Jean-Pierre Melville, de son vrai nom Jean-Pierre Grumbach, est un cinéaste français, figure majeure du film noir et du polar à la française. Indépendant et précurseur, il a profondément influencé la Nouvelle Vague.
Jean-Pierre Melville(1917 — 1973)
Jean-Pierre Melville
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1917 à Paris sous le nom de Jean-Pierre Grumbach, mort en 1973
- Engagé volontaire pendant la Seconde Guerre mondiale et résistant, il adopte le pseudonyme « Melville » en hommage à l'écrivain américain Herman Melville
- Réalise « Le Silence de la mer » (1949), adaptation du roman de Vercors sur la Résistance
- Tourne « Le Samouraï » (1967) avec Alain Delon, film culte du polar minimaliste
- Crée ses propres studios rue Jenner à Paris, symbole de son indépendance vis-à-vis du système
Œuvres & réalisations
Premier long métrage marquant, adapté de Vercors, tourné en quasi-clandestinité ; il impose Melville comme un cinéaste indépendant et exigeant.
Adaptation du roman de Jean Cocteau, qui collabora au scénario ; une œuvre intense sur l'enfance et l'enfermement affectif.
Polar parisien tourné dans Montmartre et Pigalle, souvent cité comme une préfiguration directe de la Nouvelle Vague.
Film noir avec Jean-Paul Belmondo, exploration du mensonge et de la loyauté dans le milieu, au titre emprunté à l'argot.
Avec Lino Ventura, sommet du polar melvillien centré sur l'honneur et la trahison entre truands.
Avec Alain Delon en tueur solitaire et silencieux, film culte au style épuré qui a influencé le cinéma mondial.
Hommage à la Résistance, nourri de sa propre expérience de combattant, considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre.
Grand succès réunissant Delon, Bourvil et Montand autour d'un casse minutieux ; sommet de sa maîtrise formelle.
Anecdotes
Né Jean-Pierre Grumbach, le cinéaste choisit le pseudonyme « Melville » par admiration pour l'écrivain américain Herman Melville, l'auteur de Moby Dick. Passionné de littérature et de cinéma des États-Unis, il signa toute sa carrière de ce nom d'emprunt.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Grumbach, issu d'une famille juive alsacienne, rejoint la Résistance puis les Forces françaises libres. Il participe à la campagne d'Italie et au débarquement de Provence en 1944 : cette expérience nourrira plus tard son film L'Armée des ombres.
Refusant les contraintes des grandes maisons de production, Melville crée à Paris ses propres Studios Jenner, rue Jenner. En 1967, un incendie ravage ce lieu où il tournait et conservait ses archives, détruisant une partie de son matériel et de ses pellicules.
En 1960, le jeune Jean-Luc Godard lui offre un petit rôle dans À bout de souffle : Melville y incarne un écrivain célèbre, Parvulesco. À la question d'une journaliste sur sa plus grande ambition, il répond, malicieux : « Devenir immortel… et puis mourir. »
Melville cultivait un look immédiatement reconnaissable, à l'image de ses héros de polar : grand chapeau Stetson, lunettes noires Ray-Ban et goût pour les grosses voitures américaines. Cette élégance froide est devenue la marque de fabrique de son cinéma.
Sources primaires
Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï, si ce n'est celle d'un tigre dans la jungle… peut-être.
— Quelle est votre plus grande ambition dans la vie ? — Devenir immortel, et puis mourir.
Livre d'entretiens où Melville détaille sa méthode, son admiration pour le cinéma américain et sa conception du film policier comme tragédie de la solitude.
Récit clandestin de la Résistance que Melville porte à l'écran, mettant en scène le silence d'un vieil homme et de sa nièce face à un officier allemand logé chez eux.
Lieux clés
Ville natale de Melville et lieu de sa mort, où il a vécu et travaillé toute sa vie. Ses films y déploient un Paris nocturne et stylisé, presque irréel.
Studio de tournage que Melville fonda et exploita lui-même pour rester indépendant. Un incendie y causa de gros dégâts en 1967.
Région où Melville, engagé dans les Forces françaises libres, participe au débarquement allié et à la libération du Sud de la France.
Étape de son engagement dans la France libre durant la guerre, où se rassemblaient les volontaires ralliés à la lutte contre l'occupant.
Ville du Festival international du film, vitrine du cinéma d'auteur où s'est forgée la reconnaissance critique de Melville.
Objets typiques

Large feutre américain que Melville portait en permanence et qu'il imposa à nombre de ses personnages. Devenu le symbole de son élégance froide et de l'univers du film noir.

Lunettes de soleil sombres dont Melville ne se séparait presque jamais, jusqu'à les porter en intérieur. Elles renforçaient son image de mystère et celle de ses héros impassibles.

Le trench-coat clair, porté notamment par Alain Delon dans Le Samouraï, est l'uniforme du tueur solitaire melvillien. Il incarne la silhouette anonyme et inquiétante du polar.

Outil central de son travail, qu'il maniait en artisan indépendant dans ses propres studios. Melville soignait chaque cadre avec une rigueur quasi obsessionnelle.

Arme récurrente de ses films policiers, manipulée par des gangsters et des flics tiraillés par un code d'honneur. Chez Melville, l'arme dit la fatalité plus que la violence gratuite.

Melville vouait une passion aux automobiles américaines, reflet de son amour pour les États-Unis et leur cinéma. Les véhicules occupent une place importante dans la mise en scène de ses polars.
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Vie quotidienne
Matin
Plutôt noctambule, Melville se levait tard et consacrait ses débuts de journée à la lecture de scénarios et au repérage de ses projets. Il aimait téléphoner longuement à ses collaborateurs pour préparer le travail à venir.
Après-midi
Une grande partie de ses après-midis se passait dans ses Studios Jenner, où il dirigeait tournages, montages et essais lumière. Cinéaste-artisan, il contrôlait personnellement chaque détail de la fabrication de ses films.
Soir
Le soir, il prolongeait souvent le travail tard dans la nuit, projetant des films, notamment américains, dont il était un fervent amateur. Le polar nocturne qu'il filmait reflétait son propre rythme de vie.
Alimentation
Comme beaucoup de Parisiens de son époque, il prenait ses repas au gré du travail, souvent dans des brasseries ou sur le pouce entre deux scènes. Le café et les cigarettes accompagnaient ses longues journées de tournage.
Vêtements
Son allure était devenue légendaire : grand chapeau Stetson, lunettes noires, manteau ou imperméable clair. Il cultivait une élégance américaine et sobre, à l'image des héros de ses films.
Habitat
Il vivait et travaillait à Paris, au plus près de ses Studios Jenner qui formaient le cœur de son univers. Cet ancrage parisien, entre appartement et studio, structurait toute son existence d'auteur indépendant.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Silence de la mer
1949
Les Enfants terribles
1950
Bob le flambeur
1956
Le Deuxième Souffle
1966
L'Armée des ombres
1969






