Corsaire et contrebandier français installé dans le golfe du Mexique au début du XIXe siècle. Chef de la communauté de flibustiers de Barataria, près de La Nouvelle-Orléans, il prêta main-forte aux Américains lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815.
Jean Lafitte(1776 — 1826)
Jean Lafitte
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1810, il dirige la communauté de contrebandiers et flibustiers de Barataria, au sud de La Nouvelle-Orléans
- En 1814, il refuse l'offre britannique et propose ses services aux Américains
- En janvier 1815, ses hommes contribuent à la victoire d'Andrew Jackson à la bataille de La Nouvelle-Orléans
- Vers 1817, il fonde un nouvel établissement de flibustiers à Galveston (Campeche), au Texas
- Il disparaît vers 1823, dans des circonstances incertaines, en mer des Caraïbes
Œuvres & réalisations
Organisation d'une vaste communauté de flibustiers et d'un trafic de marchandises qui approvisionnait clandestinement toute la région de La Nouvelle-Orléans.
Refus de l'offre britannique et mise à disposition d'hommes, de canons, de poudre et de pierres à fusil au profit du général Jackson.
Service de l'artillerie par les Baratariens lors d'une victoire qui marqua la fin de la guerre de 1812 et l'entrée de Lafitte dans la légende américaine.
Création d'une base corsaire semi-autonome sur la côte texane, opérant sous lettres de marque contre les navires espagnols.
Anecdotes
En septembre 1814, des officiers britanniques accostèrent à Barataria et offrirent à Lafitte 30 000 dollars et un grade de capitaine dans la Royal Navy s'il les aidait à s'emparer de La Nouvelle-Orléans. Plutôt que d'accepter, il fit traîner les négociations, puis transmit les documents britanniques aux autorités américaines en proposant ses services contre l'amnistie de ses hommes.
Quelques jours seulement après l'offre britannique, la marine américaine du commodore Daniel Patterson attaqua par surprise la base de Barataria, saisissant navires et marchandises de contrebande. Ironie de l'histoire : Lafitte allait bientôt combattre aux côtés de ceux qui venaient de le ruiner.
Lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans, le 8 janvier 1815, les artilleurs baratariens servirent plusieurs batteries de canons avec une précision redoutable. Le général Andrew Jackson, qui les avait d'abord qualifiés de « bandits », loua ensuite leur bravoure et obtint pour eux la grâce du président Madison.
Le gouverneur Claiborne avait mis la tête de Lafitte à prix pour 500 dollars. Selon une tradition tenace, le contrebandier riposta en faisant placarder des affiches promettant 1 500 dollars à qui lui livrerait… le gouverneur lui-même — une anecdote savoureuse dont les historiens discutent encore l'authenticité.
Après la guerre, Lafitte fonda une colonie de corsaires à Galveston, qu'il rebaptisa Campeche. On a depuis établi que lui et son frère Pierre furent aussi des informateurs payés par l'Espagne, transmettant des renseignements sous un nom de code chiffré.
Sources primaires
Je suis l'enfant égaré qui désire rentrer au bercail. Je vous offre de défendre la Louisiane si l'on consent à oublier mes fautes passées.
Considérant les services rendus à la défense de La Nouvelle-Orléans, j'accorde un pardon plein et entier à ceux qui ont pris les armes pour la patrie.
Les hommes de Barataria, habiles à servir l'artillerie, contribuèrent puissamment au succès de nos batteries durant la défense de la ville.
Les Baratariens, naguère poursuivis par la loi, se sont conduits en braves et ont mérité la reconnaissance de leur pays d'adoption.
Lieux clés
Repaire des flibustiers de Lafitte, au cœur des bayous et lagunes au sud de La Nouvelle-Orléans. Un labyrinthe d'eau idéal pour cacher navires et marchandises.
Grand port de Louisiane et débouché de la contrebande baratarienne, défendu par Lafitte et Jackson en 1815.
Plaine en aval de la ville où se déroula la bataille de La Nouvelle-Orléans le 8 janvier 1815, avec la participation décisive des artilleurs baratariens.
Île de la côte texane où Lafitte fonda vers 1817 une nouvelle colonie de corsaires, abandonnée et incendiée en 1821 sous la pression américaine.
Zone des Caraïbes occidentales où Lafitte aurait trouvé la mort lors d'un combat naval vers 1823, selon les sources les plus admises.
Objets typiques

Document officiel délivré par un État (ici Carthagène) autorisant un capitaine à attaquer les navires ennemis. Elle distinguait, en théorie, le corsaire du pirate hors-la-loi.

Voilier léger et rapide à deux mâts, prisé des corsaires pour sa manœuvrabilité dans les eaux peu profondes du golfe du Mexique.

Pièce d'artillerie servie par les artilleurs baratariens lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans. Leur savoir-faire au canon fit forte impression.

Petit éclat de silex indispensable pour faire feu avec les fusils à platine. Lafitte en fournit des milliers à l'armée américaine, alors cruellement à court de munitions.

Lame courte et solide à un seul tranchant, conçue pour le combat rapproché sur le pont encombré d'un navire.

Drapeau de la jeune République de Carthagène (actuelle Colombie) arboré par les navires de Lafitte pour donner un cadre légal à leurs prises contre l'Espagne.

Barriques et caisses de marchandises (tissus, vins, café) écoulées en fraude pour échapper aux droits de douane, base de la fortune baratarienne.
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Vie quotidienne
Matin
À Barataria, la journée commençait tôt, au rythme des marées. Lafitte inspectait les navires à l'ancre, recevait capitaines et marins, et organisait le tri du butin rapporté lors des dernières prises.
Après-midi
L'après-midi se passait souvent à négocier : vente discrète de marchandises de contrebande à des marchands venus de La Nouvelle-Orléans, règlement des parts entre les hommes, et entretien de réseaux d'informateurs et de complicités.
Soir
Le soir, les flibustiers se retrouvaient autour de tablées animées, jeux et chansons. Lafitte, réputé courtois et soigné, savait aussi entretenir des relations dans les salons de la ville lorsqu'il s'y rendait.
Alimentation
L'alimentation tirait parti du golfe : poissons, crevettes, huîtres et gibier des bayous, complétés par le riz, les fruits et le café issus du commerce. Vins et rhum, souvent de contrebande, accompagnaient les repas.
Vêtements
Contrairement au pirate dépenaillé de la légende, Lafitte soignait sa mise : redingote sombre, chemise de lin, bottes et chapeau, à la mode des notables du début du XIXe siècle, ce qui facilitait ses entrées en ville.
Habitat
À Barataria, on vivait dans des cabanes de bois et des entrepôts dressés sur les îles basses et marécageuses. À La Nouvelle-Orléans, les frères Lafitte disposaient de pied-à-terre, dont une forge servant, dit-on, de couverture à leurs affaires.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Réseau de contrebande de Barataria
vers 1810-1814
Ralliement à la défense de La Nouvelle-Orléans
1814-1815
Participation à la bataille de La Nouvelle-Orléans
8 janvier 1815





