Margherita Luti(1500 — 1522)

Margherita Luti

6 min de lecture

Arts visuelsRenaissanceRenaissance italienne, début du XVIe siècle, à Rome au temps des papes mécènes Jules II et Léon X

Margherita Luti, dite la Fornarina (« la fille du boulanger »), fut le modèle et la compagne du peintre Raphaël à Rome. Son visage a inspiré plusieurs de ses Madones et le célèbre portrait La Fornarina.

Questions fréquentes

Margherita Luti, née vers 1500 dans le quartier populaire de Trastevere à Rome, est surtout connue comme la compagne et le modèle du peintre Raphaël. Son surnom, Fornarina (« la petite boulangère »), vient de la tradition qui faisait de son père un boulanger. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle est devenue une figure mythique de la Renaissance non par son œuvre propre, mais parce que son visage a servi de modèle à certaines des Madones les plus célèbres de Raphaël, comme La Madone à la chaise et La Donna Velata. Sa vie est étroitement liée à l'apogée artistique de Rome sous les papes Jules II et Léon X.

Faits marquants

  • Active à Rome au début du XVIe siècle (vers 1515-1520), à l'apogée de la carrière romaine de Raphaël
  • Identifiée traditionnellement comme la fille d'un boulanger du quartier du Trastevere, d'où son surnom « la Fornarina »
  • Modèle présumé du tableau La Fornarina (vers 1518-1519), conservé à la Galleria Nazionale d'Arte Antica de Rome
  • Son visage est associé à plusieurs Madones et à La Donna velata de Raphaël
  • Compagne de Raphaël jusqu'à la mort du peintre en 1520

Œuvres & réalisations

La Fornarina (portrait par Raphaël) (vers 1518-1520)

Portrait pour lequel Margherita aurait posé, devenu l'une des images les plus célèbres de la Renaissance ; le bracelet porte la signature de Raphaël. Conservé à Rome (Galleria Nazionale d'Arte Antica).

La Donna Velata (La Femme voilée) (vers 1512-1516)

Portrait d'une jeune femme au voile dont les traits sont très proches de la Fornarina ; chef-d'œuvre conservé au Palais Pitti à Florence.

Madone à la chaise (Madonna della Seggiola) (vers 1513-1514)

Célèbre Madone de Raphaël dont le visage doux aurait été inspiré, selon la tradition, par celui de sa compagne. Palais Pitti, Florence.

La Madone Sixtine (visage de la Vierge) (vers 1512-1513)

Grande Madone de Raphaël dans laquelle certains commentateurs ont cru reconnaître les traits idéalisés de la Fornarina. Conservée à Dresde.

Inspiration des Madones de Raphaël (1513-1520)

Au-delà d'une seule œuvre, le visage de Margherita aurait nourri tout un type de figure féminine douce et idéale dans la peinture de Raphaël à Rome.

Anecdotes

On la surnomme « la Fornarina », c'est-à-dire « la fille du boulanger », car la tradition rapporte que son père tenait une boulangerie dans le quartier romain du Trastevere. Ce surnom est devenu plus célèbre que son vrai nom, au point qu'on a longtemps oublié qu'elle s'appelait peut-être Margherita Luti.

Sur le célèbre tableau La Fornarina, on remarque un fin bracelet bleu noué autour du bras de la jeune femme, où figure la signature « RAPHAEL VRBINAS » (Raphaël d'Urbino). C'est comme si le peintre avait voulu inscrire son nom sur la peau même de son modèle, signe de l'attachement qui les liait.

La biographie de Raphaël écrite par Giorgio Vasari raconte que le peintre était si épris de sa compagne qu'il ne pouvait travailler sans elle ; pour qu'il achève une commande, on aurait même fait venir la jeune femme près de lui sur le chantier.

Le visage de Margherita aurait inspiré plusieurs Madones de Raphaël ainsi que le tendre portrait de La Donna Velata (« La Femme voilée »), où l'on reconnaît des traits très proches de ceux de la Fornarina.

Une légende tenace, rapportée par Vasari, affirme que Raphaël mourut prématurément en 1520, à seulement 37 ans, épuisé par sa passion amoureuse. Les historiens pensent plutôt à une fièvre, mais l'histoire de la Fornarina a nourri pendant des siècles le mythe de l'artiste mort d'amour.

Sources primaires

Giorgio Vasari, Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (Vie de Raphaël) (1550 (rééd. 1568))
Raphaël était un homme très porté à l'amour et fort attaché aux femmes, qu'il servait sans cesse. On raconte qu'il aimait une de ses maîtresses au point de ne pouvoir s'appliquer à son travail loin d'elle.
Inscription sur le tableau La Fornarina (Galleria Nazionale d'Arte Antica, Rome) (vers 1518-1520)
RAPHAEL VRBINAS — signature du peintre inscrite sur le bracelet bleu peint au bras de la jeune femme.
Documents d'archives romaines mentionnant « Margarita », fille de Francesco Luti de Sienne, boulanger au Trastevere (XVIe siècle)
Mention d'une Margherita, fille d'un boulanger siennois établi à Rome, identifiée par certains érudits à la Fornarina ; une religieuse du couvent de Sant'Apollonia est enregistrée sous le nom de veuve de Raphaël après 1520.

Lieux clés

Trastevere (quartier de Rome)

Quartier populaire de Rome, sur la rive droite du Tibre, où la tradition situe la boulangerie de son père et la maison familiale de Margherita.

Rome

Capitale des papes mécènes Jules II et Léon X, centre artistique de la Renaissance où Margherita vécut toute sa vie et rencontra Raphaël.

Villa Farnesina

Villa du riche banquier Agostino Chigi, sur le Tibre, où Raphaël travailla à de grandes fresques ; la tradition veut que la Fornarina l'y ait accompagné.

Atelier de Raphaël, Rome

Lieu de travail du peintre où Margherita posait comme modèle pour ses portraits et ses Madones.

Couvent de Sant'Apollonia, Trastevere

Couvent romain où, selon des documents, une « Margherita, veuve de Raphaël » se serait retirée après la mort du peintre en 1520.

Voir aussi