Jean Lafitte(1776 — 1826)

Jean Lafitte

États-Unis

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MilitaireÉconomieXIXe siècleDébut du XIXe siècle, à l'époque de la jeune république américaine et de la fin de l'ère napoléonienne, dans un golfe du Mexique encore marqué par la flibuste et la contrebande.

Corsaire et contrebandier français installé dans le golfe du Mexique au début du XIXe siècle. Chef de la communauté de flibustiers de Barataria, près de La Nouvelle-Orléans, il prêta main-forte aux Américains lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815.

Questions fréquentes

Jean Lafitte (1776-1826) était un corsaire et contrebandier français installé dans le golfe du Mexique au début du XIXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'était pas un simple pirate : il dirigeait une communauté de flibustiers à Barataria, près de La Nouvelle-Orléans, et a joué un rôle clé dans la défense des États-Unis lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815. Sa légende tient à ce double visage de hors-la-loi et de héros patriotique, ce qui en fait une figure fascinante de l'histoire américaine.

Faits marquants

  • Vers 1810, il dirige la communauté de contrebandiers et flibustiers de Barataria, au sud de La Nouvelle-Orléans
  • En 1814, il refuse l'offre britannique et propose ses services aux Américains
  • En janvier 1815, ses hommes contribuent à la victoire d'Andrew Jackson à la bataille de La Nouvelle-Orléans
  • Vers 1817, il fonde un nouvel établissement de flibustiers à Galveston (Campeche), au Texas
  • Il disparaît vers 1823, dans des circonstances incertaines, en mer des Caraïbes

Œuvres & réalisations

Réseau de contrebande de Barataria (vers 1810-1814)

Organisation d'une vaste communauté de flibustiers et d'un trafic de marchandises qui approvisionnait clandestinement toute la région de La Nouvelle-Orléans.

Ralliement à la défense de La Nouvelle-Orléans (1814-1815)

Refus de l'offre britannique et mise à disposition d'hommes, de canons, de poudre et de pierres à fusil au profit du général Jackson.

Participation à la bataille de La Nouvelle-Orléans (8 janvier 1815)

Service de l'artillerie par les Baratariens lors d'une victoire qui marqua la fin de la guerre de 1812 et l'entrée de Lafitte dans la légende américaine.

Fondation de la colonie de Campeche (Galveston) (vers 1817)

Création d'une base corsaire semi-autonome sur la côte texane, opérant sous lettres de marque contre les navires espagnols.

Anecdotes

En septembre 1814, des officiers britanniques accostèrent à Barataria et offrirent à Lafitte 30 000 dollars et un grade de capitaine dans la Royal Navy s'il les aidait à s'emparer de La Nouvelle-Orléans. Plutôt que d'accepter, il fit traîner les négociations, puis transmit les documents britanniques aux autorités américaines en proposant ses services contre l'amnistie de ses hommes.

Quelques jours seulement après l'offre britannique, la marine américaine du commodore Daniel Patterson attaqua par surprise la base de Barataria, saisissant navires et marchandises de contrebande. Ironie de l'histoire : Lafitte allait bientôt combattre aux côtés de ceux qui venaient de le ruiner.

Lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans, le 8 janvier 1815, les artilleurs baratariens servirent plusieurs batteries de canons avec une précision redoutable. Le général Andrew Jackson, qui les avait d'abord qualifiés de « bandits », loua ensuite leur bravoure et obtint pour eux la grâce du président Madison.

Le gouverneur Claiborne avait mis la tête de Lafitte à prix pour 500 dollars. Selon une tradition tenace, le contrebandier riposta en faisant placarder des affiches promettant 1 500 dollars à qui lui livrerait… le gouverneur lui-même — une anecdote savoureuse dont les historiens discutent encore l'authenticité.

Après la guerre, Lafitte fonda une colonie de corsaires à Galveston, qu'il rebaptisa Campeche. On a depuis établi que lui et son frère Pierre furent aussi des informateurs payés par l'Espagne, transmettant des renseignements sous un nom de code chiffré.

Sources primaires

Lettre de Jean Lafitte au gouverneur W. C. C. Claiborne (septembre 1814)
Je suis l'enfant égaré qui désire rentrer au bercail. Je vous offre de défendre la Louisiane si l'on consent à oublier mes fautes passées.
Proclamation de grâce du président James Madison aux Baratariens (6 février 1815)
Considérant les services rendus à la défense de La Nouvelle-Orléans, j'accorde un pardon plein et entier à ceux qui ont pris les armes pour la patrie.
Arsène Lacarrière Latour, Mémoire historique sur la guerre en Floride occidentale et en Louisiane (1816)
Les hommes de Barataria, habiles à servir l'artillerie, contribuèrent puissamment au succès de nos batteries durant la défense de la ville.
Ordre général du général Andrew Jackson à ses troupes (janvier 1815)
Les Baratariens, naguère poursuivis par la loi, se sont conduits en braves et ont mérité la reconnaissance de leur pays d'adoption.

Lieux clés

Barataria (île de Grande-Terre)

Repaire des flibustiers de Lafitte, au cœur des bayous et lagunes au sud de La Nouvelle-Orléans. Un labyrinthe d'eau idéal pour cacher navires et marchandises.

La Nouvelle-Orléans

Grand port de Louisiane et débouché de la contrebande baratarienne, défendu par Lafitte et Jackson en 1815.

Champ de bataille de Chalmette

Plaine en aval de la ville où se déroula la bataille de La Nouvelle-Orléans le 8 janvier 1815, avec la participation décisive des artilleurs baratariens.

Galveston (Campeche)

Île de la côte texane où Lafitte fonda vers 1817 une nouvelle colonie de corsaires, abandonnée et incendiée en 1821 sous la pression américaine.

Golfe du Honduras

Zone des Caraïbes occidentales où Lafitte aurait trouvé la mort lors d'un combat naval vers 1823, selon les sources les plus admises.

Voir aussi