Guérillère métisse née en 1780 dans le Haut-Pérou (actuelle Bolivie), elle commanda des troupes indigènes contre les Espagnols lors des guerres d'indépendance. Surnommée « la Pachamama de la liberté », elle fut nommée lieutenant-colonelle par Simón Bolívar.
Juana Azurduy
Juana Azurduy de Padilla
Bolivie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1780 : naissance à Toroca, dans le Haut-Pérou (actuelle Bolivie)
- 1809-1816 : participe activement aux guerres d'indépendance en commandant des guérillas indigènes
- 1816 : reçoit le grade de lieutenant-colonelle des mains de Simón Bolívar en récompense de ses victoires
- 1825 : indépendance de la Bolivie, dont elle est considérée comme une héroïne nationale
- 1862 : mort dans la pauvreté à Sucre, Bolivie
Œuvres & réalisations
Juana Azurduy recruta, forma et commanda un corps de combattants indigènes surnommés les 'Leales', composé de plusieurs centaines d'hommes issus des communautés quechuas. Cette milice populaire fut l'une des forces de résistance les plus actives du Haut-Pérou.
Lors de cette bataille décisive, Juana chargea personnellement les lignes ennemies et s'empara du drapeau espagnol, acte qui valut une reconnaissance officielle du commandement patriote et renforça le moral des insurgés.
Pendant six ans, Juana mena une guerre d'usure contre les forces royalistes dans les montagnes du Haut-Pérou, coupant les lignes de ravitaillement et rendant le contrôle espagnol de la région précaire et coûteux.
Reconnaissance officielle par le Libertador Simon Bolívar de l'ensemble de sa carrière militaire, faisant d'elle l'une des très rares femmes à recevoir un grade d'officier supérieur dans les armées de l'indépendance sud-américaine.
Anecdotes
Lors de la bataille de Pintatora en mai 1816, Juana Azurduy, enceinte de plusieurs mois, chevaucha à la tête de ses troupes et s'empara personnellement du drapeau ennemi espagnol. Elle accoucha quelques jours après la victoire, illustrant un courage qui devint légendaire parmi les insurgés du Haut-Pérou.
Après la capture et l'exécution de son mari Manuel Asencio Padilla en 1816, Juana ne se rendit pas. Elle continua le combat avec leurs enfants qu'elle emmenait parfois au camp, jusqu'à en perdre quatre sur cinq, morts de maladies et de privations liées à la guerre. Sa résistance personnelle symbolisa pour beaucoup la ténacité des peuples andins face à la colonisation.
Simón Bolívar lui aurait remis en personne le grade de lieutenant-colonelle de l'armée patriote en 1825, en hommage à ses quinze années de guérilla. Il l'aurait saluée comme une soldate plus valeureuse que lui-même — une formule qui, vraie ou embellie, mesure le prestige qu'elle avait acquis parmi les libérateurs du continent.
À la fin de sa vie, Juana Azurduy tomba dans un oubli presque total. Quand elle mourut en 1862 à Sucre, à l'âge de 82 ans, elle vivait dans une extrême pauvreté et fut enterrée dans une fosse commune. Ce n'est qu'au XXe siècle que l'Argentine et la Bolivie reconnurent officiellement son rôle en lui décernant des titres posthumes et en l'honorant sur des billets de banque et des monuments.
Sources primaires
En reconnaissance de ses services distingués rendus à la cause de l'indépendance, le général Simón Bolívar confère à Doña Juana Azurduy de Padilla le grade de lieutenant-colonelle de l'armée patriote.
La señora Azurduy et son époux tiennent tête aux royalistes dans les montagnes du Haut-Pérou avec une poignée d'hommes et une résolution qui force l'admiration. Je recommande qu'on leur envoie des munitions et des renforts sans délai.
Les guerrillas commandées par Padilla et son épouse ont harcelé les colonnes espagnoles sur les routes de Chuquisaca, rendant impossible tout ravitaillement régulier des forces royalistes dans la région.
Baptisée Juana, fille légitime de Matías Azurduy et de Eulalia Bermúdez, métisse, en la paroisse de Toroca, province de Chayanta, le douze juillet mil sept cent quatre-vingt.
Lieux clés
Village natal de Juana Azurduy, situé dans la province de Chayanta (actuel département de Potosí). C'est dans ce milieu rural andin qu'elle grandit au contact des populations quechuas.
Ville principale du Haut-Pérou colonial, foyer de la première junte d'indépendance en 1809. Juana y vécut une partie de sa vie et y mourut dans la pauvreté en 1862.
Centre minier le plus important de l'empire espagnol, dont l'argent finançait la couronne. Les inégalités extrêmes entre mineurs indigènes et élites coloniales alimentèrent les révoltes auxquelles participa Juana.
Région de guérilla principale de Juana et de son mari Manuel. Les défilés montagneux y permettaient des embuscades efficaces contre les colonnes royalistes plus lourdement équipées.
Site de la victoire emblématique de mai 1816, où Juana s'empara du drapeau ennemi. Cette bataille reste le moment le plus célèbre de sa carrière militaire.
Capitale des Provinces-Unies du Río de la Plata, dont dépendaient administrativement les guérilleros du Haut-Pérou. Le général Belgrano y rendit compte des exploits de Juana au gouvernement patriote.
Objets typiques

Arme principale des guérilleros à cheval, le sabre permettait les charges rapides dans les défilés andins. Juana Azurduy en portait un et s'en servait personnellement au combat, fait rare pour une femme de son époque.

Vêtement traditionnel des populations quechuas et aymaras, le poncho protégeait du froid des altitudes andines. Juana le portait pour se fondre parmi ses combattants indigènes et affirmer son appartenance à la communauté métisse.

Lors de la bataille de Pintatora en 1816, Juana s'empara en personne du drapeau royaliste espagnol, geste symbolique de grande valeur militaire et moral pour les troupes insurgées.

Arme à feu standard des forces patriotes au début du XIXe siècle, souvent récupérée sur les soldats espagnols. Les guérilleros du Haut-Pérou manquaient chroniquement de munitions et de poudre.
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Plante sacrée des Andes utilisée par les populations indigènes pour lutter contre la fatigue et le mal d'altitude. Indispensable lors des longues marches en montagne, elle était consommée quotidiennement par les combattants.

Juana Azurduy était réputée pour ses talents de cavalière hors pair. La maîtrise du cheval était essentielle dans la guérilla de montagne pour les déplacements rapides et les attaques surprises.
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Vie quotidienne
Matin
Juana se levait avant l'aube dans le camp de guérilla, souvent installé dans une grotte ou une cabane de pierre à haute altitude. Elle inspectait les sentinelles, vérifiait l'état des chevaux et tenait conseil avec ses capitaines quechuas pour planifier les mouvements du jour, mélangeant espagnol et quechua selon ses interlocuteurs.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux déplacements rapides à cheval dans les défilés andins, aux embuscades préparées sur les chemins muletiers empruntés par les convois espagnols, ou à l'entraînement des recrues indigènes au maniement des armes récupérées sur l'ennemi. Elle participait directement aux combats, ce qui était exceptionnel pour une femme de cette époque.
Soir
Le soir au camp, elle partagea le repas communautaire avec ses soldats — souvent de la chicha, du maïs, des pommes de terre bouillies et de la viande séchée de lama. Elle veillait à maintenir le moral des troupes, racontait les victoires passées et préparait mentalement les opérations du lendemain, parfois en portant un de ses enfants sur le dos dans le style andin traditionnel.
Alimentation
L'alimentation en campagne reposait sur les ressources andines de base : pommes de terre (chuño déshydraté), maïs, quinoa, viande séchée de lama et d'alpaga, complétés par ce que les communautés indigènes locales pouvaient fournir. La coca en feuilles était mâchée quotidiennement pour lutter contre la fatigue et le mal d'altitude à plus de 3 000 mètres.
Vêtements
Juana portait un mélange pragmatique de vêtements militaires et andins : pantalon de cavalière, bottes de cuir, veste militaire sombre récupérée ou cousue à la façon des patriotes, et par-dessus un poncho ou un aguayo tissé aux couleurs vives des communautés quechuas. Elle portait souvent un chapeau à larges bords pour se protéger du soleil violent du haut plateau.
Habitat
Pendant les années de guérilla, Juana n'avait pas de domicile fixe. Elle vivait dans des abris temporaires — grottes naturelles, maisons de pierre abandonnées, campements dans la forêt de quebrada. Avant la guerre, elle vivait dans une maison de terre crue typique des bourgades andines, avec une cour intérieure, un foyer central et peu de mobilier.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style pictural épique inspiré de la peinture d'indépendance latino-américaine : palette de tons ocres et bruns des Andes, lumière dramatique de tempête, tenue mêlant uniforme militaire et tissage andin traditionnel.
Ambiance sonore
Ambiance sonore des Andes au début du XIXe siècle : vent des hauteurs, chevaux sur les chemins de pierre, camp de guérilleros indigènes avec instruments traditionnels andins, échos lointains des colonnes espagnoles.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Création et commandement des 'Leales'
1811-1816
Victoire de Pintatora et capture du drapeau royaliste
Mai 1816
Campagne de guérilla dans les vallées andines (1811-1817)
1811-1817
Grade de lieutenant-colonelle décerné par Bolívar
1825





