Louis-Bernard Guyton de Morveau(1737 — 1816)

Louis-Bernard Guyton-Morveau

France

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SciencesPolitiqueScientifiqueJuristeTemps modernesFin du siècle des Lumières et Révolution française, période de refondation de la chimie moderne

Chimiste, juriste et homme politique français, Guyton de Morveau fut l'un des artisans de la réforme de la nomenclature chimique avec Lavoisier en 1787. Conventionnel, il participa aussi à la Révolution et contribua à la fondation de l'École polytechnique.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Guyton de Morveau (1737-1816) fut à la fois un chimiste, un juriste et un homme politique de la Révolution française. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il incarne le passage de l'alchimie à la chimie moderne : avec Lavoisier, Berthollet et Fourcroy, il rédige en 1787 la Méthode de nomenclature chimique, qui remplace les noms obscurs des alchimistes par un langage logique encore utilisé aujourd'hui. Moins connu que Lavoisier, il a pourtant joué un rôle clé dans la refondation des sciences et de l'enseignement sous la République, en contribuant à fonder l'École polytechnique en 1794.

Faits marquants

  • Né en 1737 à Dijon, mort en 1816 à Paris
  • Publie en 1782 ses premiers travaux sur une nomenclature chimique systématique
  • Co-auteur avec Lavoisier, Berthollet et Fourcroy de la 'Méthode de nomenclature chimique' (1787)
  • Membre de la Convention nationale et du Comité de salut public pendant la Révolution
  • Participe à la création de l'École polytechnique (1794) dont il fut directeur

Œuvres & réalisations

Digressions académiques (1772)

Recueil de mémoires scientifiques où Guyton expose ses premières idées de chimie, notamment sur le phlogistique et les affinités.

Fumigations désinfectantes à l'acide chlorhydrique (1773)

Procédé d'assainissement de l'air des lieux infectés, adopté dans toute l'Europe pour lutter contre les épidémies.

Méthode de nomenclature chimique (1787)

Œuvre majeure, écrite avec Lavoisier, Berthollet et Fourcroy, qui fonde le langage moderne de la chimie encore utilisé aujourd'hui.

Articles de chimie de l'Encyclopédie méthodique (1786-1789)

Vaste synthèse des connaissances chimiques de l'époque, où il propose une réforme rationnelle des dénominations.

Organisation des ballons militaires d'observation (1794)

Mise en œuvre des aérostats pour l'observation des champs de bataille, notamment à Fleurus, une première dans l'histoire militaire.

Participation à la fondation de l'École polytechnique (1794)

Contribution à la création et à la direction d'une grande école destinée à former les savants et ingénieurs de la République.

Traité des moyens de désinfecter l'air (1801)

Ouvrage de synthèse sur ses méthodes de désinfection, qui fit autorité en hygiène publique pendant le XIXe siècle.

Anecdotes

Avant de réformer la chimie, Guyton de Morveau était avocat général au Parlement de Bourgogne à Dijon. Passionné de sciences, il abandonna peu à peu la robe pour la paillasse, devenant l'un des chimistes les plus respectés de son temps.

En 1773, pour lutter contre les épidémies, il imagina de désinfecter l'air en répandant des vapeurs d'acide chlorhydrique : il aurait ainsi assaini la cathédrale de Dijon, dont l'odeur pestilentielle inquiétait. Ces "fumigations guytoniennes" furent utilisées dans toute l'Europe pendant des décennies.

En 1784, il fut l'un des premiers Français à s'élever dans les airs : il réalisa une ascension en ballon à Dijon, fasciné par cette nouvelle conquête scientifique née quelques mois plus tôt avec les frères Montgolfier.

C'est lui qui proposa, avec Lavoisier, Berthollet et Fourcroy, de débaptiser les substances aux noms mystérieux des alchimistes (comme "l'huile de vitriol") pour les remplacer par des noms logiques décrivant leur composition, comme "acide sulfurique". Cette nomenclature de 1787 est encore à la base du langage chimique actuel.

Député à la Convention, il vota la mort de Louis XVI en 1793, puis présida le redoutable Comité de salut public. Il mit aussi son savoir au service de la guerre, organisant l'usage des ballons d'observation militaires à la bataille de Fleurus en 1794.

Sources primaires

Méthode de nomenclature chimique (Guyton de Morveau, Lavoisier, Berthollet, Fourcroy) (1787)
Une langue bien faite, une langue où l'on aura saisi l'ordre successif et naturel des idées, entraînera une révolution nécessaire et même prompte dans la manière d'enseigner.
Encyclopédie méthodique — Chimie, pharmacie et métallurgie, article de Guyton de Morveau (1786)
Les noms doivent autant qu'il est possible faire connaître la nature des substances qu'ils désignent, et il faut éviter de donner à des corps de natures différentes des dénominations qui semblent les rapprocher.
Mémoire sur l'éducation publique présenté à l'Assemblée législative (1791)
L'instruction publique doit être à la portée de tous les citoyens, et l'étude des sciences exactes y tient le premier rang pour former des esprits justes et utiles à la patrie.
Traité des moyens de désinfecter l'air, de prévenir la contagion et d'en arrêter les progrès (1801)
Les vapeurs de l'acide marin décomposent et détruisent les miasmes répandus dans l'air des lieux infectés, et rendent à l'atmosphère sa salubrité.

Lieux clés

Dijon

Ville natale de Guyton, où il fut avocat général au Parlement de Bourgogne et fonda un cours public de chimie.

Paris

Centre de son action révolutionnaire et scientifique ; il y siégea à la Convention et dirigea l'École polytechnique. Il y mourut en 1816.

École polytechnique (Paris)

École fondée en 1794 dont Guyton fut l'un des organisateurs, puis administrateur et directeur. Il y forma des générations d'ingénieurs.

Académie de Dijon

Société savante de Bourgogne où Guyton présenta ses premiers travaux de chimie et de désinfection de l'air.

Convention nationale (Tuileries, Paris)

Assemblée révolutionnaire où il siégea comme député de la Côte-d'Or, vota la mort du roi et entra au Comité de salut public.

Voir aussi