Louis Blanc(1811 — 1882)
Louis Blanc
Espagne, France
10 min de lecture
Journaliste, historien et théoricien socialiste français (1811-1882). Membre du gouvernement provisoire de la IIe République en 1848, il est à l'origine des Ateliers nationaux et du droit au travail. Exilé en Angleterre après les journées de Juin, il rentre en France après 1870.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins.»
« L'État doit être le régulateur de la concurrence.»
Faits marquants
- 1839 : Publication de L'Organisation du travail, son œuvre théorique majeure
- 1848 : Membre du gouvernement provisoire de la IIe République
- 1848 : Création des Ateliers nationaux pour lutter contre le chômage
- 1848 : Exil en Grande-Bretagne après la répression des journées de Juin
- 1876 : Retour en France et élection à la Chambre des députés
Œuvres & réalisations
Premier grand texte théorique de Louis Blanc, dans lequel il pose les fondements de sa pensée socialiste. Il y démontre que l'inégalité des conditions sociales est la source principale des maux de la société moderne et plaide pour une réorganisation profonde de l'État.
Pamphlet fondateur qui rend Louis Blanc célèbre dans toute la France. Il y propose la création d'ateliers sociaux financés par l'État et gérés démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes, pour mettre fin à la concurrence sauvage et à l'exploitation ouvrière.
Vaste fresque historique en cinq volumes qui analyse les origines et les dérives de la monarchie de Juillet. Immédiatement populaire, l'ouvrage établit Louis Blanc comme l'un des grands historiens politiques de son époque et contribue à déstabiliser le régime de Louis-Philippe.
Chef-d'œuvre en douze volumes rédigé en grande partie durant l'exil londonien, dans lequel Louis Blanc réinterprète la Révolution de 1789 à travers le prisme des luttes sociales. Il y réhabilite Robespierre et les Montagnards, présentés comme les précurseurs du socialisme républicain.
Journal fondé par Louis Blanc depuis son exil à Londres, dans lequel il continue à diffuser ses idées républicaines et socialistes. Cette publication lui permet de maintenir un lien intellectuel avec ses partisans en France malgré l'éloignement forcé.
Recueil d'articles et de discours politiques publiés après son retour d'exil, dans lesquels Louis Blanc prend position sur les grandes questions de la IIIe République naissante : enseignement laïc, libertés publiques et droits des travailleurs.
Anecdotes
Louis Blanc était célèbre pour sa très petite taille — il mesurait à peine un mètre soixante. Ses adversaires politiques le raillaient en le surnommant « le petit Blanc », mais sur la tribune, sa voix puissante et son éloquence faisaient oublier son physique. Ses contemporains notaient qu'il se tenait toujours très droit, comme pour compenser, et que sa présence scénique était remarquable pour un homme de si modeste stature.
En février 1848, Louis Blanc obtient du gouvernement provisoire la création de la Commission du Luxembourg, première instance officielle chargée d'étudier la question ouvrière. Des centaines de délégués ouvriers et de représentants patronaux s'y retrouvent chaque jour au palais du Luxembourg. C'est la première fois dans l'histoire de France que des travailleurs siègent officiellement face au pouvoir pour défendre leurs droits collectifs.
Les Ateliers nationaux créés en 1848 portaient le nom de ses idées mais en trahissaient l'esprit : Louis Blanc avait proposé des « ateliers sociaux » organisés par métier, productifs et autogérés. Ce que le gouvernement mit en place était en réalité une simple caisse de chômage pour occuper les sans-emploi, sans aucune organisation productive. Cette déformation délibérée de ses idées, orchestrée par ses rivaux au sein du gouvernement, contribua à le discréditer auprès d'une partie de l'opinion publique.
Après les journées sanglantes de Juin 1848, Louis Blanc est accusé sans la moindre preuve d'avoir fomenté l'insurrection. Il doit s'exiler à Londres où il restera plus de vingt ans. Dans la capitale britannique, il fréquente d'autres réfugiés politiques européens et continue à rédiger son monumental « Histoire de la Révolution française » dans les salles de lecture du British Museum.
À son retour en France en 1871, Louis Blanc est élu député à l'Assemblée nationale. Lors de la semaine sanglante qui écrase la Commune de Paris, il prend une position courageuse : sans soutenir les communards, il vote contre les mesures d'exception et dénonce publiquement la violence de la répression, ce qui lui vaut l'hostilité d'une grande partie de l'Assemblée conservatrice. Ses funérailles en 1882 seront suivies par une foule immense, témoignant de l'empreinte durable qu'il avait laissée.
Sources primaires
La concurrence est pour le peuple un système d'extermination. [...] Il faut que l'État soit, non pas spectateur des travaux de l'industrie, mais régulateur, organisateur de la production.
La révolution de Juillet fut faite par le peuple et profita aux bourgeois. [...] Les ouvriers avaient combattu ; la bourgeoisie recueillit les fruits de leur victoire.
Le droit au travail, c'est le droit à la vie. Refuser à l'homme le droit au travail, c'est refuser à l'homme le droit d'exister. La société doit à tous ses membres les moyens de vivre en travaillant.
L'inégalité des conditions est la source première de tous les maux sociaux. Tant que l'homme sera l'ennemi de l'homme par la force des institutions, toute liberté sera illusoire.
Dissoudre les Ateliers nationaux sans rien offrir aux ouvriers en échange, c'est les jeter dans le désespoir et allumer l'incendie dans Paris. Je conjure l'Assemblée de ne pas commettre cette faute irréparable.
Lieux clés
Louis Blanc naît à Madrid le 29 octobre 1811, où son père Jean-Charles Blanc travaille comme inspecteur des finances pour le roi Joseph Bonaparte. Cette naissance en exil préfigure ironiquement le destin d'un homme qui passera une grande partie de sa vie loin de France.
En 1848, Louis Blanc préside la Commission du Luxembourg, installée dans ce palais parisien siège du Sénat. C'est là qu'il réunit pour la première fois des délégués ouvriers et des représentants du gouvernement pour débattre officiellement des conditions de travail, une expérience unique dans l'histoire sociale française.
Louis Blanc s'exile à Londres de 1848 à 1871, soit plus de vingt ans. Il y côtoie d'autres réfugiés politiques européens, rédige son Histoire de la Révolution française au British Museum et observe le développement du mouvement ouvrier anglais, source d'inspiration pour ses théories.
Après son retour d'exil, Louis Blanc siège comme député républicain à l'Assemblée nationale où il défend les droits sociaux et s'oppose à la réaction conservatrice. C'est depuis cette tribune qu'il dénonce la répression sanglante de la Commune de Paris en mai 1871.
Louis Blanc meurt à Cannes le 6 décembre 1882, où il s'était rendu pour soigner une santé fragile. Sa dépouille est ramenée à Paris pour des funérailles républicaines suivies par une foule nombreuse d'ouvriers et de militants, témoignant de l'empreinte durable laissée par sa vie entière au service du mouvement social.






