La carte de Marguerite Duras
Le bœuf mijoté de la rue Saint-Benoît
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Le plat unique qu'on laisse longtemps, pour la tablée d'amis

Le bœuf mijoté de la rue Saint-Benoît

FestifReconstitution🧂 🍄moyen3 h 30
Le plat unique qu'on laisse longtemps, pour la tablée d'amis

Le bœuf mijoté de la rue Saint-Benoît

Pourquoi ce plat ? Dans son appartement de la rue Saint-Benoît, Duras recevait écrivains et amis (Vittorini, les compagnons de la rive gauche) et tenait à nourrir tout le monde. Le plat mijoté, qu'on laisse cuire pendant qu'on parle et qu'on boit, correspond à sa table d'hospitalité.

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Le plat unique qu'on laisse longtemps, pour la tablée d'amis

Un bœuf longuement braisé au vin et aux aromates, qui parfume toute la maison. On le pose au milieu de la table, chacun se sert, la conversation dure des heures. C'est la cuisine de la générosité durassienne.

Quand les amis venaient rue Saint-Benoît, je mettais le bœuf à cuire dès le matin. On parlait, on buvait, et lui mijotait tout seul dans sa sauce. Il faut le laisser, ce plat, il faut ne pas s'en occuper, comme une vérité qui vient lentement. À la fin la viande tombe toute seule et c'est ça qu'il faut : qu'elle se rende.
Marguerite Duras
Ingrédients
  • Bœuf à braiser (paleron, joue)un gros morceau (pièce maîtresse)
  • Vin rougeune bouteille (fond de braisage)
  • Carottesquelques-unes (douceur)
  • Oignonsdeux ou trois (base aromatique)
  • Lardun morceau (gras, profondeur)
  • Bouquet garni (thym, laurier)un (parfum)
  • Sel, poivreselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le braisé au vin était le plat des grandes tablées dans la France du XXe siècle : économique avec des morceaux durs, il se bonifiait sur le feu pendant qu'on vivait autour. On le préparait souvent la veille.
Sources : Laure Adler, Marguerite Duras, Gallimard, 1998 (biographie, vie rue Saint-Benoît)

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