Biographie

Mary Cassatt (1844-1926) est une peintre et graveuse américaine installée en France, l'une des rares femmes à intégrer le mouvement impressionniste. Elle est célèbre pour ses tableaux intimistes de la vie des femmes, en particulier ses scènes de mères et d'enfants.

Mary Cassatt(1844 — 1926)

Mary Cassatt

États-Unis

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleFin du XIXe siècle, âge d'or de l'impressionnisme parisien et essor des échanges artistiques entre l'Europe et les États-Unis.

Questions fréquentes

Mary Cassatt (1844-1926) est une peintre et graveuse américaine devenue l'une des figures majeures de l'impressionnisme à Paris. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a brisé le plafond de verre d'un milieu très masculin : invitée par Degas en 1877 à exposer avec le groupe, elle fut la seule Américaine et l'une des rares femmes à intégrer ce mouvement. Son importance dépasse son œuvre : elle a aussi conseillé des collectionneurs américains pour constituer des fonds d'art impressionniste aujourd'hui au Metropolitan Museum de New York. Moins célèbre que Monet ou Renoir, son influence sur la reconnaissance de l'impressionnisme aux États-Unis est pourtant décisive.

Faits marquants

  • Née en 1844 à Allegheny City (Pennsylvanie), elle s'installe durablement à Paris à partir de 1874
  • Invitée par Edgar Degas, elle expose avec les impressionnistes à partir de 1879
  • Spécialiste des scènes intimistes de mères et d'enfants, comme « La Toilette » ou « Le Bain de l'enfant » (1893)
  • Réalise en 1890-1891 une série d'estampes en couleurs inspirée des gravures japonaises (ukiyo-e)
  • Décédée en 1926 au château de Beaufresne, à Mesnil-Théribus (France)

Œuvres & réalisations

La Loge (1878)

Scène d'une jeune femme au théâtre, l'une de ses premières grandes œuvres impressionnistes saluées par la critique.

Petite fille dans un fauteuil bleu (1878)

Tableau au cadrage audacieux, conseillé par Degas, qui rompt avec la pose sage des portraits d'enfants traditionnels.

Le Bain de l'enfant (The Child's Bath) (1893)

Chef-d'œuvre influencé par les estampes japonaises, avec ses motifs, son point de vue plongeant et sa tendresse intime.

La Lettre (1890-1891)

Gravure en couleurs de sa série inspirée de l'ukiyo-e, exemple éclatant de son génie de la pointe sèche et de l'aquatinte.

Femme moderne (1893)

Grande fresque réalisée pour le Woman's Building de l'Exposition universelle de Chicago, aujourd'hui disparue.

Mère et enfant (Mother and Child) (vers 1900)

Thème récurrent de son œuvre, représentant la maternité avec dignité et sans sentimentalité excessive.

Jeunes filles cueillant des fruits (1891-1892)

Toile qui prolonge le thème allégorique de la femme moderne et de la transmission du savoir.

Anecdotes

Quand Edgar Degas découvre une œuvre de Mary Cassatt exposée au Salon, il s'exclame qu'il reconnaît là quelqu'un qui voit comme lui. En 1877, il l'invite personnellement à exposer avec les impressionnistes, ce qui la libère du jury officiel du Salon qu'elle détestait. Leur amitié exigeante durera plus de quarante ans, ponctuée de disputes mémorables.

Mary Cassatt joua un rôle décisif dans la naissance des grandes collections d'art américaines. Elle conseilla sa riche amie Louisine Havemeyer d'acheter des Manet, Degas et Courbet, convaincue que ces toiles devaient un jour rejoindre les musées des États-Unis. Beaucoup de ces œuvres sont aujourd'hui au Metropolitan Museum de New York.

Lors d'un voyage à Paris en 1890, Cassatt visite une grande exposition d'estampes japonaises au beau milieu de l'École des Beaux-Arts. Émerveillée par les bois gravés d'Utamaro, elle se lance dans une série de dix gravures en couleurs d'une finesse extraordinaire, considérées aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre de la gravure occidentale.

Atteinte de cataracte et presque aveugle à la fin de sa vie, Mary Cassatt dut cesser de peindre. Elle resta pourtant une figure influente, défendant ardemment le droit de vote des femmes : en 1915, elle accepta d'exposer ses œuvres au profit du mouvement suffragiste, se brouillant avec Louisine Havemeyer puis se réconciliant sur ce combat commun.

Bien qu'elle ait passé presque toute sa vie en France, Cassatt ne se maria jamais et consacra son existence entière à son art, ce qui était audacieux pour une femme de son époque et de son milieu bourgeois. Son père lui aurait d'abord lancé qu'il préférerait la voir morte plutôt que devenir artiste.

Sources primaires

Lettre de Mary Cassatt à Louisine Havemeyer (vers 1913)
Je ne peux accepter d'argent pour mes tableaux. J'ai touché à la limite de ce que je peux faire, et je le sais.
Edgar Degas, propos rapportés sur Mary Cassatt (vers 1880)
Je n'admets pas qu'une femme dessine aussi bien.
Achille Segard, Un peintre des enfants et des mères : Mary Cassatt (1913)
Première biographie consacrée à l'artiste, rédigée à partir d'entretiens directs avec Mary Cassatt de son vivant.
Lettre de Mary Cassatt évoquant Degas (souvenir rapporté)
J'ai vu pour la première fois des pastels de Degas dans la vitrine d'un marchand et j'allais coller mon nez contre la vitre pour absorber tout ce que je pouvais de son art. Cela a changé ma vie.

Lieux clés

Allegheny City, Pennsylvanie (États-Unis)

Ville natale de Mary Cassatt, aujourd'hui rattachée à Pittsburgh ; elle y naît dans une famille aisée.

Pennsylvania Academy of the Fine Arts, Philadelphie

Première école d'art de Cassatt, où elle étudie de 1860 à 1865 avant de partir pour l'Europe.

Paris, France

Ville où Cassatt vécut et travailla l'essentiel de sa carrière, au cœur du mouvement impressionniste.

Musée du Louvre, Paris

Elle y copia les grands maîtres lors de ses débuts, comme le faisaient les jeunes artistes en formation.

Château de Beaufresne, Mesnil-Théribus (Oise)

Demeure de campagne qu'elle acquit en 1894 et où elle s'éteignit en 1926.

Voir aussi