Écrivain français, auteur de l'œuvre monumentale « À la recherche du temps perdu ». Pionnier du roman moderne, il a exploré la mémoire involontaire, le temps et la société de la Belle Époque.
Marcel Proust(1871 — 1922)
Marcel Proust
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure.»
« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.»
Faits marquants
- Né le 10 juillet 1871 à Auteuil (Paris), mort le 18 novembre 1922 à Paris
- Publication de « Du côté de chez Swann », premier tome de « À la recherche du temps perdu », en 1913 à compte d'auteur après plusieurs refus
- Prix Goncourt en 1919 pour « À l'ombre des jeunes filles en fleurs »
- Rédaction de l'essentiel de son œuvre reclus dans sa chambre tapissée de liège, de 1909 à sa mort
- Publication posthume des derniers tomes, dont « Le Temps retrouvé » en 1927
Œuvres & réalisations
Premier livre de Proust, un recueil de nouvelles, poèmes et portraits préfacé par Anatole France. Il passa presque inaperçu à sa sortie.
Premier tome de « À la recherche du temps perdu », publié à compte d'auteur après plusieurs refus. Il contient l'épisode de la madeleine.
Deuxième tome de la Recherche, couronné par le prix Goncourt, qui assit la renommée de Proust.
Troisième tome, qui plonge dans le monde aristocratique du faubourg Saint-Germain.
Quatrième tome, dernier volume publié du vivant de Proust, audacieux par ses thèmes pour l'époque.
Dernier tome de la Recherche, où le narrateur comprend sa vocation d'écrivain et le sens de la mémoire.
Essai inachevé où Proust expose sa conception de la création littéraire, matrice de son grand roman.
Anecdotes
Asthmatique depuis l'âge de neuf ans, Proust avait fait recouvrir de liège les murs de sa chambre du boulevard Haussmann pour étouffer les bruits de Paris. Il y vivait à l'envers : dormant le jour, il écrivait la nuit, emmitouflé dans des lainages, avec parfois des fumigations contre ses crises.
Le célèbre épisode de la madeleine trempée dans le thé, qui ouvre « À la recherche du temps perdu », illustre ce que Proust appelle la mémoire involontaire : une saveur ou une odeur ressuscite tout un pan du passé. C'est devenu l'image la plus connue de toute la littérature française du XXe siècle.
En 1919, Proust reçoit le prix Goncourt pour « À l'ombre des jeunes filles en fleurs ». Le choix fit scandale : beaucoup trouvaient l'auteur trop mondain, trop âgé et trop riche face à un jeune combattant de la guerre, Roland Dorgelès, qui était le favori.
Proust ne cessait de corriger et d'allonger ses manuscrits en collant bout à bout des bandes de papier appelées « paperoles », qui pouvaient se déplier sur plus d'un mètre. Il travailla à son immense roman jusqu'à sa mort, dictant encore des corrections quelques jours avant de s'éteindre.
En 1897, vexé par les insinuations du journaliste Jean Lorrain, le jeune Proust le provoqua en duel au pistolet. Les deux hommes tirèrent sans se blesser : le duel, encore courant à la Belle Époque, servait surtout à défendre son honneur.
Sources primaires
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. »
Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.
Je vis dans une chambre dont j'ai fait garnir les murs de liège pour qu'aucun bruit du dehors ne pénètre.
Lieux clés
Quartier où naît Proust en 1871, dans la maison de son grand-oncle. C'était alors un faubourg verdoyant de l'ouest parisien.
Appartement où Proust vécut de 1907 à 1919 et fit aménager sa chambre de liège. C'est là qu'il rédigea l'essentiel de « À la recherche du temps perdu ».
Village où le petit Marcel passait ses vacances chez sa tante. Il a inspiré le « Combray » du roman, au point que la commune a ajouté ce nom au sien en 1971.
Station balnéaire de la côte normande où Proust séjournait au Grand Hôtel. Elle a servi de modèle à la « Balbec » de la Recherche.
Établissement où Proust fit ses études secondaires et se lia avec de futurs écrivains et artistes.
Lieu où Proust est inhumé dans le caveau familial après sa mort en 1922. Sa tombe reste un lieu de visite pour les lecteurs du monde entier.
Objets typiques

Petit gâteau en forme de coquillage que le narrateur trempe dans une tasse de thé. Sa saveur déclenche la fameuse résurgence des souvenirs d'enfance.

Infusion chaude dans laquelle on trempe la madeleine. La tasse de tilleul de la tante Léonie est devenue une icône de l'œuvre proustienne.

Bandes de papier que Proust collait à ses cahiers pour ajouter corrections et passages entiers. Certaines se dépliaient sur plus d'un mètre de long.

Carnets et cahiers d'écolier dans lesquels Proust rédigeait son roman à l'encre, la nuit, depuis son lit. Ils sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.

Manteau doublé de fourrure que Proust gardait souvent sur lui, même à l'intérieur, à cause de sa frilosité et de son asthme.

Panneaux de liège dont Proust fit tapisser les murs de sa chambre pour se couper du bruit et de la poussière de Paris.

Voiture à cheval de louage utilisée pour circuler dans Paris avant l'automobile. Proust s'en servait pour ses sorties nocturnes et ses visites mondaines.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Proust dormait pendant la journée et se réveillait souvent en fin d'après-midi. À cause de son asthme, il restait au lit, dans une chambre obscurcie par d'épais rideaux et tapissée de liège.
Après-midi
L'après-midi, encore alité, il lisait son courrier, recevait de rares visiteurs ou se faisait apporter des nouvelles du monde. Sa fidèle gouvernante Céleste Albaret veillait sur ses moindres besoins.
Soir
C'est la nuit que Proust écrivait, accumulant cahiers et paperoles. Il sortait parfois tard pour vérifier un détail ou assister à une soirée mondaine, puis revenait travailler jusqu'à l'aube.
Alimentation
Mangeant peu et à des heures irrégulières, Proust se contentait souvent de café au lait, de croissants et de quelques plats légers. La crainte des crises d'asthme lui faisait éviter de nombreux aliments.
Vêtements
Frileux et fragile, il portait volontiers plusieurs épaisseurs de lainage et gardait parfois sa pelisse fourrée à l'intérieur. En société, il soignait au contraire son élégance de dandy mondain.
Habitat
Il habita surtout un appartement du boulevard Haussmann, où sa chambre, garnie de liège, le coupait du bruit et de la poussière. L'espace était encombré de meubles, de livres et de manuscrits.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Plaisirs et les Jours
1896
Du côté de chez Swann
1913
À l'ombre des jeunes filles en fleurs
1919
Le Côté de Guermantes
1920-1921
Sodome et Gomorrhe
1921-1922
Le Temps retrouvé
1927 (posthume)
Contre Sainte-Beuve
1954 (posthume)






