Mario Vargas Llosa(1936 — 2025)
Mario Vargas Llosa
Espagne, Pérou, République dominicaine
6 min de lecture
Écrivain péruvien, figure majeure du « boom » latino-américain et prix Nobel de littérature 2010. Romancier, essayiste et intellectuel engagé, il fut aussi candidat à la présidence du Pérou en 1990.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La littérature est feu. »
Faits marquants
- Naissance le 28 mars 1936 à Arequipa (Pérou)
- Publie La Ville et les Chiens (La ciudad y los perros) en 1963, qui le révèle
- Candidat à la présidence du Pérou en 1990, battu par Alberto Fujimori
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 2010
- Élu à l'Académie française en 2021 ; mort le 13 avril 2025 à Lima
Œuvres & réalisations
Premier roman, inspiré d'une académie militaire, qui le révèle et lance le « boom » latino-américain par sa narration éclatée et audacieuse.
Roman foisonnant aux récits entrelacés, situé dans la jungle et le désert péruviens, qui confirme sa maîtrise de la « novela total ».
Vaste fresque sur la corruption sous la dictature d'Odría, construite autour d'un long dialogue. Beaucoup la tiennent pour son chef-d'œuvre.
Roman en partie autobiographique, mêlant son mariage de jeunesse et les feuilletons radiophoniques, plein d'humour et d'autodérision.
Grande fresque historique sur la révolte de Canudos au Brésil au XIXe siècle, qui interroge le fanatisme et l'utopie.
Roman sur la dictature de Trujillo en République dominicaine, étude saisissante des mécanismes de la tyrannie et de la peur.
Mémoires racontant son enfance et sa campagne présidentielle de 1990, document précieux sur l'homme et son époque.
Anecdotes
Mario Vargas Llosa a appris à lire à cinq ans et a toujours dit que ce fut « la chose la plus importante » de sa vie. Adolescent, son père l'envoya à l'académie militaire Leoncio Prado de Lima pour le « virer » de son goût pour l'écriture : l'effet fut inverse, car cette expérience rude lui inspira son premier grand roman.
En 1963, son roman « La Ville et les Chiens », inspiré de l'académie militaire qu'il avait fréquentée, fit scandale au Pérou. On raconte que des officiers furieux brûlèrent des exemplaires du livre dans la cour de l'établissement, accusant l'auteur d'avoir sali l'honneur de l'institution.
Le 12 février 1976, dans un cinéma de Mexico, Vargas Llosa frappa d'un coup de poing son ami l'écrivain colombien Gabriel García Márquez, lui laissant un œil au beurre noir. Les deux géants du « boom » latino-américain ne se réconcilièrent jamais publiquement et la véritable raison de la querelle resta un mystère.
En 1990, Vargas Llosa se présenta à l'élection présidentielle du Pérou. Donné favori, il fut finalement battu au second tour par Alberto Fujimori, un ingénieur alors presque inconnu. Déçu par la politique, il revint pleinement à la littérature.
En 2010, il reçut le prix Nobel de littérature. Onze ans plus tard, en 2021, il fut élu à l'Académie française : fait exceptionnel, il devint « immortel » bien qu'il écrivît en espagnol et non en français.
Sources primaires
La littérature est feu, elle signifie non-conformisme et rébellion ; la raison d'être de l'écrivain est la protestation, la contradiction et la critique.
J'ai appris à lire à l'âge de cinq ans, dans la classe du frère Justiniano, au collège de la Salle, à Cochabamba (Bolivie). C'est la chose la plus importante qui me soit arrivée dans la vie.
« Quatre », dit le Jaguar.
Mon père était vivant. Cette nouvelle, à onze ans, fut le plus grand choc de mon enfance, car on m'avait toujours dit qu'il était mort.
Lieux clés
Ville du sud du Pérou où naquit Mario Vargas Llosa en 1936. Située au pied des volcans, elle est l'une des plus belles cités coloniales du pays.
Ville bolivienne où il passa sa petite enfance chez sa famille maternelle et où il apprit à lire à cinq ans. Une étape décisive de sa vocation.
Internat militaire de Lima où il étudia adolescent. L'expérience inspira directement « La Ville et les Chiens ».
Capitale du Pérou, cadre de plusieurs de ses romans et théâtre de sa campagne présidentielle de 1990. Il y mourut en 2025.
Sous la coupole de l'Institut de France, il fut reçu comme académicien, fait rare pour un écrivain de langue espagnole. Il avait vécu à Paris dans les années 1960.
Ville où il s'installa une grande partie de sa vie après avoir acquis la nationalité espagnole en 1993. Un de ses principaux lieux de résidence et d'écriture.
