Karl Weierstrass(1815 — 1897)

Karl Weierstrass

royaume de Prusse

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SciencesMathématicien(ne)XIXe siècleAllemagne du XIXe siècle, période d'essor des universités allemandes et de refondation rigoureuse des mathématiques

Karl Weierstrass est un mathématicien allemand considéré comme le « père de l'analyse moderne ». Il a fondé l'analyse sur des bases rigoureuses en formalisant la notion de limite et de continuité.

Questions fréquentes

Karl Weierstrass (1815–1897) est un mathématicien allemand qui a révolutionné l'analyse en imposant une rigueur sans précédent dans la définition des notions de limite, continuité et dérivée. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avant lui, les mathématiciens utilisaient souvent des raisonnements intuitifs ; Weierstrass a exigé des démonstrations parfaitement justifiées, en formalisant le fameux « epsilon-delta » qui est encore enseigné aujourd'hui. Cette exigence de rigueur a fait de lui le fondateur de l'analyse moderne, et son influence se ressent dans toutes les branches des mathématiques.

Faits marquants

  • Né en 1815 à Ostenfelde (Westphalie), mort en 1897 à Berlin
  • Longtemps professeur de lycée avant de devenir célèbre par un article sur les fonctions abéliennes (1854)
  • Nommé professeur à l'université de Berlin en 1856
  • Formalise la définition rigoureuse de la limite et de la continuité (méthode epsilon-delta)
  • Donne en 1872 l'exemple d'une fonction continue partout mais dérivable nulle part (fonction de Weierstrass)

Œuvres & réalisations

Mémoire sur la théorie des fonctions abéliennes (1854)

Travail qui révéla son génie et le fit passer du statut de professeur de lycée à celui de mathématicien reconnu.

Définition rigoureuse de la limite (epsilon-delta) (années 1860)

Formulation précise des notions de limite et de continuité qui fonde l'analyse moderne sur des bases logiques solides.

Fonction de Weierstrass (continue et nulle part dérivable) (1872)

Exemple révolutionnaire d'une courbe continue mais sans tangente en aucun point, bouleversant l'intuition géométrique.

Théorème de Bolzano-Weierstrass (milieu du XIXe siècle)

Résultat fondamental affirmant que toute suite bornée admet une sous-suite convergente, pilier de l'analyse.

Théorème d'approximation de Weierstrass (1885)

Démonstration que toute fonction continue sur un intervalle peut être approchée d'aussi près qu'on veut par des polynômes.

Théorème de factorisation de Weierstrass (années 1870)

Construction de fonctions entières à partir de leurs zéros, outil majeur de la théorie des fonctions complexes.

Cours d'analyse de Berlin (1856-1890)

Leçons d'une rigueur nouvelle, diffusées par les notes de ses élèves, qui formèrent des mathématiciens dans toute l'Europe.

Anecdotes

Pendant quatorze ans, Karl Weierstrass enseigna les mathématiques dans des lycées de province (Gymnasien), à des élèves parfois bien jeunes, tout en menant ses recherches le soir et la nuit. On raconte qu'il devait aussi enseigner la gymnastique et la calligraphie, loin de l'image d'un grand savant.

En 1854, un article sur les fonctions abéliennes publié dans une revue spécialisée fit l'effet d'un coup de tonnerre : ce simple professeur de lycée inconnu venait de résoudre un problème majeur. L'université de Königsberg lui décerna aussitôt un doctorat honoris causa, et sa carrière universitaire fut lancée.

Weierstrass étonna le monde mathématique en construisant une fonction continue en tout point mais dérivable en aucun point. Beaucoup pensaient une telle « monstruosité » impossible ; certains, comme Charles Hermite, parlèrent avec effroi de cette « plaie lamentable des fonctions sans dérivée ».

Élève brillante venue de Russie, Sofia Kovalevskaïa ne pouvait pas s'inscrire officiellement à l'université de Berlin parce qu'elle était une femme. Weierstrass accepta de lui donner des cours particuliers pendant des années et l'aida à devenir l'une des premières femmes docteures en mathématiques.

Étudiant à Bonn, le jeune Weierstrass passa plus de temps à l'escrime et dans les tavernes qu'à étudier le droit que son père voulait lui imposer. Il revint sans diplôme, à la grande déception familiale, avant de se tourner enfin vers les mathématiques.

Sources primaires

Zur Theorie der Abelschen Functionen (Journal de Crelle) (1854)
Mémoire sur la théorie des fonctions abéliennes qui révéla le talent de Weierstrass et lui valut la reconnaissance des mathématiciens de son temps.
Über continuirliche Functionen eines reellen Arguments, die für keinen Werth des letzteren einen bestimmten Differentialquotienten besitzen (1872)
Présentation à l'Académie de Berlin d'une fonction continue qui n'admet de dérivée en aucun point de son domaine.
Briefwechsel zwischen Karl Weierstrass und Sofja Kowalewskaja (Correspondance) (1871-1891)
Lettres échangées entre Weierstrass et son élève Sofia Kovalevskaïa, témoignant de leur collaboration scientifique et de leur amitié durable.
Mathematische Werke von Karl Weierstrass (Œuvres complètes) (1894-1927)
Édition rassemblant les mémoires, cours et notes de Weierstrass, longtemps diffusés surtout par la transcription de ses leçons par ses étudiants.

Lieux clés

Ostenfelde (Westphalie)

Village de Rhénanie-du-Nord-Westphalie où Karl Weierstrass naquit en 1815.

Université de Bonn

Université où le jeune Weierstrass fut envoyé étudier le droit et les finances, études qu'il abandonna pour les mathématiques.

Münster (Académie de Münster)

Ville où il suivit les cours de Christoph Gudermann, qui éveilla son goût pour la théorie des fonctions, et obtint son brevet d'enseignement.

Braunsberg (Prusse-Orientale)

Petite ville où Weierstrass enseigna durant des années dans un lycée, menant ses recherches en solitaire avant la reconnaissance.

Université de Berlin

Université où il devint professeur en 1856 et où il forma toute une génération de mathématiciens, dont Sofia Kovalevskaïa.

Berlin

Capitale prussienne puis allemande où Weierstrass passa la fin de sa vie et mourut en 1897.

Voir aussi