Jean-Baptiste Chardin(1699 — 1779)
Jean Siméon Chardin
France
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Jean Siméon Chardin (1699-1779) est un peintre français du XVIIIe siècle, maître de la nature morte et des scènes de genre. À rebours de la peinture rococo de son temps, il célèbre la vie domestique et les objets du quotidien avec une touche subtile et un sens rare de la lumière.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« On se sert des couleurs, mais on peint avec le sentiment.»
Faits marquants
- Né à Paris en 1699 dans une famille d'artisans menuisiers
- Reçu à l'Académie royale de peinture en 1728 grâce à 'La Raie'
- Spécialisé dans la nature morte et les scènes de genre (Le Bénédicité, La Pourvoyeuse)
- Nommé trésorier de l'Académie royale en 1755 et logé au Louvre
- Mort à Paris en 1779, redécouvert au XIXe siècle par les Goncourt
Œuvres & réalisations
Nature morte saisissante d'un poisson éventré, accompagné d'un chat et d'ustensiles. Morceau de réception qui ouvre à Chardin les portes de l'Académie en 1728.
Jeune garçon absorbé par la construction d'un fragile édifice de cartes. Image emblématique de la concentration enfantine et de la vanité des choses.
Portrait d'un enfant fixant une toupie qui tourne. Chef-d'œuvre où le temps semble suspendu par le jeu.
Servante posant ses pains au retour des courses, dans un intérieur sobre. Hommage à la dignité des gestes quotidiens.
Mère apprenant à ses enfants la prière du repas. Offert à Louis XV, il incarne la peinture de genre intime chère à Chardin.
Nature morte gourmande d'une brioche dorée surmontée d'une fleur d'oranger. Célébration des plaisirs simples de la table.
Pastel où le peintre âgé se représente coiffé d'un bonnet, lunettes sur le nez. Témoignage lucide et sans complaisance d'un maître vieillissant.
Anecdotes
En 1728, le jeune Chardin expose ses tableaux en plein air sur la place Dauphine, lors de l'« Exposition de la Jeunesse ». Le célèbre peintre Largillierre, croyant admirer des œuvres flamandes, est stupéfait d'apprendre qu'elles sont de ce parfait inconnu. Quelques mois plus tard, Chardin est reçu à l'Académie royale de peinture grâce à sa « Raie ».
Chardin peignait avec une lenteur extrême et superposait patiemment de minuscules touches de couleur. Vu de près, ses tableaux semblent un brouillon de taches ; il faut reculer de quelques pas pour que les objets prennent vie. Le philosophe Diderot, émerveillé, s'écriait qu'on « n'entendait rien à cette magie ».
À la fin de sa vie, sa vue baisse et les vapeurs de la peinture à l'huile l'incommodent. Vers 1771, il se met alors au pastel et réalise des autoportraits saisissants, coiffé d'un bonnet et d'une visière, le nez chaussé de bésicles : à plus de 70 ans, il s'y représente sans flatterie, tel qu'il est.
Chardin logeait au palais du Louvre, où le roi accordait des ateliers à des artistes. Pendant des années, il y fut aussi « tapissier » du Salon : c'est lui qui décidait de l'accrochage des tableaux dans le Salon carré, une tâche délicate où chacun voulait la meilleure place.
En 1740, Chardin est présenté à Louis XV à Versailles et lui offre deux scènes de genre, dont « Le Bénédicité », qui montre une mère apprenant à ses enfants à dire la prière avant le repas. Le roi des fastes du château accueille ainsi dans ses collections de modestes scènes de la vie quotidienne bourgeoise.
Sources primaires
Ô Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile.
L'objet est dégoûtant, mais c'est la chair même du poisson, c'est sa peau, c'est son sang ; l'aspect même de la chose n'affecterait pas autrement.
Il travaillait avec une grande lenteur et ne se contentait jamais qu'après avoir rendu la vérité avec exactitude.
Lieux clés
Rue du quartier Saint-Germain-des-Prés où Chardin naît en 1699, dans la famille d'un maître menuisier. Il y passe sa jeunesse.
Institution installée au Louvre où Chardin est reçu en 1728, puis devient conseiller, trésorier et tapissier. Elle régit la carrière des artistes du royaume.
Grande salle du Louvre où se tenait le Salon, exposition publique des œuvres de l'Académie. Chardin y présenta ses tableaux et en organisa l'accrochage.
Appartement-atelier que le roi accorde à Chardin au sein du palais du Louvre. Il y travaille et y meurt en 1779.
Résidence royale où Chardin est présenté à Louis XV en 1740 et lui offre deux scènes de genre. Le roi acquiert ainsi des œuvres du peintre.






