Retour à Marguerite Duras
La table-provision de la rue Saint-Benoît
Duras ne pensait pas la table en entrée-plat-dessert mais en maison toujours prête à nourrir : une soupe-socle qui mijote pour quiconque pousse la porte, un plat unique qu'on laisse longtemps sur le feu, le vin posé à côté, et au fond, comme une mémoire, les douceurs sucrées de l'Indochine de l'enfance. Manger, chez elle, c'est tenir la maison et tenir le monde à distance — une cuisine de la solitude et de l'hospitalité mêlées, partagée entre la France des poireaux et le Vietnam du nuoc-mâm.
Signature : Le poireau
Légume pauvre et humble, le poireau est l'emblème durassien par excellence : elle lui a consacré un texte célèbre dans La Vie matérielle, où la soupe aux poireaux devient le symbole de la femme seule, libre et tenue à la fois par sa maison. Rien de plus simple, rien de plus chargé de sens.

Marguerite Duras à table

1914 — 1996

5 recettes d’époque