Marin Mersenne est un moine minime, mathématicien et physicien français du XVIIe siècle. Animateur d'un vaste réseau savant à travers l'Europe, il fut un précurseur de l'académie scientifique et un pionnier de l'acoustique.
Marin Mersenne(1588 — 1648)
Marin Mersenne
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1588 dans la Sarthe, il entre dans l'ordre des Minimes en 1611
- À partir des années 1620, il anime depuis son couvent parisien un réseau de correspondance reliant Descartes, Fermat, Gassendi, Galilée et Pascal
- Il publie en 1636 l'Harmonie universelle, ouvrage majeur sur l'acoustique et la théorie de la musique
- Il étudie les 'nombres de Mersenne' (de la forme 2^n − 1), encore utilisés aujourd'hui pour la recherche de grands nombres premiers
- Il meurt à Paris en 1648 ; sa correspondance préfigure la création de l'Académie des sciences (1666)
Œuvres & réalisations
Défense de la certitude du savoir scientifique face au scepticisme ; affirme que mathématiques et expérience donnent une connaissance solide.
Œuvre majeure fondatrice de l'acoustique : lois des cordes vibrantes, étude des instruments et théorie musicale.
Formulation des relations entre la fréquence d'une corde et sa longueur, sa tension et sa masse — base de la physique du son.
Première estimation expérimentale de la vitesse du son dans l'air, pionnière en physique.
Recueil mathématique et physique où il énonce les nombres premiers de Mersenne (2^p − 1).
Vaste échange de lettres reliant Descartes, Galilée, Pascal, Fermat, Huygens et Torricelli ; véritable académie avant la lettre.
Organisation de la critique collective de l'œuvre de Descartes, modèle de débat scientifique ouvert.
Anecdotes
Entré chez les Minimes, un ordre religieux très austère, Marin Mersenne transforma sa cellule du couvent de la place Royale à Paris en véritable laboratoire et carrefour scientifique. Les plus grands savants d'Europe venaient l'y rencontrer, si bien qu'on disait qu'écrire à Mersenne, c'était écrire à toute l'Europe savante.
Mersenne s'intéressa aux nombres premiers d'une forme particulière, du type 2 puissance p moins 1. Ces nombres, qu'on appelle aujourd'hui les « nombres de Mersenne », sont toujours étudiés : les plus grands nombres premiers jamais découverts par ordinateur sont presque tous des nombres de Mersenne.
Passionné par le son, Mersenne mesura le premier la vitesse du son dans l'air et étudia la vibration des cordes. Il découvrit que la hauteur d'une note dépend de la longueur, de la tension et de l'épaisseur de la corde : ce sont les fameuses « lois de Mersenne », fondatrices de l'acoustique scientifique.
Ami fidèle de René Descartes, qu'il avait connu au collège jésuite de La Flèche, Mersenne fut son principal correspondant et son défenseur. C'est lui qui fit circuler les « Méditations » de Descartes auprès des plus grands penseurs pour recueillir leurs objections avant publication.
Méfiant envers la pseudoscience, Mersenne combattit avec ardeur l'astrologie, l'alchimie et la magie de son temps. Il voulait fonder le savoir sur l'expérience et le calcul, et non sur les superstitions, ce qui en fait un véritable précurseur de la méthode scientifique.
Sources primaires
Il faut que les chordes soient également grosses, également longues et également tendues, pour rendre des sons à l'unisson.
Les nombres parfaits sont si rares qu'on n'en a pu trouver que onze jusques à présent, c'est-à-dire qu'on n'en rencontre point d'autre entre les nombres marqués.
Les sciences sont si certaines et si véritables, que ceux qui les nient se trompent eux-mêmes et combattent contre leur propre raison.
Je communique vos pensées à tous les habiles hommes que je connais, afin que vous receviez leurs objections et que la vérité en soit mieux éclaircie.
Lieux clés
Village du Maine où naquit Marin Mersenne en 1588, dans une modeste famille rurale.
Prestigieux collège où le jeune Mersenne étudia, fréquenté à la même époque par René Descartes.
Couvent parisien où Mersenne vécut et tint son célèbre cercle savant, carrefour des sciences européennes.
Maison des Minimes où Mersenne fut correcteur et enseigna la théologie et la philosophie avant de revenir à Paris.
Capitale où Mersenne anima les réunions qui préfigurèrent l'Académie royale des sciences fondée en 1666.
Objets typiques

Instrument à une seule corde tendue sur une caisse graduée, servant à mesurer les rapports entre longueur de corde et hauteur des sons. Mersenne s'en servit pour établir ses lois de l'acoustique.

Robe de laine grossière noire portée par les moines minimes, symbole de leur vœu de pauvreté et d'austérité. Mersenne la porta toute sa vie de religieux.

Outils d'écriture avec lesquels Mersenne entretint des centaines de lettres à travers l'Europe. Sa correspondance fut le véritable moteur de la circulation des idées scientifiques.

Tubes et orgues dont Mersenne étudia les vibrations pour comprendre la production et la propagation du son. Ses mesures permirent une première estimation de la vitesse du son dans l'air.

Dispositifs de mesure du temps que Mersenne étudia pour chronométrer ses expériences, notamment la chute des corps et la vitesse du son. Il échangea sur le pendule avec Galilée et Huygens.

Grands volumes imprimés comme l'Harmonie universelle, diffusant le savoir scientifique et musical. L'imprimerie permit à Mersenne de répandre ses recherches dans toute l'Europe.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Réveillé avant l'aube, Mersenne suivait les offices religieux et la prière propres à la règle stricte des Minimes. La matinée mêlait dévotion, lecture des Écritures et premiers travaux d'étude dans sa cellule.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux expériences scientifiques, aux calculs mathématiques et à la rédaction de ses traités. Il recevait souvent des savants de passage pour discuter de musique, de physique ou de géométrie.
Soir
Le soir, il dépouillait et rédigeait son abondante correspondance, écrivant à des dizaines de savants à travers l'Europe. Les réunions de son cercle prolongeaient parfois la soirée en débats animés.
Alimentation
Fidèle au vœu de « vie quadragésimale » des Minimes, Mersenne s'abstenait toute l'année de viande, d'œufs et de laitages. Son alimentation, frugale, reposait surtout sur le poisson, les légumes, le pain et l'eau.
Vêtements
Il portait l'habit noir de bure des Minimes, robe de laine grossière ceinte d'un cordon, symbole d'humilité et de pauvreté. Sa tenue de moine ne le quitta jamais, même au milieu des plus grands savants.
Habitat
Mersenne logeait dans une cellule austère du couvent des Minimes, place Royale à Paris. Cette pièce modeste devint pourtant l'un des plus importants foyers intellectuels de l'Europe du XVIIe siècle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Vérité des sciences contre les sceptiques
1625
Harmonie universelle
1636
Lois de Mersenne sur les cordes vibrantes
1636
Mesure de la vitesse du son
1636
Cogitata physico-mathematica
1644
Réseau de correspondance européen
1620-1648
Diffusion des objections aux Méditations de Descartes
1641






