Monstre marin des textes bibliques et des mythologies du Proche-Orient ancien, le Léviathan incarne le chaos primordial et les forces du mal. Décrit comme un serpent de mer gigantesque, il figure notamment dans le Livre de Job et les Psaumes. Il devient au Moyen Âge le gardien des portes de l'Enfer dans la tradition chrétienne.
Leviathan
Léviathan
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« « Peux-tu prendre le Léviathan à l'hameçon, ou lui serrer la langue avec une corde ? » (Job 40, 25)»
« « Tu as écrasé la tête du Léviathan, tu l'as donné en pâture aux bêtes du désert. » (Psaume 74, 14)»
Faits marquants
- Mentionné dans plusieurs livres de la Bible hébraïque, notamment Job (ch. 40-41), les Psaumes et Isaïe (vers 800-500 av. J.-C.)
- Trouve son origine dans la mythologie ougaritique (Canaan, XIVe–XIIIe s. av. J.-C.) sous le nom de Lotan, serpent à sept têtes combattu par le dieu Baal
- Dans le Livre de Job, Dieu décrit le Léviathan comme la plus puissante de ses créatures, symbole de ce qui échappe au contrôle humain
- Dans la tradition apocalyptique juive et chrétienne (Ier s. av. J.-C. – Ier s. apr. J.-C.), il devient l'un des deux monstres eschatologiques avec Béhémoth
- Thomas Hobbes reprend le nom en 1651 pour son traité philosophique sur l'État absolu, assurant la postérité moderne du mythe
Œuvres & réalisations
Ce texte cosmogonique mésopotamien met en scène Tiamat, dragon des eaux salées vaincu par le dieu Marduk. Il constitue le modèle mythologique le plus direct dont dérive la figure du Léviathan biblique.
Ces textes mythologiques phéniciens décrivent la victoire du dieu Baal sur Lotan (ltn), serpent à sept têtes des flots. Le parallélisme linguistique et narratif avec le Léviathan biblique est direct et attesté.
Les chapitres 40 et 41 offrent la description la plus détaillée et poétique du Léviathan de toute la littérature antique. Ce portrait grandiose illustre la toute-puissance divine face à la créature du chaos.
Ces textes liturgiques évoquent le Léviathan dans le cadre de la louange à Dieu créateur et vainqueur du chaos primordial. Ils témoignent de l'intégration du mythe dans la religion officielle d'Israël.
Ce texte apocryphe juif dépeint le Léviathan comme une créature femelle des profondeurs marines réservée au banquet eschatologique des justes. Il influence profondément les représentations chrétiennes du monstre.
Traité de philosophie politique dans lequel Hobbes utilise le Léviathan comme métaphore de l'État souverain omnipotent. Cette réappropriation profane marque la postérité intellectuelle la plus durable du mythe dans la culture moderne.
Anecdotes
Dans le Livre de Job (chapitres 40-41), Dieu décrit le Léviathan comme une créature absolument indomptable : des flammes jaillissent de sa gueule, de la fumée s'échappe de ses naseaux comme d'une chaudière en ébullition. Ce portrait grandiose vise à montrer à Job la toute-puissance divine face à l'incompréhensible.
Dans le Psaume 74, il est rappelé que Dieu a brisé les têtes du Léviathan et en a donné les restes en nourriture aux peuples du désert. Cette image de la victoire divine sur le monstre du chaos était au cœur de la liturgie du Temple de Jérusalem.
Les textes ougaritiques découverts à Ras Shamra (Syrie actuelle) en 1929 révèlent un ancêtre direct du Léviathan : le serpent Lotan, vaincu par le dieu Baal. Cette découverte a montré que le mythe biblique s'inscrit dans une tradition mythologique commune au Proche-Orient ancien.
Au Moyen Âge, les théologiens chrétiens firent du Léviathan l'un des princes de l'Enfer, gardien de ses portes et incarnation du péché d'envie. Il figure ainsi dans les Mystères médiévaux et les représentations picturales du Jugement Dernier.
En 1651, le philosophe anglais Thomas Hobbes choisit le nom de Léviathan pour son traité politique majeur, faisant du monstre biblique la métaphore de l'État tout-puissant. Cette réappropriation illustre l'extraordinaire longévité symbolique de la figure dans la culture occidentale.
Sources primaires
Peux-tu tirer le Léviathan avec un hameçon, ou lui serrer la langue avec une corde ? [...] Il fait bouillonner l'abîme comme une chaudière, il agite la mer comme un vase de parfums.
C'est toi qui as fendu la mer par ta puissance, qui as brisé les têtes des dragons sur les eaux. C'est toi qui as écrasé les têtes du Léviathan, qui en as donné les morceaux à manger au peuple des déserts.
En ce jour-là, l'Éternel punira avec son épée dure, grande et forte, le Léviathan, serpent fuyard, le Léviathan, serpent tortueux ; et il tuera le dragon qui est dans la mer.
Quand tu frapperas Lotan, le serpent fuyard, quand tu mettras fin au serpent tortueux, au tyran aux sept têtes...
En ce jour-là seront séparés deux monstres : une femelle, dont le nom est Léviathan, pour demeurer dans les abîmes de la mer au-dessus des sources des eaux ; et un mâle, dont le nom est Béhémoth.
Lieux clés
Site archéologique où furent découvertes en 1929 les tablettes cunéiformes ougaritiques mentionnant Lotan, le prédécesseur direct du Léviathan. Ces textes datant du XIVe siècle av. J.-C. ont révolutionné la compréhension des origines du mythe.
La mer Méditerranée, appelée Grande Mer ou Mer des Peuples dans la Bible, constitue le cadre mythologique du Léviathan. Pour les peuples du Proche-Orient ancien, ses eaux profondes abritaient les forces du chaos.
Le Temple de Jérusalem est le lieu où les Psaumes célébrant la victoire divine sur le Léviathan étaient chantés lors des liturgies royales. La figure du monstre vaincu légitimait la royauté et l'ordre divin.
Centre intellectuel et religieux de Mésopotamie, Babylone fut le lieu d'élaboration des mythes cosmogoniques (Enuma Elish) où Tiamat, monstre primordial des eaux, préfigure le Léviathan hébreu.
Objets typiques

Le Livre de Job décrit les écailles du Léviathan comme des boucliers soudés les uns aux autres, impénétrables à toute arme. Elles symbolisent l'invulnérabilité du chaos face aux efforts humains.

Le Léviathan crache le feu et exhale de la fumée selon le texte de Job. Ces attributs lient le monstre à la fois au volcan, à la forge infernale et aux puissances destructrices du monde souterrain.

Dans Job 40:25, Dieu défie quiconque d'attraper le Léviathan à l'hameçon. Cet objet devient le symbole de l'impuissance humaine face à la créature, que seul Dieu peut maîtriser.

Dans les traditions apocalyptiques juives et chrétiennes, le Léviathan est enchainé dans les profondeurs de l'océan jusqu'à la fin des temps. Les chaînes représentent la victoire divine sur le chaos.

Les eaux profondes et primordiales constituent le domaine naturel du Léviathan. Le mot hébreu tehom désigne cet abîsse originel où réside le monstre, antérieur à la création ordonnée.

Dans l'iconographie médiévale, la gueule béante du Léviathan représente l'entrée de l'Enfer. Cette image, présente dans les enluminures et les tympans d'église, structura l'imaginaire eschatologique chrétien pendant des siècles.
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Vie quotidienne
Matin
Aux origines du monde, avant que la lumière ne sépare les ténèbres, le Léviathan repose dans les tehomot, les abîmes primordiaux. Il incarne le chaos indifférencié d'avant la création, immobile dans les eaux noires et glacées du fond de l'océan cosmique.
Après-midi
Lorsque l'ordre divin est menacé, le Léviathan s'agite et fait bouillonner la mer comme une chaudière. Ses mouvements provoquent tempêtes et cataclysmes — dans les mythologies du Proche-Orient, chaque tremblement de terre ou tsunami peut s'expliquer par ses convulsions dans les profondeurs.
Soir
Selon les textes apocalyptiques, le Léviathan est enchaîné dans l'abîsse jusqu'à la fin des temps, où il sera libéré pour le combat final. Dans la tradition juive, son corps sera servi en festin aux justes après le Jugement dernier, ultime victoire de l'ordre sur le chaos.
Alimentation
Le Léviathan dévore tout ce qui vit dans les profondeurs marines : poissons géants, créatures abyssales, et selon certaines traditions rabbiniques, il se nourrit d'un fleuve divin appelé Yubal qui se jette dans la mer. Il est lui-même la proie que Dieu réserve aux justes pour le banquet eschatologique.
Vêtements
Le Léviathan est revêtu d'écailles décrites dans Job comme des rangées de boucliers soudés hermétiquement, impénétrables à toute lame ou flèche. Sa cuirasse naturelle est si parfaite qu'elle est citée comme exemple de l'œuvre d'artisan divin parfaite, inaccessible à toute imitation humaine.
Habitat
Le Léviathan réside dans le Tehom, l'abîme des eaux originelles qui précède la création dans la cosmogonie hébraïque. Dans les traditions plus tardives, il habite les profondeurs de la mer du Levant ou les fosses les plus insondables de l'océan, là où nulle lumière ne parvient et où aucune embarcation humaine ne peut s'aventurer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style mêlant l'iconographie du Proche-Orient ancien (reliefs assyriens, art ougaritique) et les enluminures médiévales chrétiennes : dragon serpentiforme colossal dans des eaux ténébreuses, palette de noirs abyssaux, bleus sombres et rouges infernaux.
Ambiance sonore
Ambiance sonore des profondeurs océaniques primordiales : grondements abyssaux, tempêtes marines archaïques et résonances volcaniques évoquant la demeure du monstre du chaos dans les eaux ténébreuses avant la création.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Enuma Elish (Épopée babylonienne de la création)
XIXe–XVIIe siècle av. J.-C.
Cycle de Baal (Tablettes ougaritiques)
XIVe–XIIe siècle av. J.-C.
Livre de Job (Bible hébraïque)
VIe–IVe siècle av. J.-C.
Psaumes 74 et 104 (Bible hébraïque)
Xe–Ve siècle av. J.-C.
Livre d'Énoch (1 Hénoch)
IIe–Ier siècle av. J.-C.
Leviathan (Thomas Hobbes)
1651






