Peintre florentin du début du XVe siècle, Masaccio est considéré comme l'un des pères de la peinture de la Renaissance. Il révolutionne l'art pictural en introduisant la perspective linéaire et un naturalisme saisissant dans la représentation des figures humaines.
Masaccio(1401 — 1428)
Masaccio
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 21 décembre 1401 à Castel San Giovanni (Toscane)
- Réalise les fresques de la chapelle Brancacci à Florence (vers 1424-1427), chef-d'œuvre du début de la Renaissance
- Sa fresque de la Trinité (1427) à Santa Maria Novella est l'un des premiers exemples de perspective linéaire mathématique en peinture
- Mort à Rome en 1428 à seulement 27 ans, dans des circonstances inconnues
- Giorgio Vasari le désigne comme le 'père de la peinture moderne' dans ses Vies des artistes (1550)
Œuvres & réalisations
Cycle de fresques représentant la vie de saint Pierre, dont l'Expulsion du Paradis et Le Paiement du tribut. Masaccio y impose des figures d'une monumentalité inédite, un traitement expressif des émotions et une lumière unifiée qui font date dans l'histoire de la peinture occidentale.
Fresque murale de Santa Maria Novella à Florence, représentant la Trinité sous une voûte en berceau illusionniste. Premier exemple démontrable d'application rigoureuse de la perspective à point de fuite unique dans la peinture monumentale européenne.
Grand retable en bois doré commandé pour l'église du Carmine de Pise, aujourd'hui démembré entre plusieurs musées. Le panneau central (Vierge à l'Enfant, National Gallery de Londres) révèle un sens du volume et un naturalisme sans précédent dans la peinture sur panneau de l'époque.
Tableau représentant sainte Anne, la Vierge et l'Enfant (Offices, Florence). Les figures attribuées à Masaccio se distinguent nettement par leur poids plastique et leur solidité sculpturale, témoignant de l'influence de Donatello.
Fresque représentant Adam et Ève chassés du Paradis par un ange. L'une des premières représentations authentiquement émotionnelles de la détresse humaine dans la peinture occidentale depuis l'Antiquité, elle contraste délibérément avec la version plus calme de Masolino sur le panneau opposé.
Anecdotes
Son vrai prénom était Tommaso di Ser Giovanni, mais tout Florence l'appelait « Masaccio », ce qui signifie à peu près « gros Thomas » ou « Thomas le négligé ». Contrairement à son collaborateur Masolino, surnommé « le gracieux », Masaccio était réputé pour son allure débraillée et sa distraction légendaire, oubliant régulièrement de réclamer son dû à ses commanditaires.
Masaccio meurt mystérieusement à Rome vers 1428, à seulement 27 ans. Sa mort si soudaine frappa ses contemporains : le poète Poliziano écrira plus tard qu'il n'avait jamais vu quelqu'un mourir si jeune en laissant une si grande empreinte. Certains murmurèrent même qu'il avait été empoisonné, mais aucune preuve historique ne vient l'étayer.
Pour peindre la fresque de la Trinité à Santa Maria Novella, Masaccio collabore étroitement avec Filippo Brunelleschi, l'architecte qui venait de codifier la perspective linéaire. Le résultat est stupéfiant : les visiteurs avaient l'impression de voir une vraie chapelle creusée dans le mur. On a retrouvé, sous l'enduit, le trou du clou central autour duquel un fil guidait les lignes de fuite.
Les fresques de la chapelle Brancacci, inachevées à la mort de Masaccio, sont restées telles quelles pendant soixante ans avant d'être terminées par Filippino Lippi. Des générations entières d'artistes florentins, dont le jeune Michel-Ange vers 1490, venaient y copier les figures pour apprendre le métier, faisant de cette chapelle une école à ciel ouvert.
Lors du catasto florentin de 1427, premier grand recensement fiscal de l'histoire européenne, Masaccio déclare lui-même ne posséder aucun bien immobilier et être endetté envers plusieurs personnes. Ce document officiel conservé aux Archives d'État de Florence est l'une des rares traces directes et authentifiées de sa vie quotidienne.
Sources primaires
Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai, dipintore, del popolo di San Niccolò di Firenze — inscription confirmant l'entrée officielle de Masaccio dans la corporation florentine des peintres.
Io Tommaso dipintore fo noto chome io non ò nulla di stabile e sono debitore a più persone — Masaccio déclare ne posséder aucun bien immobilier et être endetté envers plusieurs créanciers.
A dì 19 di febraio 1426 — pagato a Tomaxo dipintore per resto di sua manifattura dell'altare dipinto per la chiesa del Carmine di Pisa fiorini undici d'oro.
Fu Masaccio il primo che imitasse pienamente le cose naturali, ritrovando la prospettiva e i lumi con maggior vivezza che non avevano fatto gli altri pittori innanzi a lui.
Lieux clés
Petite ville toscane du Val d'Arno où Masaccio naît le 21 décembre 1401. Un musée municipal lui est aujourd'hui consacré dans la basilique Santa Maria delle Grazie, conservant des œuvres de son entourage artistique.
Chef-d'œuvre réalisé avec Masolino vers 1424-1428, abritant le cycle de saint Pierre et l'Expulsion du Paradis. Ce lieu devient une académie informelle pour des générations d'artistes, de Filippino Lippi à Michel-Ange, qui viennent y étudier les fresques de Masaccio.
Église dominicaine où Masaccio peint vers 1427 sa célèbre fresque de la Trinité, premier exemple monumental d'architecture en trompe-l'œil fondée sur la perspective linéaire. L'œuvre fut redécouverte au XIXe siècle, cachée sous un autel baroque.
Masaccio y réalise en 1426 son grand Polyptyque commandé par un notaire pour l'église du Carmine. Les panneaux, démembrés au XVIIIe siècle, sont aujourd'hui dispersés entre la National Gallery de Londres, les Offices et plusieurs musées européens.
Masaccio s'y rend en 1428, attiré par les vestiges antiques que les artistes florentins étudiaient comme modèles. Il y meurt dans des circonstances inconnues, laissant une carrière fulgurante interrompue à 27 ans.
Objets typiques

Dessin préparatoire tracé à l'ocre rouge directement sur la couche grossière du mur (arriccio) avant l'application de l'enduit frais. Après restauration, les sinopies sont souvent détachées et exposées séparément, révélant la pensée graphique du peintre.

Couche fine de plâtre et de chaux appliquée chaque matin sur la surface à peindre (giornata). La technique du buon fresco exige que les pigments soient posés sur cet enduit humide pour se lier chimiquement au mur et assurer une conservation millénaire.

Les couleurs utilisées en fresque devaient résister à l'alcalinité de la chaux : ocres jaunes et rouges, terre verte (verde terra), azurite pour les bleus, noir de charbon. Masaccio privilégiait une palette sobre et puissante, à rebours des ornements dorés du style gothique tardif.

Pour construire les architectures en perspective illusionniste, Masaccio utilisait compas, règles et fils tendus depuis un clou central vers les lignes de fuite. On a retrouvé dans la fresque de la Trinité le trou du clou pivotant qui guidait le tracé géométrique.

Support en bois de peuplier recouvert de plusieurs couches de gesso (mélange de plâtre et de colle animale), utilisé pour les peintures de chevalet comme le Polyptyque de Pise. La tavola était façonnée par un menuisier spécialisé avant d'être livrée au peintre.

Carnet dans lequel un peintre de la Renaissance consignait des études anatomiques, des drapés et des poses copiées d'après l'Antique ou d'après des sculptures contemporaines. Masaccio s'inspirait notamment des figures de Donatello pour la monumentalité de ses personnages.
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Vie quotidienne
Matin
La journée d'un peintre de la Renaissance commençait tôt dans la bottega. Masaccio ou ses assistants broyaient les pigments minéraux à la molette, préparaient les mélanges et évaluaient l'état de séchage de l'intonaco de la veille. Le maître définissait la giornata du jour — la surface d'enduit frais à poser et à peindre avant le soir — et traçait éventuellement les contours préparatoires sur l'arriccio.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la peinture proprement dite : application des couleurs sur l'enduit humide, retouches à la détrempe sur les zones sèches si nécessaire, vérifications de la perspective en se reculant de plusieurs pas. Pour les grandes fresques comme la chapelle Brancacci, plusieurs peintres et apprentis travaillaient simultanément sur des sections différentes sous la direction du maître.
Soir
Le soir, Masaccio fréquentait vraisemblablement les milieux artisanaux et humanistes florentins où se croisaient architectes, sculpteurs et lettrés. Les archives fiscales montrent qu'il vivait modestement, endetté envers son propriétaire, loin de l'aisance que ses commanditaires affichaient. Les discussions portaient sur la géométrie, la perspective et l'étude des monuments antiques que les artistes florentins commençaient à mesurer et à dessiner.
Alimentation
L'alimentation d'un artisan florentin du début du XVe siècle était celle des classes laborieuses : pain de froment ou d'épeautre, légumineuses (fèves, lentilles, pois chiches), légumes de saison, poisson salé les jours maigres imposés par l'Église, viande (agneau, porc) les jours de fête. Le vin rouge local coupé d'eau était la boisson quotidienne, plus sûre que l'eau des fontaines.
Vêtements
Masaccio portait vraisemblablement la tenue de l'artisan florentin : tunique de laine teinte (gamurra), chausses, manteau court (cioppa). Son surnom évoque quelqu'un de peu soigneux de sa mise. Lors des travaux de fresque, il portait des vêtements résistants, inévitablement maculés de plâtre et de pigments. Le port du tablier de cuir était courant dans les ateliers.
Habitat
D'après sa déclaration du catasto de 1427, Masaccio ne possédait aucun bien immobilier et était locataire, probablement d'une pièce ou d'un petit appartement dans le quartier populaire de l'Oltrarno, proche de ses chantiers. La bottega — atelier loué à l'année — constituait le véritable centre de sa vie professionnelle et sociale, lieu de réception des clients et de formation des apprentis.






