Aristocrate converti à la Révolution, député aux États généraux puis conventionnel, il vote la mort du roi Louis XVI en janvier 1793. Assassiné la veille de l'exécution par un garde royal, il devient le premier martyr de la Révolution française et est provisoirement inhumé au Panthéon.
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je vote la mort.»
Faits marquants
- 1760 : naissance à Paris dans une famille de haute noblesse
- 1789 : élu député du Tiers état aux États généraux malgré son rang
- Janvier 1793 : vote la mort de Louis XVI lors du procès du roi
- 20 janvier 1793 : assassiné au Palais-Royal par le garde royal Pâris, la veille de l'exécution du roi
- 1793 : inhumé au Panthéon comme premier martyr de la Révolution, puis dépouille réclamée par sa famille
Œuvres & réalisations
Membre actif du comité de législation criminelle de l'Assemblée constituante, Lepeletier participe à l'élaboration du premier Code pénal moderne français, qui abolit la torture judiciaire et introduit des peines proportionnées aux crimes.
Lors de la nuit historique du 4 août, il prend la parole pour soutenir l'abolition des droits seigneuriaux, acceptant publiquement de renoncer à ses propres privilèges, geste symbolique fort d'un grand aristocrate.
Son vote « la mort » lors de l'appel nominal sur le sort de Louis XVI est son acte politique le plus retentissant. En tant qu'ancien noble et magistrat, ce choix a une résonance particulière et lui vaut son assassinat.
Son œuvre intellectuelle majeure, prévoyant une éducation publique, gratuite, obligatoire et commune pour tous les enfants français de 5 à 12 ans dans des « maisons d'égalité ». Repris par Robespierre, ce plan préfigure les principes de l'école républicaine de Jules Ferry.
Anecdotes
Issu d'une des plus anciennes familles nobles de France, Lepeletier de Saint-Fargeau est l'un des premiers aristocrates à siéger aux États généraux de 1789 et à voter, dès la nuit du 4 août, l'abolition de ses propres privilèges. Cet acte stupéfait ses pairs : il renonce volontairement à des revenus considérables et à des droits féodaux séculaires, affirmant que la raison doit primer sur la naissance.
Lors du procès de Louis XVI, Lepeletier fait partie des conventionnels qui votent la mort sans délai ni sursis, le 17 janvier 1793. Son vote est d'autant plus remarqué qu'en tant qu'ancien noble et ami du roi, on espérait qu'il choisirait la clémence. Il déclare à la tribune que sa conscience lui impose ce choix, quel qu'en soit le prix personnel.
Le soir du 20 janvier 1793, veille de l'exécution de Louis XVI, Lepeletier dîne au restaurant Février, dans le Palais-Royal. Un ancien garde du corps du roi, Philippe de Paris, l'y reconnaît et lui plante une lame dans le flanc en lui reprochant son vote régicide. Lepeletier expire quelques heures plus tard, devenant ainsi le premier martyr de la République française.
Le peintre Jacques-Louis David, ami du défunt, convainc la Convention de laisser le corps exposé sur un bouclier place Vendôme, la blessure visible aux yeux de tous. David réalise ensuite un tableau commémoratif montrant Lepeletier mort, son vote « la mort » visible sur un papier à côté de lui. Cette mise en scène politique est l'une des premières utilisations modernes du martyr révolutionnaire comme outil de propagande.
Lepeletier avait soumis à la Convention, peu avant sa mort, un ambitieux Plan d'éducation nationale prévoyant des « maisons d'égalité » où tous les enfants français, riches et pauvres, seraient élevés ensemble aux frais de l'État de 5 à 12 ans. Robespierre reprend et défend ce plan à titre posthume en juillet 1793, le présentant comme le testament politique du martyr. Ce projet préfigure les débats sur l'école républicaine qui traverseront tout le XIXe siècle.
Sources primaires
Je demande que, depuis l'âge de cinq ans jusqu'à douze pour les garçons, et jusqu'à onze pour les filles, tous les enfants sans distinction et sans exception soient élevés en commun aux frais de la République.
Lepeletier (Michel) : La mort.
Citoyens, un crime affreux vient d'être commis. Lepeletier Michel, représentant du peuple, a été assassiné hier au soir par un des satellites du tyran.
J'ai cru devoir offrir à la patrie un dernier hommage à notre ami Michel Lepeletier ; j'ai peint ses traits au moment où, frappé par la main d'un scélérat, il venait de donner sa vie pour la liberté.
La Convention nationale décrète que Lepeletier Michel mérite bien de la patrie ; que son corps sera transporté au Panthéon français, et que ses cendres y reposeront jusqu'à ce que la paix soit rendue à la République.
Lieux clés
Résidence familiale aristocratique où Lepeletier naît en 1760. Il grandit dans ce milieu de haute noblesse de robe, entouré de juristes et de magistrats.
C'est dans ce restaurant du Palais-Royal, haut lieu de la vie politique et sociale parisienne, que Lepeletier est assassiné le soir du 20 janvier 1793 par un royaliste.
Temple républicain où le corps de Lepeletier est inhumé provisoirement le 24 janvier 1793 lors de grandioses funérailles nationales, avant que sa fille ne fasse transférer ses restes après Thermidor.
Domaine ancestral de la famille Lepeletier en Bourgogne, où ses restes reposent définitivement après leur transfert depuis le Panthéon en 1794.
Lieu de réunion de la Convention nationale, où Lepeletier siège et prononce ses votes historiques, notamment celui pour la mort de Louis XVI en janvier 1793.
Objets typiques

Longue robe noire bordée d'hermine portée par les hauts magistrats des Parlements d'Ancien Régime. Lepeletier la revêtait dans ses fonctions de président du Parlement de Paris avant de tout abandonner pour la Révolution.

Arme blanche avec laquelle Philippe de Paris blessa mortellement Lepeletier le 20 janvier 1793 dans un restaurant du Palais-Royal. Cet objet devient le symbole du martyre républicain.

Document rédigé par Lepeletier proposant une école républicaine obligatoire et gratuite pour tous les enfants de 5 à 12 ans. Lu à la Convention après sa mort par Robespierre, il constitue son principal héritage intellectuel.

Grand bouclier sur lequel David fit exposer le corps de Lepeletier place Vendôme, la blessure bien visible, pour transformer sa mort en acte politique et mobiliser le peuple.

Vêtement civil sobre — frac sombre, culotte, chapeau à plumes tricolores — que portaient les représentants du peuple à la Convention nationale, marquant l'abandon des ornements de l'Ancien Régime.

Billet de papier-monnaie émis par la Révolution française, gagé sur les biens nationaux confisqués au clergé et aux émigrés. Lepeletier, comme tous les conventionnels, recevait ses indemnités en assignats.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Sous la Convention, Lepeletier se lève tôt dans son logement parisien, dépouille les journaux révolutionnaires comme Le Moniteur universel et Le Père Duchesne, et rédige sa correspondance politique. En tant qu'ancien magistrat, il consacre aussi ses matins à l'étude des textes de loi soumis aux comités.
Après-midi
Il passe ses après-midis dans les couloirs et la salle du Manège où siège la Convention nationale, participant aux débats houleux sur la guerre, la Trahison et le procès du roi. Les séances peuvent durer jusqu'à la nuit tombée et sont souvent entrecoupées de votes à la tribune.
Soir
Ses soirées se partagent entre les clubs politiques — notamment les Jacobins dont il est membre — et les restaurants et cafés du Palais-Royal, où les conventionnels échangent des nouvelles et des arguments loin du vacarme de l'assemblée. C'est lors de l'une de ces soirées qu'il est assassiné.
Alimentation
La table d'un conventionnel fortuné comme Lepeletier reste relativement bien fournie malgré les difficultés de l'époque : viandes rôties, pain blanc, vins de Bourgogne (dont ceux de ses terres de l'Yonne), fromages. Il dîne souvent au restaurant, pratique encore récente mais très prisée à Paris.
Vêtements
Après 1789, il abandonne les perruques poudrées et les habits brodés de l'Ancien Régime pour adopter la tenue civile sobre des patriotes : frac sombre, chemise à jabot blanc, chapeau bicorne orné de la cocarde tricolore. Cette conversion vestimentaire affiche son ralliement sincère à la Révolution.
Habitat
Lepeletier dispose d'un hôtel particulier à Paris et du château familial de Saint-Fargeau en Bourgogne. Pendant les sessions de la Convention, il réside dans son appartement parisien, dans un quartier bourgeois. Ses revenus fonciers considérables lui permettent de maintenir un train de vie aisé, même s'il milite pour l'égalité.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Contributions au Code pénal de 1791
1791
Discours pour l'abolition des privilèges féodaux
4 août 1789
Vote régicide lors du procès de Louis XVI
17 janvier 1793
Plan d'éducation nationale
1793 (posthume, lu le 13 juillet 1793)






