Marina Abramović est une artiste serbe née en 1946, pionnière de l'art de la performance. Depuis les années 1970, elle explore les limites du corps, de l'endurance et de la relation entre l'artiste et le public, devenant l'une des figures majeures de l'art contemporain.
Marina Abramović(1946 — ?)
Marina Abramović
Serbie, Yougoslavie, Serbie-et-Monténégro, république fédérative socialiste de Yougoslavie, république fédérale de Yougoslavie, république fédérale populaire de Yougoslavie
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« The Artist Is Present»
Faits marquants
- Née le 30 novembre 1946 à Belgrade, en Yougoslavie (actuelle Serbie).
- Réalise la série de performances Rhythm dans les années 1970, dont Rhythm 0 (1974) où elle s'offre passivement au public.
- Collabore avec l'artiste Ulay de 1976 à 1988, concluant par une marche sur la Grande Muraille de Chine (The Lovers, 1988).
- Présente la performance The Artist Is Present au MoMA de New York en 2010, restant assise face aux visiteurs durant près de 736 heures.
- Fonde le Marina Abramović Institute pour transmettre et préserver l'art de la performance.
Œuvres & réalisations
Performance limite où le public dispose de 72 objets et du corps de l'artiste, révélant la violence latente d'une foule.
Les visiteurs doivent se faufiler entre les deux artistes nus, interrogeant l'intimité et le rapport au corps.
Marche de 90 jours sur la Grande Muraille de Chine concluant leur relation, devenue performance mythique.
Installation-performance sur les guerres des Balkans, récompensée par le Lion d'or de la Biennale de Venise.
Au Guggenheim, elle rejoue des performances historiques, posant la question de la conservation et de la transmission de cet art éphémère.
Performance de très longue durée au MoMA, où elle soutient le regard de milliers de visiteurs ; elle devient une figure mondiale.
Récit de sa vie et de sa démarche artistique, témoignage de référence sur l'art de la performance.
Anecdotes
En 1974, lors de la performance « Rhythm 0 » à Naples, Marina Abramović reste immobile six heures durant et met à disposition du public 72 objets, dont une rose, du miel, des ciseaux et un pistolet chargé. Au fil des heures, certains spectateurs deviennent agressifs, déchirent ses vêtements et appuient l'arme contre son cou : l'expérience révèle de façon glaçante ce dont une foule est capable quand toute responsabilité semble suspendue.
Pendant douze ans, Abramović a formé avec l'artiste allemand Ulay un couple inséparable dans la vie comme dans l'art. Pour se séparer en 1988, ils choisissent un geste spectaculaire : partant chacun d'une extrémité de la Grande Muraille de Chine, ils marchent l'un vers l'autre pendant 90 jours pour se rejoindre au milieu et se dire adieu.
En 2010, au Museum of Modern Art de New York, elle reste assise immobile et silencieuse face aux visiteurs, un à la fois, pendant près de 736 heures réparties sur trois mois (« The Artist Is Present »). Coup de théâtre : Ulay, qu'elle n'avait pas revu depuis des années, s'assoit en face d'elle, et l'émotion les gagne tous les deux sous les yeux du public.
Enfant à Belgrade, Marina est élevée avec une discipline quasi militaire par des parents héros de la résistance yougoslave. Sa grand-mère, très croyante, l'emmène souvent à l'église orthodoxe : ces deux univers, la rigueur communiste et la spiritualité, marqueront durablement son rapport au rituel et à l'endurance.
En 1975, pour « Art Must Be Beautiful, Artist Must Be Beautiful », elle se brosse violemment les cheveux et le visage en répétant cette phrase jusqu'à se faire mal, interrogeant avec ironie les clichés sur la beauté et la place des femmes dans l'art.
Sources primaires
« L'art doit être beau, l'artiste doit être beau » : je voulais montrer l'absurdité de cette idée en me brossant les cheveux jusqu'à la douleur.
Il y a 72 objets sur la table que l'on peut utiliser sur moi comme on le souhaite. Je suis l'objet. Pendant cette période, j'assume l'entière responsabilité.
Je ne pensais pas que rester assise et regarder les gens dans les yeux pouvait provoquer une telle émotion ; beaucoup pleuraient face à moi.
Lieux clés
Ville natale d'Abramović, où elle grandit dans une famille de héros communistes et étudie aux Beaux-Arts. Cet environnement austère nourrit son goût de la discipline et du rituel.
Lieu de la performance « Rhythm 0 » en 1974, l'une des plus célèbres et des plus risquées de sa carrière.
Théâtre de la performance « The Lovers » en 1988, où Abramović et Ulay marchent 90 jours pour se rejoindre puis se séparer.
Lieu de la rétrospective et de la performance « The Artist Is Present » en 2010, qui fait d'elle une icône mondiale.
Où elle reçoit le Lion d'or en 1997 pour « Balkan Baroque ». La Biennale consacre sa reconnaissance internationale.
Ville où l'artiste s'installe durablement et fonde son institut dédié à la performance. Centre de son rayonnement contemporain.
Objets typiques

Outils tranchants utilisés dans les performances « Rhythm » et « Lips of Thomas » pour tester la résistance du corps à la douleur. Ils incarnent le risque réel assumé par l'artiste.

Mobilier minimaliste où l'artiste et le visiteur s'asseyaient face à face en silence. Le dispositif transforme un simple échange de regards en œuvre d'art.

Montagne d'os ensanglantés qu'Abramović nettoyait pendant des jours à la Biennale de Venise. Ils évoquaient les massacres des guerres des Balkans.

Parmi les 72 objets laissés au public, une arme à feu réelle accompagnée d'une balle. Sa présence révèle la frontière fragile entre le jeu artistique et le danger mortel.

Quartz et minéraux utilisés dans ses installations et exercices d'attention pour le public. Ils symbolisent sa recherche d'énergie, de présence et de concentration.

Longue robe portée notamment lors de « The Artist Is Present », devenue presque une signature visuelle. Le vêtement souligne la solennité et la durée du rituel.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Marina Abramović commence souvent ses journées par des exercices de respiration, de méditation et parfois de longues marches, hérités de sa « méthode » de préparation. La discipline du corps, apprise dès l'enfance, structure ses matinées.
Après-midi
L'après-midi est consacré au travail d'atelier, à la préparation minutieuse des performances et aux répétitions d'endurance, ainsi qu'à l'enseignement aux jeunes artistes. Elle réfléchit longuement à la durée, à l'espace et au public de chaque œuvre.
Soir
Le soir, elle rencontre commissaires d'exposition, collaborateurs et amis du monde de l'art, ou se repose en vue d'une performance exigeante. Avant les œuvres de longue durée, elle s'impose des jeûnes et un calme strict.
Alimentation
Pour préparer ses performances les plus longues, Abramović pratique le jeûne et adopte une alimentation très sobre afin de purifier le corps et l'esprit. En dehors de ces périodes, elle apprécie une cuisine simple, marquée par ses racines balkaniques.
Vêtements
Sur scène, elle privilégie des tenues sobres et solennelles, souvent une longue robe rouge, blanche ou noire devenue emblématique. Au quotidien, elle cultive une élégance épurée, presque rituelle.
Habitat
Installée principalement à New York, elle vit et travaille dans des espaces sobres propices à la concentration. Son institut et ses lieux de travail reflètent son goût du vide, du silence et de l'attention.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Rhythm 0
1974
Imponderabilia (avec Ulay)
1977
The Lovers: The Great Wall Walk (avec Ulay)
1988
Balkan Baroque
1997
Seven Easy Pieces
2005
The Artist Is Present
2010
Walk Through Walls (autobiographie)
2016






