Lada
Lada
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Lada est la déesse slave de l'amour, de la beauté et de la fertilité. Vénérée dans les traditions populaires slaves médiévales, elle présidait aux célébrations printanières, aux mariages et à la fécondité. Son culte est attesté dans les chants rituels et les fêtes saisonnières des peuples slaves.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Lada est mentionnée dans des chants rituels slaves (ladovanie) associés aux cérémonies printanières
- Son nom est lié à la racine slave *lad* signifiant harmonie, ordre et beauté
- Son culte est attesté principalement chez les Slaves orientaux et occidentaux avant la christianisation (Xe-XIIe siècle)
- Elle forme souvent une paire divine avec Lado, son équivalent masculin ou son fils selon les variantes régionales
- Après la christianisation, son culte fut progressivement assimilé au folklore et aux fêtes populaires
Œuvres & réalisations
Ensemble de chants rituels scandés lors des fêtes printanières slaves, dont le refrain récurrent « Lado, Lado ! » invoque la déesse. Ces chants ont été collectés et publiés par des ethnographes russes et polonais aux XVIIIe-XIXe siècles.
Cycle de chants et de danses rituels liés à la fête printanière des Rusalii, où Lada était invoquée pour bénir les eaux, les cultures et les jeunes couples. Ces textes ont survécu dans la tradition folklorique slave orientale.
Les chants de mariage slaves invoquaient Lada comme protectrice des époux. Ces formules rituelles, transmises oralement puis collectées, sont parmi les témoignages les plus directs du culte de la déesse dans la vie quotidienne médiévale.
Les idoles de Lada sculptées dans le bois selon la tradition slave n'ont pas survécu, le bois étant périssable et les Slaves ne construisant pas de temples de pierre. Leur existence est attestée par des sources textuelles médiévales condamnant leur vénération.
Anecdotes
Le nom de Lada résonne encore dans d'innombrables chants populaires slaves sous la forme du refrain rituel « Lado, Lado ! ». Ce cri collectif scandé lors des fêtes printanières était à la fois une invocation à la déesse et une expression de joie communautaire. Les ethnologues du XIXe siècle l'ont retrouvé dans des chansons collectées en Pologne, en Russie et en Ukraine, preuve de la vitalité étonnante de ce culte archaïque.
Au moment de la christianisation forcée des Slaves orientaux sous le prince Vladimir de Kiev en 988, les prêtres chrétiens se heurtèrent à une résistance tenace autour du culte de Lada. Des sermons médiévaux russes, comme le Slovo Khristoljubca (Parole de l'amoureux du Christ), condamnent explicitement les chants et danses en l'honneur de Lada lors des fêtes saisonnières, témoignant de la persistance de ce culte malgré les interdits ecclésiastiques.
Le chroniqueur polonais Jan Długosz, au XVe siècle, fut l'un des premiers à dresser une liste des dieux slaves. Il plaça Lada parmi les grandes divinités en la comparant à la Vénus romaine, montrant comment les érudits de la Renaissance cherchaient à comprendre le panthéon slave en miroir de la mythologie gréco-romaine qu'ils connaissaient bien.
Les célébrations printanières dédiées à Lada donnaient lieu à des rituels de couronnes de fleurs lancées sur les rivières : les jeunes filles confectionnaient des couronnes ornées de fleurs des champs et les confiaient au courant de l'eau. Si la couronne flottait droit, un mariage heureux était promis ; si elle coulait, l'avenir était incertain. Ces pratiques, attestées dans le folklore ethnographique du XIXe siècle, remontent aux traditions pré-chrétiennes.
Certains linguistes modernes ont débattu pour savoir si « Lada » désignait vraiment une déesse distincte ou s'il s'agissait d'un refrain rituel dont le sens s'est progressivement perdu. La racine proto-slave lad- signifie « harmonie », « ordre » et « beauté » — des valeurs que les communautés slaves projetaient naturellement sur une figure divine féminine présidant aux unions et à la prospérité collective.
Sources primaires
Ils font des sacrifices aux divinités et chantent en l'honneur de Lada et de Kupalo lors des festivités impies, se réunissant la nuit pour danser et entonner des chants démoniaux.
Les Polonais vénèrent une déesse nommée Lada, que l'on peut assimiler à la Vénus des Latins, présidant à l'amour, à la beauté et aux unions entre hommes et femmes.
Parmi les idoles vénérées par les Slaves avant le baptême, on compte Lada, à qui l'on rendait hommage au printemps par des chants, des danses et des offrandes de fleurs.
Il est interdit aux fidèles de se rassembler dans les champs pour entonner des chants en l'honneur des idoles, notamment lors des fêtes du début du printemps où l'on invoque les noms impies des anciennes divinités.
Lieux clés
Capitale du premier État slave oriental, Kiev était le cœur du polythéisme slave avant 988. C'est ici que Vladimir érigea les idoles des grandes divinités slaves et que le culte de Lada côtoyait celui de Perun avant la christianisation forcée.
Ancienne capitale des Slaves occidentaux et centre culturel où les traditions de Lada étaient vivaces. Jan Długosz y rédigea ses Annales qui mentionnent la déesse, préservant son nom et son culte pour la postérité.
Les cours d'eau étaient des lieux de culte centraux pour Lada : les fêtes des Rusalii se tenaient sur leurs berges, et les couronnes-offrandes y étaient confiées au courant. Ces rites sont attestés sur les rivières Dniepr, Vistule et Volga.
Avant la christianisation, les Slaves rendaient leurs cultes dans des clairières forestières sacrées plutôt que dans des temples de pierre. Ces bois abritaient les idoles en bois des divinités et les fêtes printanières en l'honneur de Lada.
Ville slave majeure du nord-ouest de la Russie actuelle, Novgorod conserva longtemps ses traditions polythéistes malgré la christianisation. Des chroniques locales y attestent des pratiques rituelles liées aux divinités de la fertilité jusqu'au XIIe siècle.





