Créature marine colossale des légendes scandinaves médiévales, souvent décrite comme un calmar ou une pieuvre géante capable d'engloutir des navires entiers. Mentionnée dans les textes nordiques dès le XIIIe siècle, elle incarne la terreur des marins face aux abysses insondables de l'océan.
Kraken
Kraken
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Première mention écrite dans le Konungs skuggsjá (Miroir du roi), texte norvégien du XIIIe siècle (vers 1250)
- L'évêque Erik Pontoppidan décrit le Kraken en détail dans son Histoire naturelle de Norvège (1752), le présentant comme un animal réel
- Alfred Lord Tennyson lui consacre un sonnet intitulé « The Kraken » en 1830, popularisant la créature dans la culture romantique
- Le terme « kraken » est probablement dérivé du vieux norrois « kraki », désignant un animal tordu ou un arbre noueux
- La découverte du calmar géant (Architeuthis dux) au XIXe siècle a alimenté les théories sur l'origine naturelle du mythe
Œuvres & réalisations
Traité didactique norvégien en vieux norrois décrivant les merveilles du monde et notamment les monstres marins du nord. C'est l'une des premières sources écrites à décrire une créature identifiable au kraken sous le nom de hafgufa.
Encyclopédie illustrée des peuples du nord publiée à Rome, qui codifie et diffuse en Europe les légendes des monstres marins scandinaves. Ses gravures de serpents et de bêtes marines colossales ont durablement influencé l'iconographie du kraken.
Histoire naturelle de la Norvège par l'évêque de Bergen, premier ouvrage à utiliser systématiquement le terme kraken et à en proposer une description zoologique sérieuse fondée sur des témoignages de marins contemporains.
Poème romantique anglais qui fait du kraken une métaphore de la puissance dormante des abysses. Cette œuvre a profondément ancré la créature dans la culture littéraire mondiale et inspiré d'innombrables reprises.
Roman de science-fiction mettant en scène un combat contre un calmar géant à bord du Nautilus. Sans nommer explicitement le kraken, Verne en popularise l'image pour des générations de lecteurs à travers le monde.
Première classification scientifique du vivant, dans laquelle Linné inclut brièvement le kraken sous le nom Microcosmus marinus. Cet épisode symbolise la frontière poreuse entre science et mythe au siècle des Lumières.
Anecdotes
Le terme « kraken » apparaît pour la première fois dans la littérature nordique au XIIIe siècle, dans le Konungs skuggsjá (Le Miroir du Roi), un traité norvégien qui décrit la créature comme un poisson monstrueux capable de créer des tourbillons mortels en plongeant dans les profondeurs. L'auteur l'inclut parmi les grandes merveilles de la mer de Norvège, aux côtés du hafgufa et du lyngbakr.
En 1755, l'évêque et naturaliste Erik Pontoppidan consacre plusieurs pages de son ouvrage Naturhistorie af Norge au kraken, affirmant qu'il s'agit du plus grand animal du monde. Il rapporte des témoignages de pêcheurs norvégiens qui auraient pêché sur son dos, croyant être sur un banc de sable, avant que la créature ne plonge brusquement. Pontoppidan tente de concilier la légende avec l'observation naturaliste de son époque.
Le naturaliste suédois Carl von Linné inscrivit brièvement le kraken dans la première édition de son Systema Naturae (1735) sous le nom de Microcosmus marinus, avant de le retirer dans les éditions suivantes. Cet épisode illustre la difficulté pour les scientifiques des Lumières de distinguer mythe et réalité zoologique, à une époque où les abysses océaniques restaient totalement inexplorées.
La découverte, au XIXe siècle, du calamar géant (Architeuthis dux) a relancé le débat sur l'origine du mythe du kraken. Des spécimens mesurant jusqu'à 13 mètres s'échouaient parfois sur les côtes norvégiennes et islandaises, offrant aux marins médiévaux des preuves tangibles de l'existence de monstres tentaculaires dans les profondeurs. Le kraken fut ainsi réinterprété comme le souvenir exagéré de vraies rencontres avec ces céphalopodes géants.
Dans la tradition islandaise, le kraken était parfois confondu avec le hafgufa, une créature décrite dans la saga Örvar-Odds comme si grande qu'elle pouvait être prise pour deux îles rapprochées. Les marins qui s'aventuraient entre ces prétendues terres découvraient trop tard leur erreur, la créature refermant ses flancs sur les navires. Cette image de l'île-monstre se retrouve dans de nombreuses traditions maritimes médiévales, de l'Atlantique Nord à la Méditerranée.
Sources primaires
Dans la mer de Norvège vivent deux créatures d'une taille telle que personne ne peut les mesurer. L'une est appelée hafgufa, l'autre lyngbakr. Le hafgufa est la plus grande de toutes les créatures marines qui vivent dans les eaux.
Ils virent deux îles dans la mer. Ögmundr Eythjófsbani dit : ne naviguez pas entre elles, car ce ne sont pas des îles mais le hafgufa, et il vous engloutirait vous et votre navire.
Le kraken n'a jamais sa taille complète décrite par ceux qui le voient : sa surface ressemble à des bancs de sable peu profonds, avec des épines ou des pointes émergeant de la boue. Les pêcheurs rapportent avoir pêché sur son dos en pensant être sur un écueil.
Il existe dans les eaux septentrionales un serpent d'une taille et d'une épaisseur extraordinaires, de deux cents pieds de long et de vingt pieds d'épaisseur, qui vit dans les rochers et les cavernes près de Bergen. Il sort la nuit en été et dévore les veaux, les agneaux et les cochons.
Microcosmus marinus : animal entièrement différent de tous les autres, habitant la mer profonde et avalant d'autres créatures marines.
Lieux clés
Étendue maritime entre la Norvège, l'Islande et les îles Féroé, considérée comme le territoire privilégié du kraken. Ses profondeurs extrêmes (jusqu'à 3 900 m) et ses eaux sombres alimentaient les légendes de monstres abyssaux.
Principal port médiéval norvégien et centre du commerce hanséatique, point de départ des navigateurs qui rapportaient des récits de monstres marins. Olaus Magnus y situait des apparitions de grandes créatures marines.
Île volcanique de l'Atlantique Nord où furent rédigées les principales sagas évoquant les créatures marines géantes. La tradition orale islandaise constitue la source principale des récits fondateurs du mythe du kraken.
Bras de mer entre la Sicile et la Calabre, identifié dans l'Antiquité avec Charybde le tourbillon-monstre. Cette figure méditerranéenne ancêtre du kraken illustre l'universalité des mythes de monstres marins engloutisseurs.
Côtes où furent découverts au XIXe siècle plusieurs spécimens de calmars géants (Architeuthis dux) échoués, apportant une base zoologique réelle à la légende scandinave du kraken.
Objets typiques

Navire à tête de dragon des Vikings, symbole de la maîtrise des mers nordiques. C'est ce type d'embarcation que le kraken était censé pouvoir engloutir, illustrant la vulnérabilité des hommes face aux abysses.

Corde lestée utilisée par les marins médiévaux pour mesurer la profondeur de l'eau. Les zones où la sonde ne touchait jamais le fond étaient précisément celles où l'on craignait la présence du kraken.

Les cartographes médiévaux ornaient les zones océaniques inexplorées de monstres marins, dont des créatures semblables au kraken. Ces illustrations exprimaient autant la terreur du vide que l'avertissement aux navigateurs.

Selon Pontoppidan, les pêcheurs norvégiens reconnaissaient la présence du kraken à des prises miraculeusement abondantes, la créature remontant des profondeurs et rabattant les poissons vers la surface.

Des tentacules de calmars géants s'échouaient parfois sur les côtes scandinaves, offrant aux populations médiévales des preuves physiques de l'existence de monstres marins et nourrissant directement la légende du kraken.

Symbole magique nordique porté par les marins pour se protéger des tempêtes et des créatures des profondeurs. Gravé sur les casques ou les proues de navires, il incarnait la protection contre les forces hostiles de l'océan.
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Le kraken est une créature des profondeurs abyssales, insensible aux cycles du jour et de la nuit. Selon les textes médiévaux, il passe la majeure partie de son existence immobile sur les fonds marins, dissimulé sous une apparence d'îlot ou de banc de sable, dans l'obscurité totale des grandes profondeurs de la mer de Norvège.
Après-midi
Pendant les mois d'été, lorsque les eaux se réchauffent légèrement, le kraken remonterait selon Pontoppidan vers la surface, attirant autour de lui des bancs de poissons en quantités prodigieuses. Les pêcheurs nordiques interprétaient ces abondances miraculeuses comme le signe de sa présence toute proche, et s'empressaient alors de quitter les lieux avant qu'il ne plonge.
Soir
La créature est traditionnellement associée à la nuit et aux tempêtes : les marins médiévaux redoutaient particulièrement les nuits sans lune en haute mer, où un îlot sombre pouvait se révéler être son dos. Son retour dans les profondeurs créait d'immenses tourbillons capables d'aspirer les navires, une mort silencieuse et totale dans les ténèbres de l'océan.
Alimentation
Le kraken se nourrirait de poissons et de créatures marines en quantités immenses, rabattant des bancs entiers vers sa gueule. Certains textes médiévaux suggèrent qu'il consomme également des navires et leurs équipages, les tentacules saisissant tout ce qui se trouve à portée lors de ses rares émergences en surface.
Vêtements
En tant que créature mythologique marine, le kraken ne porte aucun vêtement. Son corps est décrit comme recouvert d'une peau rugueuse et sombre, parsemée de protubérances évoquant des rochers ou des coraux, ce qui lui permet de se dissimuler sous l'apparence d'un fond marin ou d'un îlot rocheux.
Habitat
Le kraken habite les abysses les plus profondes des mers nordiques, là où la sonde des marins ne touche jamais le fond. Les textes évoquent des grottes sous-marines gigantesques dans les profondeurs de la mer de Norvège, entre les côtes norvégiennes et islandaises, dans des eaux si froides et si sombres qu'aucun être humain ne peut y survivre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique inspirée des bestiaires médiévaux nordiques et de la peinture romantique maritime : créature colossale aux tentacules enchevêtrés, palette abyssale, lumière nordique dramatique.
Ambiance sonore
Ambiance des profondeurs glaciales de la mer de Norvège médiévale : grondements abyssaux, coque de drakkar qui craque, tempête arctique et terreur des marins face à l'émergence du monstre.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Konungs skuggsjá (Le Miroir du Roi)
vers 1250
Historia de Gentibus Septentrionalibus — Olaus Magnus
1555
Naturhistorie af Norge — Erik Pontoppidan
1752
The Kraken — Alfred, Lord Tennyson
1830
Vingt Mille Lieues sous les Mers — Jules Verne
1870
Systema Naturae (1re édition) — Carl von Linné
1735





