Mikhaïl Bakounine(1814 — 1876)

Mikhaïl Bakounine

France, Empire russe

6 min de lecture

PhilosophiePolitiqueSociétéRévolutionnaireXIXe siècleEurope du XIXe siècle, marquée par les révolutions de 1848, l'essor du mouvement ouvrier et les débats théoriques du socialisme naissant.

Révolutionnaire et philosophe russe, figure majeure de l'anarchisme et du socialisme libertaire au XIXe siècle. Adversaire de Marx au sein de la Première Internationale, il prônait l'abolition de l'État et de toute autorité au profit d'une société fédéraliste et collectiviste.

Questions fréquentes

Mikhaïl Bakounine (1814-1876) est un révolutionnaire russe, considéré comme l'un des pères de l'anarchisme moderne. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a passé sa vie à combattre toute forme d'autorité – État, Église, propriété privée – au nom d'une liberté absolue et d'une société sans classes. Il s'est illustré en s'opposant frontalement à Karl Marx au sein de la Première Internationale (1864-1876), défendant un socialisme libertaire contre le socialisme d'État. Sa pensée a marqué les mouvements ouvriers et libertaires jusqu'à aujourd'hui.

Citations célèbres

« La liberté sans le socialisme, c'est le privilège, l'injustice ; le socialisme sans la liberté, c'est l'esclavage et la brutalité.»
« La passion de la destruction est en même temps une passion créatrice.»

Faits marquants

  • Né en 1814 dans une famille de la noblesse russe à Priamoukhino
  • Participe aux révolutions de 1848-1849 (Prague, Dresde), arrêté et livré à la Russie
  • Déporté en Sibérie, il s'en évade en 1861 et regagne l'Europe occidentale
  • Rivalité avec Karl Marx aboutissant à son exclusion de la Première Internationale en 1872
  • Mort en 1876 à Berne, laissant une œuvre fondatrice pour l'anarchisme

Œuvres & réalisations

Fédéralisme, socialisme et antithéologisme (1867)

Texte fondateur exposant sa vision d'une société fédéraliste, sans État et sans Dieu, opposée à toute autorité centralisée.

Dieu et l'État (rédigé en 1871, publié à titre posthume en 1882)

Œuvre la plus célèbre de Bakounine, virulente critique de la religion et de l'État au nom de la liberté humaine.

Étatisme et anarchie (1873)

Ouvrage majeur où il critique le marxisme et défend l'anarchisme ; il y formule sa célèbre opposition entre liberté et socialisme autoritaire.

Fondation de l'Alliance internationale de la démocratie socialiste (1868)

Organisation à orientation anarchiste qui rivalisa avec la direction marxiste au sein de la Première Internationale.

La Confession (1851)

Long texte autobiographique adressé au tsar Nicolas Ier depuis sa prison, document précieux sur son parcours révolutionnaire.

Catéchisme révolutionnaire (vers 1866)

Programme exposant les principes de la révolution sociale et de la liberté fondés sur le fédéralisme et l'athéisme.

L'Empire knouto-germanique et la Révolution sociale (1871)

Vaste ouvrage critiquant l'État allemand et russe, dont est issu le fragment connu sous le nom de Dieu et l'État.

Anecdotes

Issu d'une famille de la noblesse russe, Bakounine fut d'abord officier dans l'artillerie du tsar avant de démissionner pour étudier la philosophie. Il quitta la Russie en 1840 et n'y reviendra que comme prisonnier, des années plus tard.

Lors des révolutions de 1848-1849, Bakounine participa à l'insurrection de Dresde aux côtés du compositeur Richard Wagner. Arrêté, il fut condamné à mort à deux reprises (en Saxe puis en Autriche) avant d'être finalement livré à la Russie.

Emprisonné dans la sinistre forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg, le tsar Nicolas Ier lui demanda d'écrire une confession. Bakounine rédigea un long texte ambigu, puis fut exilé en Sibérie d'où il s'évada en 1861 par un périple extraordinaire à travers le Japon et les États-Unis avant de regagner l'Europe.

Sa rivalité avec Karl Marx au sein de la Première Internationale fut féroce : en 1872, au congrès de La Haye, les partisans de Marx firent exclure Bakounine de l'organisation, provoquant une scission durable entre marxistes et anarchistes.

Doté d'une force physique et d'une éloquence légendaires, Bakounine vivait dans un désordre permanent, sans argent, dormant peu, fumant énormément et entraînant les foules par ses discours enflammés sur la liberté.

Sources primaires

Dieu et l'État (rédigé en 1871, publié en 1882)
Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître. Toute autorité, divine ou humaine, est une négation de la liberté de l'homme.
Étatisme et anarchie (1873)
La liberté sans le socialisme, c'est le privilège, l'injustice ; le socialisme sans la liberté, c'est l'esclavage et la brutalité.
La Confession (au tsar Nicolas Ier) (1851)
Texte écrit en captivité dans la forteresse Pierre-et-Paul, dans lequel Bakounine s'adresse au tsar pour exposer son parcours révolutionnaire.
Fédéralisme, socialisme et antithéologisme (1867)
L'État n'est autre chose que cette abstraction dévorante de la vie populaire ; il est le sacrifice perpétuel de la masse à un petit nombre de privilégiés.

Lieux clés

Priamoukhino (Russie)

Domaine familial où naquit Bakounine, au sein de la noblesse rurale russe. C'est là que se forma sa première sensibilité intellectuelle.

Forteresse Pierre-et-Paul, Saint-Pétersbourg

Prison politique du régime tsariste où Bakounine fut enfermé après son extradition. Il y rédigea sa célèbre Confession au tsar.

Dresde (Saxe)

Ville où Bakounine prit part à l'insurrection de mai 1849 aux côtés de Richard Wagner. Son arrestation y marqua le début de ses années de captivité.

Sibérie

Lieu d'exil de Bakounine après ses années de prison, d'où il s'évada en 1861 par un long voyage autour du monde.

Genève (Suisse)

Centre de l'activité militante de Bakounine dans les années 1860-1870, où il organisa ses réseaux anarchistes et affronta les marxistes de l'Internationale.

Berne (Suisse)

Ville où Bakounine passa ses dernières années et mourut en 1876, malade et désargenté.

Voir aussi