Dieu romain de la guerre et protecteur de l'agriculture, Mars est l'une des divinités les plus vénérées du panthéon romain. Père légendaire de Romulus et Rémus, il incarne la puissance militaire de Rome et son destin conquérant.
Mars
Mars
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mars était le deuxième dieu le plus important du panthéon romain après Jupiter
- Il est assimilé au dieu grec Arès, dieu de la guerre
- Le mois de mars (Martius) tire son nom de Mars, marquant le début de la saison militaire
- Selon la légende, Mars est le père de Romulus et Rémus, fondateurs mythiques de Rome (753 av. J.-C.)
- Auguste fit construire le temple de Mars Ultor (Mars le Vengeur) sur le Forum d'Auguste, inauguré en 2 av. J.-C.
Œuvres & réalisations
Commandé par Auguste en accomplissement d'un vœu solennel, ce temple aux colonnes corinthiennes de 18 mètres est le monument le plus emblématique du culte de Mars. Ses colonnes subsistent partiellement et témoignent de la splendeur du culte martial romain.
Poème en six livres commentant le calendrier romain. Ovide consacre le Livre III au mois de mars, racontant les mythes du dieu, son union avec Rhéa Silvia, l'origine des ancilia et des rites des Salii.
L'épopée nationale de Rome fait de Mars une présence tutélaire constante dans la destinée des Romains. Le dieu de la guerre intervient dans les batailles et symbolise la vocation conquérante du peuple romain.
Antique hymne rituel chanté par les prêtres-danseurs Salii lors de leurs processions armées en mars et octobre. Considéré comme si archaïque que les Romains classiques ne le comprenaient plus, il représente l'une des plus anciennes traces du culte de Mars.
Ses bas-reliefs spiralés montrent les légions romaines combattant sous la protection des dieux, dans la tradition iconographique martiale héritée du culte de Mars. La colonne illustre la continuité entre la faveur divine et la puissance militaire impériale.
Anecdotes
Mars est considéré comme le père de Romulus et Rémus, les fondateurs légendaires de Rome. Selon la tradition, il s'unit à la vestale Rhéa Silvia, condamnée au célibat par son oncle tyrannique Amulius. Cet acte divin donna naissance aux jumeaux qui allaient fonder la plus grande cité de l'Antiquité, faisant de tout le peuple romain une descendance du dieu de la guerre.
Le mois de mars (martius) tire son nom directement du dieu Mars. Dans le calendrier romain primitif, c'était le premier mois de l'année — le moment idéal pour reprendre les campagnes militaires après l'hiver. Cette dénomination traversa les siècles et se retrouve aujourd'hui dans toutes les langues romanes.
À Rome, les prêtres de Mars appelés Salii exécutaient chaque année au mois de mars une danse guerrière rituelle dans les rues de la ville, en frappant leurs boucliers sacrés avec des lances tout en chantant un hymne si archaïque que les Romains eux-mêmes ne le comprenaient plus. Ces boucliers, les ancilia, étaient censés garantir la protection divine de Rome tant qu'ils resteraient en ville.
L'empereur Auguste fit construire le Temple de Mars Ultor — Mars le Vengeur — pour honorer le dieu après sa victoire sur les assassins de Jules César. Il avait prononcé ce vœu avant la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Le temple fut inauguré en 2 av. J.-C. et devint l'un des sanctuaires les plus majestueux de Rome, lieu de départ de toutes les grandes expéditions militaires.
Mars avait pour animaux sacrés le loup et le pivert. Le loup symbolisait la férocité guerrière et la fondation de Rome, tandis que le pivert, selon la légende, nourrissait et guidait Romulus et Rémus abandonnés dans la forêt. Ces deux animaux apparaissaient fréquemment dans les représentations artistiques du dieu et dans les présages militaires interprétés par les augures.
Sources primaires
« Premier mois de l'ancienne année, Mars, c'est toi qui l'as reçu, et le premier rang dans le calendrier t'appartient. Rémus et le fondateur de ta ville te célèbrent tous deux. » Ovide retrace les mythes du dieu et l'origine des rites célébrés en son honneur tout au long du mois.
« Soit réellement, soit parce qu'il était plus honnête de faire d'un dieu l'auteur d'une si grande origine, elle déclara que Mars était le père des enfants dont elle accouchait. » Tite-Live rapporte ainsi la naissance divine de Romulus et Rémus.
« Une race sortira de là, de sang troyen, qui étendra sa domination sur la terre entière. Mars et sa puissance guerrière veilleront sur cette lignée. » Virgile inscrit Mars au cœur de la destinée impériale de Rome.
« On dit que Mars apparut à Rhéa Silvia et s'unit à elle ; et que, lorsqu'elle eut mis au monde des jumeaux d'une beauté et d'une taille supérieures à l'ordinaire, Amulius, épouvanté, ordonna d'exposer les enfants. »
« Numa institua les Salii en l'honneur de Mars, leur confia les ancilia et leur enseigna une danse guerrière accompagnée de chants, afin que le dieu protège Rome pour l'éternité. Ces rites sont parmi les plus vénérables de la religion romaine. »
Lieux clés
Grande plaine au bord du Tibre, consacrée à Mars, où les soldats romains s'entraînaient et les citoyens se réunissaient pour voter. C'est là que se déroulaient les exercices militaires, les revues de troupes et les grandes cérémonies en l'honneur du dieu.
Construit par Auguste en accomplissement d'un vœu fait avant la bataille de Philippes, ce temple monumental était le centre du culte impérial de Mars. C'est là qu'étaient déposés les étendards militaires reconquis et que partaient symboliquement les généraux en campagne.
Demeure officielle du grand pontife et lieu de conservation des lances et boucliers sacrés de Mars. Quand les lances vibraient d'elles-mêmes, c'était un présage de guerre — l'un des signes divins les plus redoutés de toute la religion romaine.
Sommet mythique où résidaient les dieux gréco-romains. Mars y siégeait parmi les douze Olympiens, bien que souvent méprisé par ses pairs pour sa brutalité — Homère rapporte que Zeus lui-même le traitait de dieu le plus détestable.
Objets typiques

Arme emblématique de Mars, la lance est son symbole par excellence. À Rome, les lances sacrées conservées dans la Regia étaient censées vibrer et claquer d'elles-mêmes pour annoncer un danger imminent — Jules César lui-même aurait observé ce prodige la veille de son assassinat.

L'ancile est un bouclier ovale à bords découpés, tombé du ciel selon la légende sous le règne de Numa. Pour éviter qu'il soit volé, Numa en fit fabriquer onze copies identiques : les douze ancilia devinrent l'objet le plus sacré de Rome, gardé par les prêtres Salii.

Mars est presque toujours représenté coiffé d'un casque corinthien à cimier orné d'une crête de crin rouge. Ce casque, symbole du guerrier par excellence, distingue immédiatement le dieu dans toute l'iconographie romaine et hellénistique.

Vêtu d'une cuirasse musculaire en bronze poli, de jambières et d'un grand manteau écarlate, Mars incarne le guerrier idéal romain. Son armure étincelante symbolise la puissance invincible de Rome et inspire la terreur chez ses ennemis.

Animal sacré de Mars, le loup représente la férocité guerrière et l'âme de Rome. La louve qui allaita Romulus et Rémus était l'incarnation vivante de la protection accordée par le dieu à ses fils divins et à leur cité naissante.

Autre animal sacré de Mars, le pivert était réputé pour avoir guidé et nourri les jumeaux abandonnés dans la forêt. En auspices militaires, la vue d'un pivert était interprétée comme un signe favorable de la part du dieu de la guerre.

Le sacrifice solennel d'un verrat, d'un bélier et d'un taureau — la suovetaurilia — était l'offrande la plus importante adressée à Mars. Ces animaux étaient conduits en procession autour d'une armée ou d'un champ pour le purifier et obtenir la faveur divine avant toute campagne.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Mars reçoit les hommages des soldats qui se préparent au combat. Dans ses temples, les prêtres allument les feux sacrés et offrent des libations de vin et d'épeautre. Au mois de mars, les prêtres Salii entonnent leur hymne ancestral en parcourant les rues de Rome en armure de bronze, frappant leurs boucliers pour éveiller la puissance guerrière du dieu.
Après-midi
Au cœur de la journée, Mars préside aux batailles et observe les légions manœuvrer depuis les hauteurs de l'Olympe. Il accorde sa faveur aux plus courageux et guide les généraux dans leurs décisions tactiques. Les augures interprètent le vol des oiseaux — notamment le pivert sacré — pour connaître la volonté du dieu avant toute action militaire.
Soir
Le soir, Mars siège parmi les dieux de l'Olympe. Selon les mythes, il retrouve souvent Vénus, déesse de l'amour dont il est l'amant — union symbolique de la guerre et de la beauté que les Romains voyaient comme une force créatrice. Les généraux victorieux font brûler des torches en son honneur après le combat.
Alimentation
Les offrandes à Mars consistent en animaux sacrifiés lors de la suovetaurilia : verrat, bélier et taureau conduits en procession et immolés solennellement. Du vin de qualité, de l'épeautre et de la mola salsa — farine d'épeautre et sel sacré — sont déposés sur ses autels. Ces rites nourrissent symboliquement le dieu et renouvellent son alliance protectrice avec Rome.
Vêtements
Mars est représenté en armure complète : cuirasse musculaire en bronze poli, jambières, casque à cimier rouge, et grand manteau écarlate — le paludamentum — couleur du sang et des généraux romains. Il est toujours armé de sa lance et de son bouclier, jamais en repos, toujours prêt au combat.
Habitat
Dans la mythologie, Mars réside sur le mont Olympe parmi les grands dieux immortels. Sur terre, ses demeures sont les temples qui lui sont consacrés, dont le majestueux Temple de Mars Ultor dans le Forum d'Auguste. La Regia, au cœur du Forum Romain, abrite ses lances et boucliers sacrés, véritables palladiums de la cité éternelle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Mars est représenté comme un guerrier olympien idéalisé, vêtu d'une armure de bronze étincelante et d'un manteau écarlate, dans un style sculptural gréco-romain majestueux aux tons de rouge sang et d'or impérial.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Mars mêle le fracas des armes et le grondement sourd des légions en marche aux chants rituels archaïques des prêtres Salii, dans une atmosphère de puissance militaire et de solennité religieuse.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Temple de Mars Ultor (Forum d'Auguste, Rome)
2 av. J.-C.
Ovide, Fastes (Fasti)
vers 8 ap. J.-C.
Virgile, Énéide
29-19 av. J.-C.
Carmen Saliare (Hymne des Salii)
VIIe siècle av. J.-C. (attribué à Numa)
Colonne Trajane, Rome
113 ap. J.-C.






