Lee Miller fut une photographe américaine, d'abord mannequin puis figure du surréalisme aux côtés de Man Ray. Devenue correspondante de guerre, elle photographia la libération de l'Europe et les camps de concentration en 1945.
Lee Miller(1907 — 1977)
Lee Miller
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1907 à Poughkeepsie (New York), morte en 1977 en Angleterre
- Collabore avec Man Ray à Paris à partir de 1929 et contribue à la technique de la solarisation
- Correspondante de guerre pour le magazine Vogue durant la Seconde Guerre mondiale
- Photographie la libération de Paris et les camps de Dachau et Buchenwald en 1945
- Auteure de la célèbre photographie d'elle-même dans la baignoire de Hitler à Munich en 1945
Œuvres & réalisations
Série d'images jouant sur l'effet de solarisation qui contourne les corps d'un liseré sombre. Ces œuvres comptent parmi les grandes réussites du surréalisme photographique.
Photographies des ruines et de la vie quotidienne sous les bombardements allemands. Elles montrent le courage des Londoniens et l'étrange beauté des décombres.
Reportages depuis le front en Normandie, lors de la libération de Paris et de l'avancée alliée en Allemagne. Lee Miller fut l'une des rares femmes correspondantes de guerre.
Images parmi les premières preuves visuelles de l'horreur des camps de concentration, publiées dans Vogue sous le titre « Believe It » pour témoigner de la réalité.
Photographie iconique mise en scène dans l'appartement munichois d'Hitler. Elle est devenue un symbole ambigu et puissant de la fin du régime nazi.
Portraits de Picasso, Max Ernst, Eileen Agar ou Paul Éluard. Lee Miller, intime de ces artistes, a constitué une mémoire visuelle précieuse du mouvement surréaliste.
Anecdotes
En 1945, Lee Miller fut photographiée dans la baignoire de l'appartement munichois d'Adolf Hitler, le jour même où l'on apprit son suicide. Ses bottes, encore couvertes de la boue du camp de Dachau qu'elle venait de quitter, salissaient le tapis de bain : une image devenue l'un des symboles les plus troublants de la fin de la guerre.
Selon la légende racontée par Man Ray, c'est en partie grâce à une erreur de Lee Miller que fut redécouverte la technique de la « solarisation ». Une souris aurait frôlé sa jambe dans la chambre noire, lui faisant allumer la lumière par réflexe, inversant partiellement les tons de l'image et créant un effet artistique saisissant.
Adolescente à New York, Lee Miller faillit être renversée par une voiture : un homme la retint de justesse. Il s'agissait de Condé Nast, le célèbre patron de presse, qui la lança aussitôt comme mannequin pour le magazine Vogue.
Après la guerre, Lee Miller rangea ses négatifs et tirages dans des boîtes au grenier de sa ferme anglaise et n'en parla presque plus jusqu'à sa mort. Ce n'est que dans les années 1980 que son fils, Antony Penrose, découvrit cet immense trésor de plus de 60 000 images.
En couverture de Vogue, le visage de Lee Miller servit même à illustrer une publicité pour des serviettes hygiéniques Kotex en 1928, ce qui fit scandale à l'époque : c'était la première fois qu'un produit aussi intime était associé à une vraie photographie de femme.
Sources primaires
« Je vous en supplie, croyez-moi, c'est vrai » (« I implore you to believe this is true ») — câble envoyé avec ses photographies des camps de Buchenwald et Dachau pour convaincre la rédaction de les publier.
Reportage et photographies de Lee Miller sur la libération des camps de concentration, publié sous le titre « Believe It » (Croyez-le).
Biographie écrite par son fils à partir des archives, lettres et photographies retrouvées au grenier de Farley Farm House après la mort de Lee Miller.
Image prise dans l'appartement d'Hitler à Munich montrant Lee Miller se lavant, le portrait d'Hitler posé au bord de la baignoire et ses bottes boueuses au premier plan.
Lieux clés
Ville de l'État de New York où Lee Miller naquit en 1907 et passa son enfance.
Capitale du surréalisme où Lee Miller devint l'élève et la collaboratrice de Man Ray à partir de 1929. Elle y développa son art et y co-expérimenta la solarisation.
Camp nazi près de Munich que Lee Miller photographia lors de sa libération en 1945, livrant des images bouleversantes de l'horreur des camps.
Logement munichois d'Adolf Hitler où fut prise la célèbre photographie de Lee Miller dans la baignoire, le jour de l'annonce du suicide du dictateur.
Ville où Lee Miller s'installa avec Roland Penrose et travailla pour British Vogue, photographiant notamment la capitale pendant le Blitz.
Ferme anglaise où Lee Miller vécut ses dernières années avec sa famille et où elle mourut en 1977. Ses archives photographiques y furent retrouvées au grenier.
Objets typiques

Appareil à visée par le haut très populaire auprès des photographes des années 1930-1940. Lee Miller l'utilisa notamment pour ses reportages.

Tenue militaire kaki frappée de l'insigne « War Correspondent » que portaient les reporters accrédités. Elle permettait à Lee Miller de suivre les troupes alliées au front.

Rouleau de film recouvert d'une émulsion sensible à la lumière, support de toutes les photographies avant le numérique. Les milliers de négatifs de Lee Miller dormirent des décennies dans son grenier.

Bacs remplis de produits chimiques permettant de développer les négatifs et de tirer les épreuves à la lumière rouge. C'est là que fut expérimentée la solarisation avec Man Ray.

Revue de mode et d'actualité internationale. Lee Miller y fut d'abord modèle en couverture, puis photographe et enfin correspondante de guerre publiée.

Dispositif produisant un éclair de lumière vive pour photographier dans l'obscurité. Indispensable aux reporters travaillant dans des conditions difficiles.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À Paris dans les années 1930, Lee Miller commençait souvent la journée dans la chambre noire, à développer les clichés de la veille à la lumière rouge. Elle préparait ses appareils, vérifiait ses pellicules et organisait ses séances de prise de vue.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux séances photo, en studio ou dans la rue, et aux rencontres avec les artistes du milieu surréaliste. Pendant la guerre, ses journées se passaient au plus près des troupes, appareil au poing, dans les villes libérées.
Soir
Le soir, elle fréquentait les cafés et les ateliers de Montparnasse où se retrouvaient peintres, poètes et photographes. Les discussions sur l'art, la politique et le surréalisme se prolongeaient tard dans la nuit.
Alimentation
En temps de paix, Lee Miller appréciait la cuisine et devint plus tard une cuisinière inventive et reconnue. Au front, elle partageait les rations militaires des soldats, souvent froides et avalées en hâte entre deux reportages.
Vêtements
Élégante et photogénique, elle portait les tenues raffinées de mannequin Vogue dans les années 1920. Devenue correspondante de guerre, elle troqua ces vêtements contre l'uniforme kaki, le casque et les bottes de l'armée.
Habitat
Elle vécut tour à tour dans des appartements parisiens animés, des studios new-yorkais, puis à Londres. Elle finit ses jours à Farley Farm House, une ferme du Sussex transformée en lieu de vie et de création entourée d'œuvres d'art.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Portraits et nus solarisés (avec Man Ray)
vers 1929-1932
Reportage « Grim Glory » sur le Blitz de Londres
1940-1941
Couverture de la libération de l'Europe pour Vogue
1944-1945
Photographies des camps de Buchenwald et Dachau
1945
« Lee Miller dans la baignoire d'Hitler » (avec David E. Scherman)
30 avril 1945
Portraits d'artistes surréalistes
années 1930-1940






