Médecin et député républicain, Alphonse Baudin est mort le 3 décembre 1851 sur une barricade du faubourg Saint-Antoine en résistant au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Devenu martyr de la République, son procès en 1868 relança l'opposition républicaine au Second Empire.
Alphonse Baudin(1811 — 1851)
Alphonse Baudin
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 19 août 1811 à Nantua (Ain)
- Élu député républicain de l'Ain à l'Assemblée législative en 1849
- Tué le 3 décembre 1851 sur une barricade du faubourg Saint-Antoine en résistant au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
- Son tombeau au cimetière Montmartre devient un lieu de mémoire républicaine
- En 1868, le procès intenté à Gambetta pour avoir souscrit à la rénovation de sa tombe relance l'opposition républicaine au Second Empire
Œuvres & réalisations
Baudin obtint son doctorat en médecine à Paris et exerça comme praticien dans les milieux populaires, ce qui forgea sa sensibilité sociale et républicaine.
Élu à l'Assemblée législative dans les rangs de la Montagne, Baudin y défendit les droits des travailleurs et s'opposa aux lois réactionnaires limitant le suffrage universel et la liberté de la presse.
Baudin fut l'un des signataires de la proclamation appelant les citoyens à résister à Bonaparte. Il mit aussitôt ses actes en accord avec ses mots en montant sur la barricade du faubourg Saint-Antoine.
Par sa mort sur la barricade, Baudin créa involontairement un symbole durable : celui du républicain qui préfère mourir plutôt que d'accepter la tyrannie. Son exemple nourrit l'opposition au Second Empire pendant dix-huit ans.
Anecdotes
Le 3 décembre 1851, au lendemain du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, Baudin tente d'entraîner les ouvriers du faubourg Saint-Antoine à résister. Un travailleur lui lance avec mépris : 'On ne risque pas sa vie pour vingt-cinq francs !' — la solde journalière des députés. Baudin monte aussitôt sur la barricade et répond : 'Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs.' Quelques minutes plus tard, il est tué d'une balle. Cette phrase est devenue l'une des plus célèbres de la résistance républicaine au XIXe siècle.
Médecin de formation, Baudin exerçait dans les quartiers populaires de Paris avant d'entrer en politique. Élu député républicain de la Seine en 1849, il siégeait à la Montagne, le groupe de gauche de l'Assemblée législative. Il conciliait ainsi son engagement social de praticien et sa conviction républicaine de représentant du peuple.
En 1868, des républicains lancèrent une souscription pour ériger un monument à Baudin au cimetière du Père-Lachaise. Le gouvernement impérial, furieux, poursuivit les organisateurs en justice. Le jeune avocat Léon Gambetta prit leur défense et prononça un réquisitoire retentissant contre le Second Empire, qui le propulsa au premier rang de l'opposition républicaine. Ce procès 'Baudin' montra que le martyr continuait de hanter Napoléon III dix-sept ans après sa mort.
Baudin avait participé aux journées révolutionnaires de 1848 avec enthousiasme. Comme beaucoup de républicains de sa génération, il voyait dans la Deuxième République l'accomplissement des promesses de 1789. Son refus d'accepter le coup d'État du 2 décembre sans résistance armée était donc cohérent avec toute sa trajectoire politique : pour lui, laisser Bonaparte dissoudre l'Assemblée sans riposter, c'était trahir la République elle-même.
Sources primaires
Baudin, debout sur la barricade, criait aux soldats : 'Ne tirez pas ! Ce sont des frères !' Une balle l'atteignit à la tête. Il tomba sans pousser un cri.
Nous appelons en jugement les auteurs du coup d'État du 2 décembre ; nous allons vous demander compte des dix-huit ans de régime que vous avez imposé à la France.
Louis-Napoléon Bonaparte est traître à la République. Il est hors la loi. Tous les citoyens ont le devoir de lui résister par tous les moyens.
Le représentant Baudin a été tué sur une barricade de la rue Sainte-Marguerite. Son corps a été relevé et reconnu par plusieurs témoins.
Lieux clés
Ville natale d'Alphonse Baudin, dans le département de l'Ain. Cette cité de l'est de la France, marquée par les traditions républicaines, forma les convictions politiques du futur député.
C'est ici qu'Alphonse Baudin fut tué le 3 décembre 1851 en résistant au coup d'État. Ce quartier ouvrier de Paris était un foyer historique des insurrections populaires depuis la Révolution.
Siège de l'Assemblée législative où Baudin siégeait comme député républicain de la Seine de 1849 à 1851. C'est ici que Bonaparte envoya ses soldats arrêter les représentants dans la nuit du 2 décembre 1851.
Baudin y fut inhumé et un monument lui fut érigé après la souscription républicaine de 1868. Ce cimetière est un haut lieu de la mémoire républicaine et révolutionnaire française.
