Philanthrope et modèle anglaise de l'époque victorienne, épouse de l'homme de lettres Leslie Stephen et mère de Virginia Woolf et Vanessa Bell. Engagée dans le soin aux malades et aux pauvres, elle a rédigé un manuel sur les soins infirmiers à domicile.
Julia Stephen(1846 — 1895)
Julia Prinsep Stephen
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît en 1846 en Inde britannique, dans une famille liée au milieu artistique et intellectuel anglais
- Épouse en secondes noces l'écrivain et critique Leslie Stephen en 1878
- Mère de Virginia Woolf et de la peintre Vanessa Bell, futures figures du groupe de Bloomsbury
- Rédige « Notes from Sick Rooms » (1883), guide pratique sur les soins aux malades à domicile
- Meurt en 1895 ; sa disparition provoque la première crise dépressive de Virginia Woolf, alors âgée de 13 ans
Œuvres & réalisations
Manuel pratique sur le soin des malades à domicile, fruit de son expérience de garde-malade. Réédité au XXe siècle, il témoigne du rôle des femmes dans la santé familiale.
Recueil de contes que Julia écrivit pour ses propres enfants, publiés bien plus tard. Ils révèlent son talent de conteuse au sein du foyer.
Courts textes dont une notice consacrée à sa tante Julia Margaret Cameron. Elle contribua aussi par ses idées aux travaux de son mari.
Visites régulières aux malades, aux mourants et aux nécessiteux de son entourage et au-delà. Cet engagement incarnait l'idéal victorien de la charité féminine.
Son visage inspira Edward Burne-Jones et fut immortalisé par les photographies de Julia Margaret Cameron. Elle devint une icône de la beauté victorienne.
Anecdotes
Avant son mariage avec Leslie Stephen, Julia avait épousé Herbert Duckworth, un avocat plein de promesses. Sa mort soudaine en 1870, après seulement trois ans de mariage, la laissa veuve à 24 ans avec trois enfants ; ce deuil profond marqua durablement son caractère et son sens du devoir.
Julia posa très jeune pour les peintres préraphaélites, amis de sa famille. Le célèbre artiste Edward Burne-Jones s'inspira de son visage pour plusieurs de ses tableaux, et sa tante, la photographe pionnière Julia Margaret Cameron, réalisa d'elle de superbes portraits.
En 1883, elle publia un petit manuel intitulé « Notes from Sick Rooms », nourri de sa longue expérience au chevet des malades de sa famille et des pauvres. Avec un humour discret, elle y consacre tout un passage aux miettes de pain dans le lit du malade, qu'elle qualifie de pires ennemies du repos.
Mère de huit enfants au total (issus de ses deux mariages et de celui de son second époux), Julia gérait une maisonnée immense à Hyde Park Gate, à Londres, tout en multipliant les visites aux malades à l'extérieur. Son épuisement permanent contribua sans doute à sa mort prématurée à 49 ans.
La disparition de Julia en 1895 bouleversa sa fille Virginia, alors âgée de 13 ans, et déclencha sa première grande crise nerveuse. Des années plus tard, Virginia Woolf donnera vie à sa mère à travers le personnage de Mrs Ramsay dans le roman « La Promenade au phare ».
Sources primaires
Among the number of small evils which haunt illness, the greatest, in the misery which it can cause, though the smallest in size, is crumbs.
The origin of most things has been decided on, but the origin of crumbs in bed has never excited sufficient attention.
She had the whole of the other sex under her protection; for reasons she could not explain, for their chivalry and valour.
She has haunted me... I could hear her voice, see her, imagine what she would do or say as I went about my day's doings.
Lieux clés
Ville de l'Empire des Indes où naquit Julia en 1846, sa famille faisant partie de l'élite anglo-indienne. Elle revint enfant en Angleterre.
Grande maison londonienne où Julia éleva sa nombreuse famille et où grandirent Virginia Woolf et Vanessa Bell. Cœur de la vie domestique et sociale des Stephen.
Maison de vacances où la famille passait ses étés au bord de la mer. Ses paysages inspireront plus tard « La Promenade au phare » de Virginia Woolf.
Lieu où vivait sa tante, la photographe Julia Margaret Cameron, et qui accueillait un cercle d'artistes et d'écrivains. Julia y posa pour de nombreux portraits.
Cimetière londonien où Julia fut inhumée après sa mort en 1895. Sa disparition plongea sa famille dans un long deuil.
Objets typiques

Petit livre pratique destiné aux femmes soignant leurs proches à domicile, rempli de conseils concrets sur le confort du patient. Julia en rédigea un, « Notes from Sick Rooms ».

Instrument permettant de mesurer la fièvre du malade, qui se généralisa dans les foyers victoriens aisés. Outil essentiel de la garde-malade à domicile.

Support de verre utilisé par les photographes du XIXe siècle pour fixer les portraits. La tante de Julia, Julia Margaret Cameron, l'employa pour ses célèbres clichés du visage de sa nièce.

Tenue féminine ajustée à la taille par un corset et complétée de jupons volumineux, symbole de l'« ange du foyer ». Julia, réputée pour sa beauté, fut souvent peinte dans de telles toilettes.

Service en porcelaine et théière utilisés lors du rituel du « afternoon tea », moment central de la vie sociale victorienne. La maîtresse de maison y recevait visiteurs et amis.

Matériel de correspondance indispensable à une femme de la haute société, qui entretenait famille, amis et œuvres de charité par courrier. Julia écrivait abondamment chaque jour.
Programmes scolaires
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Julia se levait tôt pour organiser sa vaste maisonnée : donner les instructions aux domestiques, surveiller le petit-déjeuner des enfants et les leçons. La gestion du foyer de Hyde Park Gate occupait déjà une grande part de sa matinée.
Après-midi
L'après-midi, elle sortait souvent rendre visite à des malades, des amis endeuillés ou des familles pauvres qu'elle assistait. Elle pouvait aussi recevoir le « afternoon tea » et tenir sa correspondance abondante.
Soir
Le soir réunissait la famille autour de Leslie Stephen, qui faisait parfois la lecture à voix haute. Julia veillait au coucher des plus jeunes et trouvait peu de temps pour le repos personnel.
Alimentation
L'alimentation d'un foyer bourgeois victorien comprenait viandes rôties, poissons, légumes bouillis, puddings et pâtisseries. Le thé accompagnait plusieurs moments de la journée, du petit-déjeuner au goûter.
Vêtements
Julia portait les robes longues et ajustées de la mode victorienne, taille serrée par un corset et jupes amples. Réputée pour sa beauté, elle adoptait des tenues sobres et élégantes, souvent sombres après ses deuils.
Habitat
La famille habitait une haute maison étroite sur plusieurs étages à Hyde Park Gate, au cœur de Londres, peuplée d'enfants et de domestiques. L'été, elle se retirait à Talland House, face à la mer en Cornouailles.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Notes from Sick Rooms
1883
Stories for Children (contes pour enfants)
années 1880
Essais et notices biographiques
années 1880-1890
Action philanthropique auprès des malades et des pauvres
années 1870-1890
Modèle des peintres préraphaélites et de la photographie
années 1860-1870






