La carte de Jeanne Duval
Le pain quotidien du comptoir — l'ordinaire des gargotes

Le bouillon de gargote au bœuf bouilli

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile3 h

Un pot-au-feu du pauvre : un morceau de bœuf à bouillir mijoté longuement avec quelques légumes-racines, dont on tire d'abord un bouillon réconfortant servi sur du pain rassis, puis la viande comme second service. Rien ne se perd, tout nourrit.

Le pain quotidien du comptoir — l'ordinaire des gargotes

Un pot-au-feu du pauvre : un morceau de bœuf à bouillir mijoté longuement avec quelques légumes-racines, dont on tire d'abord un bouillon réconfortant servi sur du pain rassis, puis la viande comme second service. Rien ne se perd, tout nourrit.

Va, je ne te ferai pas honte avec des manières : quand la bourse est plate, on tient au corps avec ce qu'on a. Je demandais au gargotier un grand bol de son bouillon, j'y trempais le pain de la veille, et crois-moi, par les soirs d'hiver de l'Île Saint-Louis, cela vous réchauffe mieux qu'un madrigal. La viande, on la gardait pour après, avec un peu de gros sel — c'était deux repas dans une seule marmite, et l'on s'en contentait fort bien.
Jeanne Duval
Ingrédients
  • Gîte de bœuf à bouillirun bon morceau (viande et fond du bouillon)
  • Poireaux, carottes, navetce qu'on trouve au marché (légumes du pot)
  • Oignon piqué d'un clou de girofleun (parfum)
  • Pain rassisquelques tranches (support du bouillon)
  • Gros selselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Dans le Paris du Second Empire, le pot-au-feu est le repas-roi des petites gens : on tirait d'abord le bouillon (vendu à part dans les bouillons et gargotes populaires), puis on mangeait le 'bouilli'. Les artistes désargentés vivaient de ces tables d'hôte à prix fixe, où l'on s'asseyait coude à coude.
Sources : Louis-Eustache Audot, La Cuisinière de la campagne et de la ville (rééditions XIXe s.)