disque concentrique emprunté au tir à l'arc et au stand de tir, repris par Johns comme image plate et reconnaissable. La cible appelle le regard tout en restant un pur motif.

Gabarits de papeterie que Johns utilise pour tracer chiffres et lettres standardisés. Il en fait des compositions répétitives qui jouent sur l'ordre et le hasard.

Johns coule en bronze des objets banals comme des canettes de bière ou des pinceaux dans un pot, puis les peint pour imiter le réel. Ces sculptures interrogent la frontière entre objet ordinaire et œuvre d'art.

À partir des années 1960, Johns devient un graveur majeur, multipliant lithographies et eaux-fortes. La gravure lui permet de reprendre et varier ses motifs en séries.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Artiste discret et méthodique, Johns aime travailler tôt dans le calme de son atelier. Il commence souvent par observer longuement ses toiles en cours avant de toucher au pinceau, car il accorde une grande importance à la réflexion.
Après-midi
L'après-midi est consacré au travail proprement dit : préparer la cire chaude pour l'encaustique, tracer des motifs au pochoir ou graver des plaques. Johns retravaille longuement chaque œuvre, par couches successives.
Soir
Le soir, Johns fréquente le milieu artistique new-yorkais des années 1950-60, croisant Rauschenberg, le compositeur John Cage et le chorégraphe Merce Cunningham. Ces amitiés nourrissent profondément ses idées sur l'art.
Alimentation
Johns partage l'alimentation courante de l'Amérique urbaine du 20e siècle, des dîners simples aux repas pris dans les cafés et restaurants de New York. Sa vie d'atelier laisse peu de place aux excès.
Vêtements
Discret et peu porté sur le paraître, Johns s'habille sobrement, en tenue d'atelier pratique pour peindre. Sur les photographies, il apparaît souvent en chemise simple, loin de toute extravagance.
Habitat
Il vit et travaille dans de vastes ateliers, d'abord à New York puis à la campagne dans le Connecticut et plus tard sur une île des Caraïbes. L'espace de l'atelier, lumineux et dépouillé, est au centre de son existence.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Flag (Drapeau)
1954-1955
White Flag (Drapeau blanc)
1955
Numbers in Color (Chiffres en couleur)
1958-1959
Three Flags (Trois drapeaux)
1958






