Retour à Jeanne Duval
La table bohème franco-créole
Jeanne Duval mange entre deux mondes. D'un côté, l'ordinaire frugal des artistes du Quartier Latin : on attrape ce qu'on peut dans les gargotes, on partage une soupe et du pain au comptoir, et quand l'argent rentre, on s'offre un vrai dîner arrosé. De l'autre, la mémoire des Îles : les saveurs sucrées et épicées de la cuisine créole, le rhum, la noix de coco, le giraumon. Il n'y a pas d'entrée-plat-dessert ici, mais un rythme de débrouille et de fête : le bouillon qui tient au corps les jours maigres, le festin offert les bons soirs, la douceur et la boisson qui rappellent l'enfance ensoleillée.
Signature : Le rhum et le giraumon des Îles
Si une saveur signe la part haïtienne de Jeanne, c'est le mariage du rhum chaud et épicé (cannelle, muscade, zeste de citron vert) et de la chair orangée du giraumon, ce potiron antillais qui parfume les soupes créoles. Deux fils qui relient la muse parisienne à une enfance présumée sous le soleil de Saint-Domingue.

Jeanne Duval à table

1820 — 1868

5 recettes d’époque