Lavinia Fontana (1552-1614) est une peintre bolonaise considérée comme la première femme artiste professionnelle de l'histoire de l'art occidental. Fille du peintre Prospero Fontana, elle excella dans le portrait et les scènes mythologiques, travaillant pour la cour pontificale à Rome.
Lavinia Fontana(1552 — 1614)
Lavinia Fontana
Italie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née à Bologne en 1552, fille du peintre maniériste Prospero Fontana qui fut son premier maître
- En 1577, elle épouse Gian Paolo Zappi, qui abandonne sa propre carrière pour gérer celle de sa femme — situation exceptionnelle pour l'époque
- Elle est la première femme connue à avoir reçu des commandes publiques et officielles de grande ampleur, notamment pour des autels d'église
- Appelée à Rome vers 1603 par le pape Clément VIII, elle devient peintre officielle de la cour pontificale
- Elle réalisa plus de cent œuvres recensées et éleva onze enfants, menant une carrière professionnelle rémunérée unique pour une femme au XVIe siècle
Œuvres & réalisations
Réalisé à l'occasion de son mariage, cet autoportrait montre Lavinia dans un décor aristocratique, jouant du clavecin. Il est l'un des premiers tableaux à représenter une femme artiste dans un environnement cultivé et professionnel.
Cette œuvre de jeunesse démontre déjà la maîtrise de Lavinia Fontana dans la représentation des groupes figurés et son habileté à intégrer la tradition de l'école bolonaise dans un cadre dévotionnel de la Contre-Réforme.
Chef-d'œuvre du portrait aristocratique féminin, ce tableau illustre la virtuosité de Lavinia Fontana dans le rendu des textiles brodés, des bijoux et de la psychologie de ses modèles. Il est conservé aux Musei di Palazzo Poggi de Bologne.
Tableau religieux signé et daté, conservé aux Offices de Florence. Il témoigne de la capacité de Lavinia Fontana à traiter des sujets bibliques avec une sensibilité narrative propre, à mi-chemin entre maniérisme et naturel de la Contre-Réforme.
L'une des rares œuvres à sujet mythologique de Lavinia Fontana, cette toile tardive est remarquable pour la représentation du nu féminin, presque unique dans l'œuvre d'une femme artiste à l'époque moderne. Elle est conservée à la Galleria Borghese de Rome.
Commande typique de la dévotion privée des familles nobles romaines et bolonaises, ce tableau illustre la facture soignée et la douceur lumineuse caractéristiques du style de Lavinia Fontana à maturité.
Anecdotes
Lavinia Fontana fut la première femme à recevoir une commande officielle d'un tableau d'autel pour une église publique en Italie. En 1589, elle peignit une grande Nativité pour la basilique San Lorenzo in Damaso à Rome, un honneur inédit pour une femme artiste à l'époque.
Contrairement à la quasi-totalité des femmes de son temps, Lavinia Fontana continua à exercer son métier de peintre après son mariage en 1577 avec Gian Paolo Zappi. Son mari, lui-même peintre mais moins talentueux, devint son assistant et géra sa correspondance et ses contrats, renversant les rôles traditionnels.
Lavinia Fontana fut convoquée à Rome par le pape Clément VIII en 1603 pour devenir peintre officielle de la cour pontificale. Elle y côtoya les plus grands collectionneurs et mécènes de son temps, ce qui était absolument exceptionnel pour une femme artiste.
Elle fut mère de onze enfants, dont la plupart moururent en bas âge. Malgré ce foyer chargé, elle réussit à maintenir une production artistique considérable, signant ses œuvres avec fierté de son nom complet et parfois de la mention « virgo » avant son mariage.
Un autoportrait de Lavinia Fontana, réalisé en 1579, la montre dans son atelier, entourée de ses outils de peintre et de statuettes antiques servant de modèles. Ce tableau est l'un des premiers autoportraits féminins à représenter une femme dans un contexte professionnel et intellectuel.
Sources primaires
Bien que Vasari ne mentionne pas Lavinia Fontana dans son édition de 1568, les ajouts ultérieurs et les commentateurs de son œuvre soulignent la filiation artistique bolonaise dans laquelle elle s'inscrit, issue de l'atelier de son père Prospero Fontana.
Dans cette correspondance conservée aux archives de Bologne, Lavinia Fontana évoque ses travaux en cours et sollicite le soutien du cardinal pour une commande ecclésiastique, témoignant de son réseau de mécènes et de sa maîtrise des codes de la courtoisie épistolaire savante.
Malvasia consacre plusieurs pages à Lavinia Fontana dans son recueil sur les peintres bolonais, la qualifiant de 'gloria di Bologna' et citant ses nombreuses commandes pour la noblesse romaine et les prélats de la cour pontificale.
Lavinia Fontana a signé cette œuvre de 1581 'LAVINIA FONTANA ZAPPIA FACIEBAT', affirmant à la fois son identité artistique propre et son statut d'épouse, signature révélatrice de sa double identité professionnelle et conjugale.
Lieux clés
C'est dans l'atelier de son père, au cœur de Bologne, que Lavinia Fontana reçut sa formation artistique complète et réalisa ses premières œuvres importantes. Bologne était alors un centre intellectuel et artistique majeur de l'Italie du Nord.
Appelée à Rome par le pape Clément VIII en 1603, Lavinia Fontana y passa la fin de sa carrière comme peintre officielle du Vatican. La Ville éternelle était le cœur du mécénat de la Contre-Réforme et lui offrit ses commandes les plus prestigieuses.
Cette basilique romaine conservait l'une des premières grandes commandes publiques de Lavinia Fontana, une Nativité de 1589 destinée à l'autel principal. Elle symbolise la reconnaissance officielle de son talent par les institutions ecclésiastiques.
Résidence de l'une des familles nobles bolonaises pour lesquelles Lavinia Fontana réalisa plusieurs portraits. Ces commandes aristocratiques constituèrent la base de sa réputation et de son réseau de mécènes.
Objets typiques

Outil central du quotidien de Lavinia Fontana, la palette en bois portait ses mélanges de pigments précieux — lapis-lazuli, vermillon, ocre — qu'elle travaillait avec soin pour obtenir les carnations et les étoffes somptueuses caractéristiques de ses portraits.

Lavinia Fontana conservait dans son atelier des moulages de sculptures antiques, comme on le voit dans son autoportrait de 1579. Ces modèles lui permettaient d'étudier l'anatomie et la draperie sans recourir à des modèles vivants, pratique difficile pour une femme artiste.

Pour ses commandes de scènes mythologiques et allégoriques, Lavinia Fontana consultait des recueils iconographiques comme les Emblemata d'Alciat, sources essentielles de l'iconographie savante à la Renaissance.

Les portraits de Lavinia Fontana sont célèbres pour la minutie avec laquelle elle représente les colliers de perles, les broches et les broderies de ses modèles aristocratiques, objets de prestige que ses clientes lui confiaient parfois comme référence.

Document exceptionnel dans l'histoire des femmes artistes, le contrat de mariage de Lavinia Fontana (1577) comportait une clause permettant à l'épouse de continuer à exercer sa profession de peintre, témoignage de sa position sociale et artistique déjà établie.

Instruments de précision indispensables à la peinture de détail, ces pinceaux fins permettaient à Lavinia Fontana de peindre avec la minutie caractéristique de l'école bolonaise, notamment pour les dentelles, les fourrures et les bijoux de ses portraits.
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Vie quotidienne
Matin
Lavinia Fontana se levait tôt pour profiter de la lumière naturelle indispensable à la peinture. Elle commençait sa journée par une messe brève, puis gagnait son atelier où elle préparait ses couleurs — broyant les pigments dans l'huile de lin ou de noix — avant de recevoir ses modèles.
Après-midi
L'après-midi était consacrée aux séances de pose avec les clients aristocratiques, parfois accompagnées de conversation et de musique pour maintenir l'animation du modèle. Elle supervisait également le travail de ses assistants et de son mari Gian Paolo, chargé des fonds et des retouches mineures.
Soir
Le soir, Lavinia Fontana gérait la correspondance avec ses commanditaires et mécènes, répondait aux demandes de nouvelles commandes et tenait les comptes de l'atelier. Elle trouvait aussi le temps d'étudier les recueils mythologiques et les gravures pour enrichir son répertoire iconographique.
Alimentation
Comme les familles bourgeoises de Bologne, les Fontana mangeaient des pâtes fraîches, des viandes rôties, des légumes de saison et du pain blanc. Bologne, surnommée 'la Grassa' (la Grasse), était réputée pour sa cuisine généreuse à base de charcuteries, de fromages et de vins des collines emiliennes.
Vêtements
Dans son atelier, Lavinia Fontana portait des robes de bonne qualité mais pratiques, sans les parures extravagantes qu'elle peignait sur ses modèles. Pour recevoir des clients importants ou en société romaine, elle revêtait des tenues plus élaborées — robes à col de dentelle, corsages brodés — conformes à son statut de peintre officielle.
Habitat
À Bologne, la famille Fontana habitait une maison bourgeoise proche de l'atelier paternel dans le centre de la ville. À Rome, après 1603, Lavinia Fontana disposait d'un logement proche du Vatican, avec un atelier spacieux suffisamment bien éclairé pour recevoir ses modèles et travailler sur de grands formats.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Maniérisme bolonais tardif : carnations lumineuses sur fonds sombres, costumes brodés rendus avec une précision orfèvre, poses élégantes et expression psychologique subtile.
Ambiance sonore
L'atelier de Lavinia Fontana à Bologne ou Rome : grattements de pinceaux, broyage de pigments, cloches d'église au loin et frémissement des soieries des modèles aristocratiques.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sainte Famille avec sainte Marguerite et d'autres saints
1578
Minerve en train de s'habiller
c. 1613






