Militante révolutionnaire belge (1762-1817), Théroigne de Méricourt prit part activement à la Révolution française, notamment lors de la marche des femmes sur Versailles (1789). Ardente défenseure des droits politiques des femmes, elle fut l'une des premières féministes révolutionnaires avant d'être internée à la Salpêtrière jusqu'à sa mort.
Théroigne de Méricourt
Théroigne de Méricourt
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1762 : naissance à Marcourt dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique)
- Octobre 1789 : participation à la marche des femmes sur Versailles
- 1791 : arrêtée par les Autrichiens, emprisonnée au château de Kufstein
- Mai 1793 : fouettée publiquement par des femmes jacobines, marquant sa rupture avec la Révolution
- 1794-1817 : internée à l'hospice de la Salpêtrière jusqu'à sa mort
Œuvres & réalisations
Théroigne crée à Paris l'un des premiers clubs politiques exclusivement féminins, destiné à former les femmes à la citoyenneté et à débattre des affaires publiques. Cette initiative pionnière anticipe les luttes féministes du siècle suivant.
Dans ce discours resté célèbre, Théroigne appelle les femmes à s'armer et à former des bataillons pour défendre la République. Elle y formule l'une des premières revendications explicites d'égalité politique totale entre les sexes.
Théroigne rédige et fait circuler une pétition réclamant que les femmes puissent intégrer la Garde nationale au même titre que les hommes. Ce texte illustre sa conviction que la citoyenneté ne peut être incomplète.
Action collective emblématique à laquelle Théroigne prit une part active en mobilisant et en agitant les foules. Cet événement força Louis XVI à rejoindre Paris et resta le symbole de l'entrée des femmes dans la politique révolutionnaire.
Théroigne combattit lors de la journée insurrectionnelle qui renversa la monarchie, portant les armes aux côtés des sans-culottes. Sa présence armée ce jour-là fit d'elle une icône controversée de la Révolution.
Anecdotes
Théroigne de Méricourt n'était pas son vrai nom : elle s'appelait en réalité Anne-Josèphe Terwagne, née dans un petit village des Ardennes belges. Elle adopta le nom « Théroigne de Méricourt » pour sonner plus français et s'imposer dans les cercles révolutionnaires parisiens, où les origines étrangères pouvaient être suspectes.
Le 5 octobre 1789, Théroigne participa à la célèbre marche des femmes sur Versailles. Des milliers de Parisiennes, exaspérées par la cherté du pain, marchèrent jusqu'au château royal pour contraindre Louis XVI à rentrer à Paris. Théroigne y joua un rôle d'agitation et de mobilisation, devenant l'un des visages féminins de la Révolution.
Théroigne arborait un costume spectaculaire qui la rendait immédiatement reconnaissable : un habit rouge de style amazonien, un chapeau à plumes et un sabre à la ceinture. Cette tenue symbolisait sa revendication d'une égalité totale entre hommes et femmes, y compris le droit de porter les armes pour défendre la République.
En mai 1793, Théroigne fut publiquement fouettée par un groupe de femmes jacobines sur la terrasse des Feuillants, près de l'Assemblée nationale. Accusée de sympathies girondines, elle fut humiliée devant la foule. Ce traumatisme brutal, combiné à des années d'engagement épuisant, précipita sa descente dans la folie.
Arrêtée en 1791 par les autorités autrichiennes lors d'un voyage dans ses terres natales, Théroigne fut transférée à Vienne et interrogée personnellement sur ordre de l'empereur Léopold II, qui voulait comprendre le fonctionnement des réseaux révolutionnaires français. Elle refusa de livrer ses camarades et fut finalement relâchée grâce aux protestations de l'Assemblée nationale.
Sources primaires
Il faut que les femmes sortent enfin de la léthargie honteuse dans laquelle l'ignorance et l'orgueil des hommes les ont trop longtemps plongées. Il faut que nous unissions nos forces pour réclamer les droits que la nature nous a accordés et que la tyrannie nous a ravis.
Elle a déclaré avoir fréquenté les tribunes de l'Assemblée nationale, s'être lié avec plusieurs députés patriotes, et avoir pris part à diverses journées révolutionnaires qu'elle décrit avec une exaltation manifeste. Elle nie toute participation à des complots contre les souverains étrangers.
On remarquait parmi les plus ardentes une belle liégeoise, connue sous le nom de Théroigne, dont le courage et la beauté excitaient l'admiration générale. Elle était vêtue en amazone et ne quittait point son sabre.
La patiente, anciennement connue sous le nom de citoyenne Théroigne, présente un état mélancolique fixe depuis plusieurs années. Elle répète inlassablement des fragments de discours révolutionnaires et semble revivre les journées de 1793 avec une terreur non dissimulée.
Lieux clés
Village natal de Théroigne, alors dans les Pays-Bas autrichiens. Fille de paysans, elle y passa une enfance difficile avant de quitter sa région pour tenter sa chance à Paris.
Théroigne participa à la marche des femmes du 5 octobre 1789 qui força Louis XVI à quitter Versailles pour s'installer à Paris. Cet événement majeur de la Révolution fut l'une de ses premières grandes actions militantes.
Théroigne participa à la prise des Tuileries le 10 août 1792, journée insurrectionnelle qui renversa la monarchie et proclama la République. Elle y apparut en tenue d'amazone, sabre au côté.
Théroigne y fut internée en 1794 après sa crise de folie et y mourut en 1817, après vingt-trois années de réclusion. Le psychiatre Esquirol l'y étudia, faisant d'elle une figure involontaire de l'histoire de la psychiatrie.
Arrêtée en 1791 lors d'un séjour dans sa région natale, Théroigne fut conduite à Vienne et interrogée par les services de l'Empereur sur les réseaux révolutionnaires français. Elle y fut détenue plusieurs mois avant sa libération.
Objets typiques

Théroigne arborait un long manteau rouge inspiré des tenues d'équitation, symbole de son refus des rôles féminins traditionnels. Ce vêtement militant lui valut le surnom d'« amazone de la Liberté ».

Elle portait ostensiblement un sabre à la ceinture pour affirmer que les femmes avaient autant le droit que les hommes de défendre la République par les armes. Ce geste symbolique choqua autant qu'il inspira ses contemporains.

Comme tous les patriotes, Théroigne arborait la cocarde bleu-blanc-rouge, signe d'appartenance au camp révolutionnaire. Elle milita pour que le port de la cocarde soit rendu obligatoire pour les femmes aussi.

Théroigne lisait et distribuait les journaux militants comme Les Révolutions de France, qui contribuaient à diffuser les idées nouvelles. Elle rédigeait elle-même des pétitions et des discours pour revendiquer les droits politiques des femmes.

Son chapeau orné de plumes complétait son costume d'amazone et la rendait immédiatement reconnaissable dans les cortèges et les tribunes de l'Assemblée. Ce couvre-chef hors du commun participait à sa mise en scène politique volontaire.

Théroigne rédigea plusieurs pétitions adressées à l'Assemblée nationale pour réclamer le droit de vote et le droit de porter les armes pour les femmes. Ces documents écrits à la main étaient copiés et circulaient dans les clubs patriotiques.
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Vie quotidienne
Matin
Théroigne se levait tôt dans son appartement parisien du quartier des Cordeliers. Elle lisait les journaux révolutionnaires comme Les Révolutions de France ou L'Ami du peuple pour suivre les débats politiques, puis rédigeait des lettres et des pétitions destinées aux clubs ou aux députés.
Après-midi
Elle se rendait aux tribunes de l'Assemblée nationale ou du Club des Jacobins pour écouter les débats, souvent vêtue de son habit rouge qui la rendait reconnaissable entre mille. Elle participait aussi aux réunions de son propre club et arpentait les sections populaires de Paris pour haranguer les citoyens.
Soir
Les soirées étaient consacrées aux discussions politiques dans les cafés ou les salons patriots, où elle côtoyait des députés et des journalistes révolutionnaires. Elle préparait ses prochains discours et entretenait son réseau de militants favorables aux droits des femmes.
Alimentation
Comme la majorité des Parisiens révolutionnaires, Théroigne vivait simplement : soupe, pain bis, légumes et parfois de la viande les jours fastes. Les pénuries alimentaires qui agitaient Paris — notamment la cherté du pain — étaient une réalité quotidienne qui justifiait à ses yeux l'engagement politique des femmes.
Vêtements
Son costume signature — l'habit rouge à l'amazone, le chapeau à plumes et le sabre — était un véritable manifeste politique porté sur soi. Au quotidien, elle pouvait arborer une tenue plus sobre, mais la cocarde tricolore était toujours présente, signe d'appartenance irréductible au camp patriote.
Habitat
Théroigne occupait un appartement modeste à Paris, dans les quartiers fréquentés par les militants révolutionnaires. Contrairement aux grandes dames de l'Ancien Régime, elle vivait sans domestiques, dans des conditions proches de celles des artisans et petits bourgeois qui formaient le cœur des sans-culottes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation du Club des Amies de la Loi
1790
Discours à la Société fraternelle des minimes
25 mars 1792
Pétition pour le droit des femmes à porter les armes
1792
Participation à la marche des femmes sur Versailles
5-6 octobre 1789
Participation à la prise des Tuileries
10 août 1792






