John Steinbeck(1902 — 1968)

John Steinbeck

États-Unis

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)JournalisteXXe sièclePremière moitié du XXe siècle américain, marquée par la Grande Dépression, le Dust Bowl et les bouleversements sociaux des années 1930.

Romancier américain né en 1902 en Californie, figure majeure de la littérature sociale du XXe siècle. Il dépeint les laissés-pour-compte de la Grande Dépression et reçoit le prix Nobel de littérature en 1962.

Questions fréquentes

John Steinbeck (1902-1968) est un romancier américain qui a donné une voix aux oubliés de la Grande Dépression. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne se contente pas de décrire la misère : il montre la dignité et la résistance des travailleurs migrants, des fermiers ruinés et des marginaux. Son chef-d'œuvre Les Raisins de la colère (1939) suit l'exode des « Okies » chassés par le Dust Bowl vers la Californie, et lui vaut le prix Pulitzer en 1940. En 1962, il reçoit le prix Nobel de littérature, preuve que son engagement social dépasse les frontières américaines.

Citations célèbres

« Le devoir de l'écrivain est de proclamer et de célébrer la capacité prouvée de l'homme à la grandeur de cœur et d'esprit.»

Faits marquants

  • Né le 27 février 1902 à Salinas, en Californie
  • Publie Des souris et des hommes en 1937
  • Reçoit le prix Pulitzer en 1940 pour Les Raisins de la colère (1939)
  • Obtient le prix Nobel de littérature en 1962
  • Mort le 20 décembre 1968 à New York

Œuvres & réalisations

Tortilla Flat (1935)

Premier grand succès de Steinbeck, qui dépeint avec tendresse et humour une bande de marginaux de Monterey.

Des souris et des hommes (1937)

Court roman sur deux ouvriers agricoles itinérants rêvant d'une ferme à eux. Devenu un classique étudié dans le monde entier.

Les Raisins de la colère (1939)

Chef-d'œuvre suivant l'exode d'une famille de fermiers ruinés vers la Californie. Prix Pulitzer 1940 et symbole de la Grande Dépression.

La Perle (1947)

Conte moral sur un pauvre pêcheur dont la découverte d'une perle précieuse attire le malheur. Récit bref et universel.

Rue de la sardine (Cannery Row) (1945)

Tableau chaleureux et poétique du quartier des conserveries de Monterey et de ses habitants pauvres mais libres.

À l'est d'Éden (1952)

Vaste saga familiale dans la vallée de Salinas, relecture du récit biblique de Caïn et Abel. Steinbeck la jugeait son œuvre la plus ambitieuse.

Voyage avec Charley (1962)

Récit de voyage à travers les États-Unis en compagnie de son chien. Portrait intime de l'Amérique des années 1960.

Anecdotes

Dans sa jeunesse, Steinbeck enchaîne les petits boulots : ouvrier agricole dans les ranchs de Californie, manœuvre dans une sucrerie, gardien de propriété. Ces années passées aux côtés des journaliers nourriront toute son œuvre sur les travailleurs pauvres.

En 1939, son roman « Les Raisins de la colère » provoque un tel scandale qu'il est interdit et même brûlé publiquement dans le comté de Kern, en Californie, où se déroule l'histoire. Les gros propriétaires terriens accusaient Steinbeck de mensonge et de propagande communiste.

En 1960, à près de 58 ans, Steinbeck traverse les États-Unis dans un pick-up aménagé qu'il baptise « Rossinante », du nom du cheval de Don Quichotte. Pour seule compagnie, il emmène son caniche français, Charley, et raconte ce périple dans « Voyage avec Charley ».

Le titre « Des souris et des hommes » vient d'un poème du Écossais Robert Burns : « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes tournent souvent mal. » Steinbeck choisit cette phrase pour annoncer dès le titre que le rêve des deux héros échouera.

Quand il reçoit le prix Nobel de littérature en 1962, Steinbeck doute lui-même de le mériter : interrogé par un journaliste pour savoir s'il pensait être un bon choix, il répond honnêtement « Franchement, non. »

Sources primaires

Les Raisins de la colère (1939)
Et les grandes compagnies ne savaient pas que la ligne entre la faim et la colère est très mince.
Des souris et des hommes (1937)
Un type qui a quelqu'un, qui s'occupe d'un autre, ça lui donne moins envie de plaquer là tout en bloc.
Discours de réception du prix Nobel (10 décembre 1962)
Je soutiens qu'un écrivain qui ne croit pas passionnément à la perfectibilité de l'homme n'a aucune vocation ni place dans la littérature.
Voyage avec Charley (1962)
Je découvris très tôt que l'on ne fait pas un voyage ; c'est le voyage qui vous fait.
Rue de la sardine (Cannery Row) (1945)
Cannery Row, à Monterey, en Californie, c'est un poème, une puanteur, un grincement, une lumière, un ton, une habitude, une nostalgie, un rêve.

Lieux clés

Salinas, Californie

Ville natale de Steinbeck, au cœur d'une riche vallée agricole. Elle inspire le décor de plusieurs de ses romans, dont « À l'est d'Éden ».

Monterey et Cannery Row, Californie

Port et quartier de conserveries de sardines de la côte californienne. Steinbeck y situe « Rue de la sardine » et « Tendre jeudi ».

Université Stanford, Californie

Steinbeck y suit des cours par intermittence dans les années 1920, sans jamais obtenir de diplôme. Il y nourrit son goût pour la littérature et la biologie.

Route 66

Grande route reliant le Middle West à la Californie, que Steinbeck surnomme la « route mère » dans « Les Raisins de la colère ». Les familles d'Okies l'empruntaient pour fuir le Dust Bowl.

Sag Harbor, État de New York

Petite ville côtière de Long Island où Steinbeck possède une maison dans ses dernières années. C'est de là qu'il part pour son « Voyage avec Charley ».

New York

Grande métropole où Steinbeck s'installe une partie de sa vie et où il meurt en 1968. La ville représente le pôle opposé à sa Californie natale.

Voir aussi