La carte de Marguerite Duras
La soupe aux poireaux
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La soupe-socle, celle qui attend sur le coin du feu

La soupe aux poireaux

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile45 min
La soupe-socle, celle qui attend sur le coin du feu

La soupe aux poireaux

Pourquoi ce plat ? Duras a consacré à cette soupe un texte entier dans La Vie matérielle (1987) : elle y voit le plat de la femme seule, à la fois sa servitude (rester à la maison) et sa liberté. C'est le plat durassien par excellence, fait de presque rien.

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La soupe-socle, celle qui attend sur le coin du feu

De l'eau, des poireaux, du sel : une soupe d'une pauvreté absolue qui, lentement, devient douce et profonde. On peut la manger telle quelle, ou y casser un œuf, ou y verser un filet d'huile. C'est moins une recette qu'une présence dans la maison.

La soupe aux poireaux, c'est presque rien. De l'eau, des poireaux, du gros sel. Tu la laisses sur le feu et elle t'attend, elle, pendant que toi tu écris ou que tu ne fais rien. C'est la soupe des femmes seules, je le sais, je l'ai écrit. On croit qu'elle nous enferme dans la cuisine et c'est elle, au fond, qui nous laisse libres.
Marguerite Duras
Ingrédients
  • Poireauxune botte (base unique, parfum doux)
  • Eauce qu'il faut pour couvrir (bouillon)
  • Gros selune pincée (assaisonnement)
  • Beurre ou huileune noix, au choix (rondeur, facultatif)
Comment on faisait : À l'époque de Duras, c'était le potage du pauvre par définition : un légume bon marché, de l'eau, du sel. On la laissait mijoter des heures et on y trempait du pain rassis pour la rendre nourrissante.
Sources : Marguerite Duras, La Vie matérielle, P.O.L, 1987 (texte « La soupe aux poireaux »)

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